Maxim Tsigalko, légende du jeu Football Manager, est décédé à 37 ans

Publié le , modifié le

Auteur·e : Hugo Monier
Maxim Tsigalko
Maxim Tsigalko sous les couleurs du Dinamo Minsk | Dinamo Minsk

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Maxim Tsigalko, ancien attaquant biélorusse, est décédé vendredi 25 décembre à 37 ans. Révéré par les nombreux adeptes de Football Manager, où il devenait l'un des meilleurs joueurs du monde, il a connu une carrière marquée par les blessures.

L'annonce pourrait paraître anecdotique. Un drame de plus dans une année qui n'en manque malheureusement pas. Ce 25 décembre, le Dinamo Minsk a annoncé le décès de son ancien attaquant Maxim Tsigalko, à seulement 37 ans. "Un enfant du Dinamo Minsk, où il a joué 65 matchs et marqué 28 buts entre 2001 et 2004, a salué le club. Champion de Biélorussie et vainqueur de la Coupe avec le Dinamo. Mémoire éternelle !" S'il n'a pas marqué l'histoire du football, Tsigalko restera une légende pour les nombreux adeptes du jeu Football Manager. 

Une légende du jeu vidéo

Ses débuts à Minsk, en 2001, correspondent aussi à l'explosion de sa popularité virtuelle. A 18 ans, le Biélorusse est une des stars de L'Entraîneur 3, qui permet au joueur d'endosser le costume d'entraîneur (la série deviendra Football Manager en 2004). Il est ce qu'on appelle une "perle" ou un "wonderkid" pour les anglophones. Ces pépites, qui héritent souvent de leur statut grâce à un scout (les personnes chargées de noter les joueurs dans la base de données) un peu trop optimiste, constituent l'essence du jeu. Le plaisir ultime d'acheter un inconnu une bouchée de pain et de le voir devenir le meilleur attaquant du monde. Et aucun n'incarne mieux ce phénomène que Maxim Tsigalko.

Les statistiques folles de Maxim Tsigalko dans L'Entraîneur 3

Les statistiques folles de Maxim Tsigalko dans L'Entraîneur 3
Les statistiques folles de Maxim Tsigalko dans L'Entraîneur 3 © Footmanager.net

La réalité est bien moins rayonnante. Ses débuts professionnels sont pourtant réussis au Dinamo, avec 11 buts en 18 matches après avoir cartonné chez les jeunes. Mais en 2003, il se blesse gravement au genou lors d'un essai dans le club portugais de Maritimo. Rupture des ligaments croisés. Un coup d'arrêt dans sa carrière, qu'il tente de relancer du côté de Naftan, toujours en Biélorussie. Une seconde blessure à seulement 23 ans entraîne des douleurs récurrentes. Il passe par le Kazakhstan, l'Arménie. En 2009, à 26 ans, il range les crampons. 

Un après-carrière difficile 

Tsigalko enchaîne ensuite les boulots, dans la construction notamment. "Je touchais 4 euros par jour, puis 15 euros, raconte-t-il dans une interview à la Gazzetta grecque en 2018. Je n'en pouvais plus. Mon dos et mes jambes ne supportaient pas un tel travail physique et j'ai eu des graves problèmes de santé." Il a longtemps ignoré qu'il était une légende virtuelle, dont les fans allaient jusqu'à imprimer des t-shirts à son effigie. "Je l'ai appris quand un journaliste russe me l'a dit, j'étais vraiment surpris, a-t-il expliqué. Il m'a dit que j'étais le footballeur le plus populaire du jeu. J'ai juste hoché la tête parce que je n'y croyais pas. J'en ai rigolé.

Dans la vraie vie, sa célébrité virtuelle ne lui profite pas. "Quand j'ai arrêté le foot, personne ne m'a appelé, j'étais déjà oublié, poursuit-il, toujours à la Gazzetta. J'ai voulu travailler dans le foot, mais personne n'a voulu m'aider. Je ne comprends pas pourquoi, je n'ai jamais fait de mal à personne. Tout ce que je veux, c'est pouvoir offrir ma famille ce qu'elle mérite. A la fin de ma carrière, j'ai réalisé que je ne pouvais compter sur personne.

Pour des millions de joueurs, le nom de Maxim Tsigalko restera à jamais associé aux heures heureuses passées à mener son équipe vers le sommet de l'Europe. Et à voir cet inconnu biélorusse enchaîner les buts. Maxim Tsigalko s'est éteint ce vendredi mais sa légende continuera dans l'esprit de millions de joueurs.