Michel Platini
Michel Platini devant le siège du TAS lors de son audition | AFP - FABRICE COFFRINI

Platini sort du silence et accuse la FIFA

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Dix mois après sa suspension de toute activité du football en raison d'un paiement controversé, Michel Platini, qui ne s'était plus exprimé depuis, sort du silence et accuse jeudi dans un entretien au Monde "l'administration" de la FIFA d'avoir voulu lui "nuire", et que tout cela était parfaitement orchestré.

A la question posée par le quotidien, selon laquelle c'est un proche de l'ex-président de Fifa Sepp Blatter, le directeur juridique Marco Villiger, qui aurait informé le parquet quant au paiement de 2011, Platini admet qu'il était dans leur viseur: "Ils cherchaient quelque chose pour me nuire. Les diverses instances internes de la FIFA ont été instrumentalisées par les personnes qui tiraient les ficelles. J'ai toujours vécu dans l'espoir qu'elles diraient la vérité. Mais ce n'est jamais arrivé. Ce sont les membres de l'administration qui donnent de l'argent aux fédérations nationales. Cela leur donne un grand pouvoir, on leur tire le tapis rouge. C'est eux les patrons, à la FIFA, précise l'ex-président de l'UEFA. 

Le machiavélisme de Blatter

Interrogé sur Sep Blatter, le Français lâche: "C'est le plus gros égoïste que j'ai vu de ma vie. Il a toujours dit que je serais son dernier scalp. Il pensait qu'il vieillirait, finirait, mourrait, serait enterré à la FIFA. C'était son voeu", affirme l'ex-capitaine de l'équipe de France. Ce dernier avoue pourtant aussi qu'il était "fasciné" par le "machiavélisme" du Suisse: "C'est quelqu'un de fascinant. Après, il ne faut pas toujours croire ce qu'il dit. Il te dira toujours ce que tu as envie d'entendre. Mais c'est un animal politique exceptionnel".

Michel Platini, 61 ans, est actuellement suspendu de toute activité liée au football pour un paiement de 1,8 million d'euros reçu en 2011, sans contrat écrit, pour un travail de conseiller de Sepp Blatter (ex-président de la Fifa) achevé en 2002. Suspendu huit ans en première instance, il a vu cette peine réduite à six ans en appel interne à la Fifa, puis à quatre ans par le Tribunal arbitral du sport (TAS), plus haute juridiction sportive. 

Dès le verdict du TAS connu le 9 mai 2016, Platini avait annoncé son intention de "poursuivre (son) combat devant les tribunaux suisses". Aura-t-il envie de replonger dans ces eaux troubles et de renouer avec ce système ? Difficile de le savoir. Mais c'est possible si l'on en croit l'ancien N.10 des Bleus, pour qui, dit-il "ce n'est pas terminé".

Christian Grégoire