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Paris illicites: le foot français touché

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Quatre-vingt-sept joueurs professionnels ont enfreint le règlement leur interdisant de parier sur les championnats de football (L1, L2 et National) et 23 d'entre eux sont particulièrement visés par la commission de discipline de la Ligue pour avoir émis des paris en ligne contre leur propre équipe.

La Ligue de football professionnel prend le problème des paris illicites à bras le corps. En croisant la liste des 1600 joueurs professionnels des championnats de France et les fichiers de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), la LFP a anticipé un éventuel scandale, à l'instar de celui qu'avait connu le handball avec le match Cesson-Rennes - Montpellier. Et après étude des données, elle a 87 joueurs dans le collimateur. En fonction de leur degré d'implication, déterminé selon trois critères (fréquence des paris, montant total parié, pari contre sa propre équipe) tous ne risquent pas la même sanction. La commission de discipline de la LFP, chargée d'instruire les dossiers à partir de mercredi les a divisé en quatre groupes. 

Les groupes 1 et 2, soit ceux de 50 parieurs occasionnels ayant misé moins  de 500 euros de manière peu fréquente, risquent un simple rappel à l'ordre. En revanche, les joueurs des groupes 3 (14 joueurs à plus de 500 euros de paris) et 4 (23 joueurs ayant parié contre leur équipe, dont 5 ayant pris part  au match concerné) seront convoqués pour s'expliquer devant la commission, a détaillé Sébastien Deneux, qui préside cette dernière.

Thiriez: "Ce ne sont pas des faits de corruption"

"Ce sont des maladresses, des errements individuels, pas des faits de  corruption", a estimé Frédéric Thiriez, président de la LFP, précisant qu'aucun  "joueur connu ni emblématique" ne faisait partie des 87 contrevenants parmi lesquels se trouvent 19 joueurs de L1, 54 de L2 et 14 de National. "Il y a des joueurs de L2 qui ont parié sur la L1 en toute bonne foi",  a-t-il ajouté. Le montant moyen des mises concernées est de 20 euros, sur les  87 joueurs. La loi interdit aux sportifs de parier sur les compétitions auxquelles ils participent, au sens large.

Un décret permet depuis l'automne dernier aux  fédérations et aux Ligues de croiser leurs fichiers avec ceux de l'Arjel, qui régule les jeux en ligne où la déclaration d'identité est nécessaire. Le football est le premier sport à avoir voulu démasquer ses contrevenants. Les jeux en dur, dans le réseau physique de la Française des Jeux, échappent encore à cette mesure puisqu'ils restent anonymes. En donnant un coup de pied dans la fourmilière, l'organisme en charge du football professionnel espère endiguer le phénomène. 

Jerome Carrere