Michel Platini
Michel Platini | FABRICE COFFRINI / AFP

Michel Platini: "Sepp Blatter voulait ma peau"

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Michel Platini a annoncé annonce son retrait de la course à la présidence de la FIFA, précisant dans un entretien accordé à L'Equipe, que le président sortant Sepp Blatter "voulait sa peau". Suspendu huit ans de toute activité dans le football, le patron de l'UEFA a donc préféré se concentrer sur sa défense. "Je ne peux plus, je n’ai plus le temps ni les moyens d’aller voir les électeurs, de rencontrer les gens, de me battre avec les autres. En me retirant, je fais le choix de me consacrer à ma défense par rapport à un dossier où on ne parle plus de corruption, de falsification, où il n’y a plus rien", dit notamment Michel Platini.

"Tout est parti de Blatter, qui voulait ma peau, qui ne voulait pas que j'aille à la Fifa. Il disait souvent que je serais son dernier scalp, mais il  est tombé en même temps que moi", explique l'ancien numéro dix des Bleus. Platini a donc fini par faire une croix sur la présidence de la Fifa. "C’est une question de calendrier, mais pas seulement", a expliqué l'ancien sélectionneur de l'équipe de France. "Comment remporter une élection quand on est empêché de faire campagne ?", se demande-t-il. L'élection est certes prévue le 26 février, à Zurich, mais les candidatures devaient être enregistrées le 26 janvier, au plus tard. Or, moins de trois semaines avant, le président (suspendu) de l'UEFA n'avait toujours pas reçu les motivations de la sanction prononcée le 21 décembre par la justice interne de la Fifa pour ce fameux paiement controversé de 1,8 million d'euros reçu de Sepp  Blatter, le président de la Fifa, également suspendu 8 ans.

Manque de temps

A partir de la réception de ces motivations, l'ex-triple Ballon d'Or pourra enclencher les différents recours à sa disposition: la chambre d'appel de la Fifa, puis le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne, la juridiction sportive suprême."Aujourd'hui, je dois m'occuper de tous les recours,suivre les procédures. En plus des motivations qui doivent encore être rendues, il y aura, derrière,  le TAS, puis la commission (électorale de la Fifa) présidée par Domenico Scala  qui a dit (dans le Financial Times cet automne) que j'avais falsifié les comptes. Ça ne se présente pas très bien...", reconnaît l'ancien joueur vedette de la Juventus. Ce dossier a en effet plombé la candidature Platini sur en tenant compte du fait que la justice interne de la FIFA, y a vu "conflit d'intérêt", "abus de position" et "gestion déloyale". 

Lorsqu'il s'était déclaré le 29 juillet, l'ancien meneur des Bleus faisait  figure d'ultra-favori pour succéder à Blatter. Comme le reconnaît Platini lui-même. "Quand Blatter s’est retiré, j’ai reçu 150 soutiens déclarés. Une centaine de lettres officielles de fédérations et une cinquantaine de promesses. Tout cela en deux jours..... Je me suis battu comme je l’ai toujours fait dans ma vie mais on ne m’a pas donné la possibilité de concourir ce coup-ci" a précisé Platini qui  ne digère toujours pas, comme il l'avait déclaré au  lendemain de sa sanction: "Les gens de la commission d'éthique (de la Fifa)  sont davantage impliqués dans une question de calendrier -pour m'empêcher de me  présenter à temps pour l'élection à la présidence de la Fifa- et dans la médisance que dans l'éthique. Ils ne sont pas éthiques, ils sont pathétiques." L'important pour lui est maintenant de blanchir son nom de toutes les accusations, même s'il sait que des traces resteront.