Pape Diouf
Pape Diouf, chargé par l'OM dans les colonnes de l'Equipe | AFP - ISSOUF SANOGO

Pape Diouf : "je n'ai rien à me reprocher"

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"Je n'ai rien à me reprocher", a affirmé jeudi Pape Diouf, président de l'OM entre 2005 et 2009, et placé en garde à vue pendant 36 heures comme plusieurs autres dirigeants passés et actuels du club, dans une affaire de transferts présumés frauduleux.

"Je n'ai absolument rien à me reprocher. On n'a rien à me reprocher. Ceux qui m'interrogeaient étaient plus gênés que moi", a affirmé Pape Diouf, lors d'une conférence de presse à Marseille, au lendemain de sa remise en liberté. "On ne m'a sorti aucun document signé de moi, ou de propos me mettant en cause", a-t-il certifié, affirmant avoir servi "de pédagogue pour savoir comment fonctionne un club professionnel" et "comment les transferts se faisaient". Pape Diouf a été mis en garde à vue mardi ainsi qu'une quinzaine d'autres personnes, notamment le président actuel de l'OM Vincent Labrune. Tous sont ressortis libres mercredi soir, sans faire l'objet de poursuites immédiates.

Des rétro-commissions pour des "membres du milieu"

Les enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), saisie sur commission rogatoire d'un juge d'instruction marseillais, soupçonnent qu'il y aurait eu, à l'occasion de transferts d'importance, des  commissions et rétro-commissions "dans lesquelles des membres du milieu apparaissent". Une information judiciaire avait été ouverte pour "extorsion de fonds, blanchiment et association de malfaiteurs" en octobre 2011 après un signalement du parquet. Un réquisitoire supplétif, pour abus de biens sociaux, a récemment été ouvert. Le transfert de l'attaquant international André-Pierre Gignac, de Toulouse à Marseille, en 2010, est notamment dans le collimateur des enquêteurs. 

Affirmant ne parler "que pour lui", Pape Diouf a refusé de s'exprimer sur ce qui ne concerne pas la période durant laquelle il était à la tête du club phocéen, tout en s'interrogeant sur les raisons qui ont pu conduire la justice à le mettre en garde à vue. "Lorsque le juge est venu pour me signifier la prolongation de ma garde à vue, il n'était pas à l'aise. (...) Il m'a dit: "il y a un problème qui concerne un groupe de personnes, il était bien qu'on entende tous ces gens dans les mêmes conditions", a-t-il lancé. "Marseille est une ville sur laquelle il faut toujours taper. Si tous les clubs en France étaient l'objet de la même attention que l'OM, vous verriez beaucoup plus de clubs dans les cabinets des juges", a-t-il estimé. Il a jugé également que ses prises de positions "sur les quotas, sur les propos de Sagnol" (sur le "joueur  typique africain") ou sa remise en cause de l'équipe de France avaient pu gêner.

AFP