Michel Platini, président de l'UEFA
Michel Platini, président de l'UEFA avec le trophée de la Ligue des Champions | AFP - FABRICE COFFRINI

Michel Platini à la FIFA: sa décision officialisée jeudi

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Président de l'UEFA, Michel Platini va livrer son verdict quant à sa volonté de briguer, ou pas, la présidence de la FIFA en 2015. C'est en marge du tirage au sort de la Ligue des Champions, aujourd'hui à Monaco, que l'ancien capitaine et sélectionneur de l'équipe de France donnera la conclusion de ses longues réflexions. Une seule chose est sûre: il ne soutiendra pas Sepp Blatter, l'actuel président en place depuis 1998 et qui devrait être candidat à sa propre succession.

Michel Platini voulait annoncer sa décision lors du Mondial au Brésil. Finalement, c'est en ce jeudi, en marge du tirage au sort de la phase de poules de la Ligue des Champions, jeudi, qu'il se prononcera. Le président de l'UEFA informera d'abord jeudi les représentants des 54  fédérations qui composent son instance, l'Union européenne de football. Puis il  rendra public son choix en marge du tirage au sort de la Ligue des champions ce  même jour à Monaco.

L'heure est venue pour l'ancien triple Ballon d'Or de répondre à, comme il  le disait en septembre 2013, cette "question" qui "se pose", qui "revient sans  cesse" et qui "est légitime". C'est-à-dire se présenter ou non à la  présidentielle Fifa, qui aura lieu au congrès électif de la fédération  internationale le 29 mai 2015 à Zurich. "Les fédérations (européennes) veulent que je leur donne une réponse le  plus tôt possible et je leur donnerai cette réponse au moment du tirage au sort  de la Ligue des champions", avait-il exposé début juin.

Poursuivre le travail à l'UEFA ou donner un nouveau souffle à la FIFA ?

La réflexion de l'ancien capitaine des Bleus s'est articulée autour de deux  pôles. D'abord, il y a son attachement "viscéral", selon son expression, à  l'UEFA, la puissante confédération européenne du foot, dont il a pris les rênes  en 2007, au terme d'un scrutin serré, avant d'y être réélu triomphalement par  acclamation en 2011. Et puis de l'autre côté, comme il l'a expliqué début juin à deux  journalistes, dont un de l'AFP, il y a ce constat que "la Fifa a besoin d'un  souffle nouveau", alors que Joseph Blatter, 78 ans, patron du foot mondial  depuis 1998, ne cache plus du tout ses envies de cinquième mandat. "Choisir une autre route" que l'UEFA, Platini l'a exprimé en 2013, serait  pour lui un "déchirement". Au sein de l'instance européenne, il a pu développer  ses idées et les mettre en pratique.
   
L'ancien stratège de la Juventus a mis fin au G14, ex-club des puissants du  foot aux velléités de ligue fermée; il a ouvert la Ligue des champions,  compétition reine des clubs, à des petites nations, sans heurts; et le  fair-play financier (un club ne peut dépenser plus qu'il ne gagne) a contribué  par rebond à réduire les déficits dans quelques clubs qui couraient à leur  perte. Dans l'UEFA version Platini, il se passe toujours quelque chose, comme ce  championnat d'Europe des nations en 2020 qui se déroulera dans 13 pays  différents, ou encore cette future Ligue des nations, championnat destiné à se  substituer à la plupart des amicaux des sélections européennes, façon de  valoriser les équipes nationales. Comme il l'avait souligné en mars en marge du Congrès de l'UEFA au  Kazakhstan, Platini sait aussi qu'il est la "seule personne (qui) peut battre  Blatter".

Jérôme Champagne, 56 ans, ex-vice-secrétaire général de la Fifa, est le  premier candidat à s'être déclaré, mais il n'a - sur le papier - aucune  chance de l'emporter. Et cet ancien diplomate français a clairement dit qu'il  ne maintiendrait peut-être pas sa candidature si Blatter se présentait  formellement... Si Platini décidait de se lancer dans la campagne électorale, sa  candidature ne serait pas de pure forme. Début juin, alors qu'il n'avait pas  encore arrêté sa décision, l'ancien meneur de jeu déclarait: "La seule chose  que je sais, c'est que quand j'y vais, j'y vais pour gagner." Si Platini ne se présente pas, sa position sera claire vis-à-vis de  Blatter, comme il l'a souligné en juin: "Je ne soutiens pas Blatter pour son  nouveau mandat. Je ne le soutiendrai plus, c'est fini. Je l'ai soutenu en 1998,  je ne le soutiens pas en 2014. Il le sait, je lui ai dit."

AFP