Jordan Ayew (OM) résiste aux Gunners
Jordan Ayew (OM) résiste aux Gunners | ADRIAN DENNIS / AFP

Marseille résiste aux Gunners

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Les huitièmes de finale de la Ligue des champions ne sont plus très loin pour l'Olympique de Marseille. Grâce à son bon nul 0-0 à Arsenal lors de la 4e journée de la phase de groupes, l'OM n'a plus besoin que d'une victoire pour obtenir son billet. A Londres, les Phocéens ont tenu la dragée haute aux Gunners et partagent logiquement le point du nul. Vainqueur 1-0 de l'Olympiakos, Dortmund reste en vie mais n'a pas son destin entre ses mains.

L'appel de Londres. Didier Deschamps avait décidé de mobiliser ses troupes pour avancer vers la qualification en huitièmes de finale. La patrie n'était pas en danger mais il n'était pas question de laisser Arsenal filer à l'anglaise. Des quelques certitudes nées contre Ajaccio et Dijon, l'OM gonflait le torse et fonçait tête baissée sur l'Emirates et la cage de Szczesny. Il ne fallait pas attendre deux minutes pour voir les frères Ayew donner le tournis aux Gunners. Sur un centre d'André, Jordan osait une talonnade. Même sans conséquence, cette action donnait raison à Arsène Wenger qui déclarait lundi que les Phocéens étaient meilleurs hors du Vélodrome (2e).

Dortmund veut y croire
Avec un petit point au compteur en trois matches, le Borussia n'avait plus le choix : vaincre ou mourir. La première étape consistait à prendre sa revanche sur l'Olympiakos qui l'avait battu 3-1 à l'aller. Le champion d'Allemagne n'a pas traîné grâce à la patte de Grosskreutz dès la 7e minute. Mais ce but rapide restait le seul pour Dortmund. Pas de goal-average particulier repris sur les Grecs et un gros défi en vue. Les Allemands devront s'imposer à Arsenal et espérer un nul entre l'OM et Le Pirée pour revenir dans la course avant la dernière journée. Pas simple...

Marseille ne s'arrêtait pas là et poursuivait ses assauts par André Ayew (5e) et surtout ce diable de Loïc Rémy (7e, 24e). Cet OM était séduisant mais pêchait dans la finition. Cela produisait un jeu très ouvert et offrait des espaces à Arsenal qui, passé un moment de doute, répondait du tac au tac. Sur un contre, Walcott se heurtait une première fois aux gants de Mandanda (10e). Voilà qui donnait une première réponse aux craintes de Didier Deschamps. A trop se livrer, l'OM risquait de subir la foudre des Gunners. Dans un match débridé, à l'anglaise, les Blues de Chelsea en avaient pris cinq samedi. Si les Phocéens ne cadraient rien, Arsenal était plus proche du but sur des tentatives de Gervinho (29e) et Ramsey (36e) repoussées par Mandanda. L'OM pouvait remercier Wenger d'avoir laissé Van Persie sur le banc.

A la reprise, Marseille peinait à retrouver le rythme qui était le sien en première période. Les Olympiens conservaient le contrôle du ballon mais sans aucune percussion. En revanche, Arsenal se montrait bien plus saignant. Une double tête de Mertesacker et Vermaelen passait au dessus mais la pression londonienne montait d'un cran (47e). Malgré un bon passage provençal autour de l'heure de jeu, la chance des Marseillais était peut-être passée. L'entrée de Van Persie puis Rosicky pour la dernière demi-heure semblait compliquer sérieusement la donne. Mais au contraire, Arsenal baissait de pied à partir de ce moment là. Très peu de présence hormis une course en profondeur de Van Persie qui aboutissait à un lob raté du Néerlandais (77e). L'OM tenait un bon point. Celui qui lui a fait défaut à l'aller mais qui sera peut-être décisif pour les huitièmes de finale. Encore un effort contre Le Pirée, défait 1-0 sur la pelouse de Dortmund, et l'affaire sera dans le sac.

Réactions

Didier Deschamps (entraîneur de Marseille): "On se positionne. On a perdu bêtement et injustement contre eux au match aller. Ce point-là nous permet d'avancer. Il nous reste deux matches et on sait ce qui nous reste à faire. Les joueurs, comme moi, avaient la sensation qu'on pouvait aller arracher la victoire. Mais Arsenal adore contrer, il fallait donc avoir un minimum de prudence. Je suis satisfait de ce que j'ai vu. On a eu beaucoup de frappes qui sont passées pas loin, face à un adversaire en pleine forme. C'est un bon point, même si on aurait peut-être pu gagner. Le prochain match chez nous peut nous qualifier. Ca dépendra de ce que viendra faire Dortmund ici. Les joueurs ont fait des efforts les uns pour les autres, ce qui nous a permis d'être performants dans la récupération. Je suis content de voir que mes joueurs ont cet état d'esprit. Je sais qu'ils vont au bout d'eux-mêmes. Le groupe vit bien et il faut s'appuyer là-dessus pour continuer notre chemin. Il y a un petit moment qu'on ne perd pas. Maintenant il faut être capable d'enchaîner en Championnat alors que les matches sont resserrés."

Arsène Wenger (entraîneur d'Arsenal): "(à propos de l'absence de Van Persie en début de match) C'est la fatigue physique, c'est tout. On joue 50 matches dans l'année, Van Persie ne peut pas jouer les 50. Nous n'étions pas très affûtés physiquement. Marseille a mieux commencé et ensuite nous sommes rentrés dans le match. Marseille a très bien défendu et nous n'étions pas assez affûtés pour les déborder. C'est difficile d'être au maximum trois jours après un gros match (la victoire 5-3 à Chelsea). Marseille a fait un bon match, très solide, le point n'est pas totalement immérité pour eux. En deux matches contre eux, nous avons pris quatre points. Compte tenu de nos deux performances contre eux, ce n'est pas si mal. Marseille a montré un bon esprit d'équipe, de corps et de discipline. Ils ont magnifiquement travaillé ensemble et ont été beaucoup plus convaincants qu'il y a quinze jours. Nos envolées offensives ont manqué de classe et de justesse dans les 30 derniers mètres. C'est surtout ça qui nous a manqué ce soir".

Steve Mandanda (gardien de Marseille): "C'est un très bon point de pris, mais le match décisif sera celui contre Olympiakos au Vélodrome. Il va falloir garder l'état d'esprit de ce soir avec la même détermination. On a l'impression qu'il y avait quelques coups à mieux négocier pour prendre les 3 points. Mais c'est un bon résultat. Quand on gagne, forcément la confiance revient. Il ne faut surtout pas se relâcher, c'est loin d'être fini.

Benoît Cheyrou (milieu de terrain de Marseille): "On était bien en place avec un bon pressing. L'enchaînement des victoires nous a donné de la confiance, de la sérénité. Il reste deux matches pour se qualifier, pour l'instant on a 7 points, ce n'est pas fait, il ne faut pas croire que c'est fait. Derrière on a été très solide. Avec plus de sang froid on aurait pu se mettre à l'abri. On est en bonne position, il ne faut pas gâcher ce résultat. Il nous a manqué de maturité offensive pour mieux gérer quelques situations dangereuses".