Noël Le Graët ouvre les hostilités pour sa propre succession à la tête de la FFF

Noël Le Graët ouvre les hostilités pour sa propre succession à la tête de la FFF

Publié le , modifié le

Noël le Graët, président sortant de la Fédération française de football (FFF), est le premier à passer l'oral devant la presse, vendredi matin, dans le cadre de la campagne pour la présidence de l'organe, qui débute ce jour même. Au total, le comité exécutif de la FFF a entériné quatre listes: celle de Noël Le Graët, de son premier opposant Jacques Rousselot, président de Nancy, mais aussi Eric Thomas, à la tête de l'Association française du foot amateur, et David Donadei. L'élection est prévue le 18 mars prochain.

La campagne débute officiellement ce vendredi. Et comme le veut le règlement, chaque candidat peut organiser une conférence de presse au siège de la FFF. Premier sur la ligne de départ, à peine le coup de pistolet retenti: Noël Le Graët. C'est le grand favori à sa propre succession. 

Un bon bilan mais des choix contestés

A son avantage: l'expérience et la connaissance du milieu. Président de l'instance depuis 2011 après en avoir été vice-président entre 2005 à 2011, l'ancien président du club de Guingamp et surtout ancien président de la Ligue nationale de football (1991-2000) prétend conserver son poste. A 75 ans, il présente un bilan favorable: l'équipe de France a renoué avec son public, l'image de "sales gosses" née à Knysna mais aussi à l'Euro-2012 a été gommée, la place de finaliste à l'Euro-2016 à domicile a un peu plus redoré le blason, et les comptes de la 3F sont au vert. "Les dossiers importants ont été réglés. La Fédération se porte bien humainement et économiquement", soulignait le Breton à l'AFP.

Parmi les critiques qui lui sont adressées, "NLG" trouve une certaine faiblesse dans certains choix. Comme il le dit, "on n'a pas le monopole de la bonne décision tout le temps". Parmi eux, il y a eu son vote pour la reconduction de Raymond Domenech comme sélectionneur en 2008, après un Euro désastreux (1 nul contre la Roumanie et 2 défaites, pour une élimination dès la phase de groupes. Egalement son soutien à Sepp Blatter lors de l'élection à la présidence de la Fifa en 2015, avant de voter Gianni Infantino après le départ forcé du Suisse. Et pour cette élection à la FFF, il a reçu le soutien d'un autre poids lourd du ballon rond français: Jean-Michel Aulas. Un homme contesté, qui fait souvent grincer des dents.

Rousselot, le candidat de la grogne

Face à Noël Le Graët, trois candidats, dont Jacques Rousselot. Président de Nancy, il avait été élu au comité exécutif sur la liste de Le Graët. Mais le Nancéien assure que son ancien "ami" lui avait promis de lui céder la place pour ce nouveau mandat de quatre ans et s'estime trahi depuis que Le Graët a annoncé sa candidature. A 67 ans, l'homme a longtemps hésité, et s'il se présente comme un défenseur du foot amateur, il est surtout le fer de lance des opposants à Le Graët. Il est notamment soutenu par Gervais Martel, président de Lens (L2), Jamel Sandjak (président de la Ligue Paris-Ile-de-France) et Olivier Delcourt, président de Dijon.

Déjà candidat vaincu en 2011 et 2012, Eric Thomas en appelle à une "vraie démocratie et une vraie transparence". Quant à David Donadei, il est soutenu par d'anciens footballeurs comme Franck Queudrue, Michel Bensoussan ou Hippolyte Dangbeto. C'est lors de l'assemblée fédérale du 18 mars que les grands électeurs, représentant le football amateur (présidents de ligues et de districts notamment) et professionnel (présidents de clubs de L1, L2 et National) se détermineront. D'ici là, les conférences de presse sont le meilleur moyen de toucher le plus d'électeurs. Ce vendredi, c'est Noël Le Graët, lundi 27, c'est David Donadei, et le 8 mars, Eric Thomas. Reste à connaître celle de Jacques Rousselot, arrivé tardivement dans la bataille.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze