L'Américaine Megan Rapinoe

Megan Rapinoe qualifie Donald Trump de "nationaliste blanc" et n'exclut pas totalement une carrière politique

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Publiquement hostile à la présidence de Donald Trump depuis 2017, Megan Rapinoe a ajouté une nouvelle pique mardi, dans une interview accordée à ViceTV. La star de l'équipe américaine de football, double championne du monde, a qualifié le président des Etats-Unis de "nationaliste blanc". Celle qui plaisantait jusqu'à présent "ne ferme pas la porte" à un avenir en politique.

"Là, nous avons clairement, je pense, un nationaliste blanc à la Maison Blanche et les crachats de haine, l'exclusion du reste du pays n'ont fait qu'entraîner plus de clivages entre les gens, plus de désespoir, d'anxiété et de peur". Comme d'habitude, Megan Rapinoe n'y est pas allée avec le dos de la cuillère quand il s'agit d'évoquer Donald Trump. La footballeuse américaine a critiqué une fois de plus la politique menée par le président des Etats-Unis, dans une interview accordée à ViceTV mardi.

"Je ne ferme pas la porte"

"Il n'y a eu aucune sorte de progrès [depuis le début de son mandat en 2017]", a-t-elle résumé, estimant que l'inclusion des minorités raciales et des femmes en est la clé. Rapinoe a notamment fustigé l'instrumentalisation permanente de l'immigration comme cause fondamentale des maux américains et "l'incarcération massive". D'après la joueuse de 34 ans, les déçus devraient être plus nombreux. Elle insiste : "Rien n'a été fait pour faciliter la vie de la base des supporters de Trump".  "Ce n'est pas comme s'il leur donnait un tas de jobs. Ce n'est pas comme s'il avait rendu la vie meilleure pour eux. Il leur a seulement donné cette fausse raison qui fait qu'ils ne sont pas heureux avec leur vie", analyse-t-elle. 

L'Américaine, Ballon d'or féminin 2019, milite depuis longtemps pour la défense des droits des femmes et des LGBTQ. Elle avait également affiché publiquement son soutien à Colin Kaepernick, en posant son genou à terre à plusieurs reprises durant l'hymne national. En 2019, juste avant le Mondial en France, Rapinoe avait prévenu qu'en cas de sacre, son équipe refuserait toute invitation à la Maison Blanche. Donald Trump avait répliqué sur Twitter : "Megan devrait gagner avant de parler". Championnes du monde quelques semaines plus tard, les Américaines ont tenu parole. Particulièrement investie sur le terrain politique, Megan Rapinoe est régulièrement questionnée sur une possible reconversion. Si elle a l'habitude d'en plaisanter, l'ex-joueuse de l'OL n'a pas totalement exclu l'idée d'une carrière en politique.

Et si ce n'était pas qu'une plaisanterie ?

"Je ne ferme pas totalement la porte, mais ça semble un peu fou", a-t-elle concédé sur ViceTV mardi, ajoutant dans un éclat de rire que le job de rêve serait "présidente, bien sûr". "Si j'y vais, je veux la plus grosse fonction", a-t-elle enchaîné sur le même ton, précisant qu'elle "choisirait des gens bien plus intelligents et beaucoup plus qualifiés [qu'elle]" pour bien faire. Rapinoe plaisante et prend ses précautions après avoir affiché son soutien au candidat démocrate Joe Biden, annonçant même "disponible" pour être sa colistière. Biden lui avait répondu, également en plaisantant, que devenir vice-présidente lui offrirait un salaire moins conséquent que ce qu'elle perçoit actuellement comme footballeuse. Un sujet qui fâche pour Rapinoe, qui vient de perdre une importante bataille judiciaire avec les joueuses de l'équipe nationale, dans leur quête d'égalité salariale avec l'équipe masculine.

Avec AFP

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