Papadopoulos (Olympiakos) tacle Rémy (Marseille)
Papadopoulos (Olympiakos) tacle Rémy (Marseille) | LOUISA GOULIAMAKI / AFP

Marseille retouve le goût du succès

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Marseille s'est imposé sur la pelouse de l'Olympiakos (1-0) mardi en ouverture de la Ligue des Champions. Un but de Lucho en 2e période a suffi à une équipe plutôt poussive, qui restait cinq matches sans victoire depuis le début de saison. A défaut de spectacle, l'OM a fait une belle opération comptable et s'en contentera. Dans l'autre match du groupe F, Dortmund et Arsenal ont fait match nul 1-1.

Si les Marseillais entraient plutôt bien entrés dans la partie, avec une tête dangereuse de Diawara sur un corner distillé par Cheyrou, ils ne parvenaient ensuite que trop rarement à inquiéter une défense grecque certes parfois laborieuse,  mais qui le plus souvent contenaient les attaques désordonnées de l'OM.  De son côté, l'Olympiakos ne se privait pas de prendre sa chance dans des contres rondement menés, mais qui manquaient toujours de percussion dans le dernier geste pour véritablement porter le danger.

Les Marseillais glanaient beaucoup de ballons en milieu de terrain, mais ne les exploitaient pas toujours très bien. Rémy se débattait comme un beau diable pour trouver des positions intéressantes, et Morel ou Amalfitano trouvaient de l'espace sur le flanc gauche, mais leurs centres ne trouvaient que rarement preneurs. On sentait que les joueurs de l'OM avaient techniquement les clés pour faire sauter le verrou grec, mais ils manquaient sans doute d'agressivité. Même s'ils trouvaient une fois un poteau, ills ne se créaient que peu d'occasions en première période, en ne parvenant pas à mettre davantage de vitesse face à une formation qui n'a pas encore débuté son championnat et n'avait pour seul repère qu'une série de matches amicaux. L'Olympiakos héritait parfois de ballons perdus et n'hésitait pas à aller vers l'avant, à l'image de l'international belge Kevin Mirallas, très remuant.  
Les hommes de Deschamps allaient pourtant prendre petit à petit l'ascendant dans cette rencontre, en s'imposant physiquement alors que, par une température encore estivale, les hommes du Pirée commençaient à manquer de rythme. Le score de 0-0 à la pause reflétait une piètre première période où les Marseillais n'avaient pas pu faire la différence.

Ils n'allaient avoir que peu à attendre pour cela.puisque peu après la reprise, sur une nouvelle montée côté gauche, Jérémy Morel déposait son vis à vis et centrait au cordeau pour Lucho qui de l'intérieur du pied expédiait le ballon dans les filets au ras du premier poteau (1-0, 51e).
Dès lors, contraint par la tournure des événements, l'Olympiakos ne pouvait plus tellement laisser venir et devait sortir un peu plus. Bien lui en prenait d'ailleurs. Ainsi les hommes de Valverde, malgré le fait qu'il perdait tout de même un peu de densité physique sous l'effet de la fatigue, remontait tous les ballons pour aller porter le danger sur les buts de Mandanda. Ostensiblement, l'OM semblait se contenter de ce maigre avantage, reculait et laissait la directions des opérations à une équipe grecque qui n'abdiquait pas. Mirallas, Abdoun, mais aussi Djebbour à un quart d'heure de la fin, se procuraient quelques situations menaçantes pour les Marseillais.      

Paradoxalement, alors qu'elle avait les moyens d'enfoncer le clou, l'équipe marseillaise acceptait de subir sans se dépasser, assurant un besogneux travail défensif sans prendre de risques, mais sans donner beaucoup de relief à la rencontre. Comme l'Olympiakos ne se montrait guère réaliste dans ces dernières attaques, le match sombrait dans une sorte de gagne terrain entre deux formations qui semblaient ne plus avoir tellement de convictions. Seules les dernières minutes redonnaient un peu de suspense, après l'exclusion de Rod Fanni.  alors que les Grecs poussaient et mettaient le feu dans une défense marseillaise d'une inquiétante fébrilité.

Malgré cela, avec cette victoire sur un score minimal (1-0), L'OM assurait l'essentiel. Car ce résultat fait du bien pour une équipe marseillais qui avait besoin de retrouver le goût du succès même si elle va devoir considérablement hausser son niveau de jeu, et trouver notamment un peu plus de dynamisme et d'ambitions dans ses actions offensives pour espérer aller un peu plus loin en Ligue des Champions. Pour l'heure, elle peut savourer cette réussite au Pirée qui lui permet de prendre la tête de ce groupe F.

Réactions :

Jérémy Morel (milieu de Marseille, et passeur  décisif): "Il y a beaucoup de soulagement dans les têtes. On ne voulait  absolument pas perdre. La victoire nous fuyait, nous doutions parfois, même si  tout n'était pas à jeter dans nos matches, loin de là. C'était frustrant  d'avoir l'impression de bien faire, de s'arracher, et au final de ne prendre  aucun point. (Sur son positionnement au milieu, alors qu'il est d'habitude  défenseur) Dans l'ensemble, cela s'est bien passé. J'ai déjà évolué à ce poste.  Sur le centre pour Lucho, je crois que j'ai eu le bon timing, je le vois  arriver, mais j'attends le dernier moment".
Margarita Louis-Dreyfus
(actionnaire  de Marseille): "Je suis sûre que ce n'est pas que le début et qu'on va  continuer comme cela. C'est pourquoi je suis venue ici, pour montrer qu'on a  confiance en notre équipe. Certes, il y a des difficultés, mais je suis sûre  qu'avec cette équipe et Didier (Deschamps, ndlr) on va  gagner. J'ai parlé avec  les joueurs (avant le match, ndlr). Ils se sont très bien battus. Même sans  cela, ils se seraient battus de la même manière. Je voulais en tout cas montrer  ma confiance et leur dire qu'ils n'avaient pas le choix que de gagner".

Christian Grégoire