Javier Pastore PSG
Javier Pastore (PSG) | AFP - BERTRAND GUAY

Pastore : "Je ne me sens pas libre"

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Dans une interview accordée au mensuel So Foot, Javier Pastore revient sur son début de saison avec le Paris Saint-Germain. L'Argentin y déplore son manque de liberté sur le terrain mais promet de s'adapter à une Ligue 1 où "peu d'équipes jouent au ballon". Pour Pastore, l'amour du jeu, et du geste, ne sont pas incompatibles avec l'ambition.

Javier Pastore est un introverti. Alors, quand l'Argentin se livre à So Foot, par l'entremise d'Angel Cappa, son ancien entraineur à Huracan, la carapace s’entrouvre et la timidité fait place à un discours technico-tactique très intéressant. Où l'on découvre que le joueur le plus cher de l'histoire du championnat de France (42 millions d'euros) n'est pas si "gentil" qu'on veut le dire. L'ex-star de Palerme sort ainsi de sa réserve et, pour la première fois, ose émettre quelques critiques bien appuyées sur le style de jeu de son nouveau club. C'est même, selon lui, ce qui expliquerait sa brusque baisse de régime après un début de saison étincelant.

"C'est vrai que je ne me sens pas bien. Je n'ai pas l'impression de pouvoir exprimer mes qualités comme je le voudrais", déclare en préambule Pastore. Selon lui, cette incapacité à peser sur le jeu viendrait de sa position sur le terrain. "A Palerme je jouais comme un numéro 10", explique-t-il. "Ici je joue dans une position de deuxième attaquant. Kombouaré ne me demande pas de descendre, il veut juste que je presse les défenseurs centraux adverses". Et le Sud-Américain de poursuivre : "Au PSG, je suis dans une zone et je n'en sors pas. C'est ce qu'on me demande de faire et donc je le fais, mais je ne me sens pas libre. Depuis que je suis ici, rares ont été les fois où j'ai pris la balle dans une zone où je sais que je peux faire mal à l'adversaire". Cette fois, l'attaque est frontale. S'il ne cite pas le nom d'Antoine Kombouaré, difficile de ne pas voir dans ces déclarations une critique directe envers son entraîneur !

"On est devenus prévisibles"

Le problème de Pastore, et de l'organisation du PSG, ne seraient donc essentiellement dus qu'à un mauvais positionnement de l'Argentin ? Ce dernier continue son réquisitoire : "Il y a beaucoup de fois où je bouge et où il ne se passe rien parce que mes coéquipiers ne me suivent pas. Si je fais le pressing tout seul ou si je suis le seul à faire un appel ça ne sert à rien". Encore un tacle pour son coach ou, cette fois, pour ses coéquipiers ? Difficile à dire. En tout cas, Pastore reconnait que lui, comme Paris, ont largement baissé de pied après une entame idyllique. "Mes débuts avec le PSG ont été très bons mais notre manière de jouer a énormément changé depuis quelques matchs". Il étaye sa thèse : "Menez et Nenê jouent très linéaires, ils repiquent moins vers l'axe et moi je n'arrive pas à trouver d'espaces au milieu de terrain. Quelque part on est devenus prévisibles". 

"En Ligue 1, on joue la tête baissée"

S'il ne baisse pas les bras ("Je suis là pour apprendre") Javier Pastore, très en verve, en profite également pour égratigner le niveau de la Ligue 1. Ou plutôt la façon de jouer du championnat de France. "Un football rapide, physique, avec peu d'équipes qui jouent au ballon. Ici, on joue avec la tête baissée". Où l'on découvre l'amour du jeu, véritable moteur de l'artiste argentin. "Si on travaille bien, le PSG peut devenir l'équipe qui pratique le meilleur football de Ligue 1. On perdra quelques matchs, c'est sûr, mais au moins on prendra du plaisir".

Julien Lamotte