Mathieu Valbuena - Avril 2010 - Marseille
Mathieu Valbuena - Avril 2010 - Marseille | AFP - GERARD JULIEN

Marseille, une victoire en trompe-l'œil ?

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Marseille, Lyon et Lille ont bouclé mercredi la deuxième journée de Ligue des Champions avec des fortunes diverses. Contre toute attente au vu de son début de saison en championnat, c'est l'OM qui est pour l'instant le plus proche des huitièmes de finale. En revanche, si rien n'est perdu pour lui, le champion de France nordiste peut s'inquiéter.

L'Histoire n'est pas prédictive. La Ligue des champions non plus. Dans une compétition où ils semblait condamner à souffrir en parallèle de son début de championnat difficile en Ligue 1, l'OM surprend. Les hommes de Didier Deschamps avaient d'abord ramenés trois points très précieux de la pelouse de l'Olympiakos il y a deux semaines. Quinze jours plus tard, ils ont fait mieux, en se débarrassant du champion d'Allemagne, Dortmund (3-0). Un score sans appel et finalement un peu flatteur au regard du match et des largesses défensive de leur adversaire. Qu'importe, ce nouveau résultat positif témoigne d'une chose : le club de la Cité phocéenne parvient à se transcender lors de la compétition européenne. De quoi donner des idées à son technicien, un brin amusé par "l'effet Champions League". "Je me demande si je ne vais pas leur mettre la musique (ndlr : de la C1) dans les vestiaires en championnat."

Réussite ou non, l'OM a pris un départ canon dans la compétition et peut d'ores et déjà espérer faire aussi bien que la saison passée où il était sorti des phases de groupes. Comme en atteste Deschamps : "On a six points, c’est mieux que lors des deux dernières saisons où on avait un zéro pointé au même moment. Attention toutefois à la double confrontation face à Arsenal. En général, il faut dix points pour se qualifier, onze pour être certain de se qualifier. On a des acquis mais il faudra chercher d’autres points."

Lyon a les crocs, Lille doit tuer ses matchs

Même son de cloche, ou presque, du côté de l'OL. Pour sa 12e campagne européenne consécutive et son 100e match dans la plus prestigieuse des coupes, la formation de Rémi Garde a fait parler son expérience. Après un quasi non-match sur la pelouse de l'Ajax (0-0), les Gones ont fait le métier contre le Dinamo Zagreb (2-0). Un succès acquis en première période, grâce à un but de Koné et de Bafe Gomis, irrésistible en ce moment. (De quoi le sélectionner en équipe de France, ce jeudi à 14h ?) Co-leader de Ligue 1 avec le PSG et capitalisant quatre points en C1, les Rhodaniens réalisent un début de saison de haute volée. Et dire que l'absence pour blessure de Lisandro aurait pu leur être préjudiciable… Attention toutefois à ne pas s'emballer malgré cette belle série. L'OL voit déjà se profiler sur sa route le Real Madrid de Jose Mourinho. Ce sera son premier test d'envergure dans cette compétition, le 18 octobre.

Si la tendance est à l'optimisme pour les deux Olympiques, l'inquiétude nait du côté de Lille. Les hommes de Rudi Garcia ont concédé deux nuls en autant de rencontres. A chaque fois alors que la rencontre semblait ne plus pouvoir leur échapper. Contre le CCKA Moscou, Moussa Sow et sa petite équipe menaient (2-0) avant d'être rejoints au score en fin de match. Le scénario s'est quasiment reproduit à l'identique quinze jours plus tard sur la pelouse de Trabzonspor. Les Nordistes piochent dans les dernières minutes de leurs rencontres, surtout défensivement. Un symptôme qui se ressent également dans leurs matchs de L1 et qui explique leur sixième place actuelle en championnat, en retrait par rapport à l'an passé. Les Lillois ont assurément l'effectif pour défendre leurs chances dans cette compétition mais leur manque de rigueur défensive (à cause du départ de Rami ?) les pénalise trop pour le moment. Attention, car c'est désormais face à l'Inter Milan qu'il faudra aller chercher des points. "Ce résultat nous contraint de gagner contre l'Inter, qui est le gros du groupe", affirmait dans ce sens le milieu de terrain Ludovic Obraniak, entré en jeu juste après l'égalisation de l'équipe turque sur penalty (75). Si la tâche semblait déjà délicate au début du mois, elle s'annonce désormais très difficile depuis le réveil des Nerrazzuri grâce à leur nouvel entraîneur, Claudio Ranieri. Lille est-il prêt pour l'exploit ?