Jordan Ayew
Jordan Ayew buteur contre Moenchengladbac | AFP-Gérard Julien

Marseille piétine, Bordeaux s'en sort

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L'Olympique de Marseille, rejoint en fin partie, a concédé le nul (2-2) face aux Allemands de Moenchengladbach jeudi lors de la 4e journée de Ligue Europa (Groupe C). Pour le compte du Groupe D, Bordeaux a assuré l'essentiel en l'emportant (1-0) devant l'équipe portugaise du Maritimo Funchal.

L'OM sur courant alternatif

Jusqu'à la dernière minute, l'OM a bien cru tenir une victoire précieuse pour faire un pas supplémentaire pour la qualification dans la compétition. Mais les Marseillais se sont fait piéger dans le temps additionnel par un but d'Aranjo qui permettait à Moenchengladbach d'arracher le match nul. Mais branchée sur courant alternatif, alternant le bon et le moins bon, ayant du mal à garder un rythme soutenu, l'équipe marseillaise a dû batailler face à un adversaire venu au Vélodrome sans complexes. 

Il faut dire que durant toute la partie, les Allemands se sont toujours montrés dangereux. Ils mettaient d'entrée la pression sur les Marseillais. Dès la 12e minute, ils se créaient une première grosse occasion par Herrmann. Sept minutes plus tard, le Borussia profitant d'une grossière erreur de Benoît Cheyrou, ne se gênait pas pour prendre l'avantage: à la suite d'une attaque anodine des Allemands, Cheyrou revenu défendre récupérait le ballon dans sa surface de réparation et d'une relance totalement manquée redonnait le ballon à Arango, qui n'avait aucune peine à servir Hanke lequel trompait Mandanda (1-0, 20).

On se disait alors que la décision d'Elie Baup de faire tourner son effectif était pour le moins risquée. L'OM se présentait en effet avec une charnière centrale inédite, composée du revenant Souleymane Diawara, aligné pour la première fois depuis six mois, depuis sa blessure au genou en mars dernier, et du Brésilien Lucas Mendes, arrivé cet été. Avec Joey Barton au milieu et Jordan Ayew titularisé en pointe, Loïc Rémy coulissant sur la droite, l'OM avait du mal à trouver ses marques. Jusqu'à la seconde période et un premier but de Barton sur un corner direct (1-1, 54). Puis après un beau sauvetage de Diawara devant deux têtes allemandes, l'OM passait devant grâce à Jordan Ayew (2-1, 67), héritant d'un ballon égaré par la défense allemande. Il a alors fait seu, son entrée dans la surface de réparation allemande et a décoché une frappe pour inscrire son 3e but en Europa League.

L'OM semblait se diriger vers une victoire laborieuse mais malgré tout méritée, lorsque ce diable d'Aranjo surprenait une défense marseillaise apathique pour faire évoluer le score. Ce qui modifie la donne au classement, car  Marseille, qui compte toujours le même nombre de points que le Borussia (5), n'aura plus droit à l'erreur en recevant Fenerbahçe lors de la 5e journée avant de se déplacer à Limassol pour l'ultime journée, face à l'adversaire le plus faible du groupe. La deuxième reste donc évidemment possible, car pour la première, elle semble promise à Fenehrbaçe qui a justement dominé Limassol (2-0). 

Service minimum pour les Girondins

Bordeaux n'a pas non plus eu la partie facile face au Maritimo mais s'en est sorti sur une réalisation de Bellion en première période. Les Girondins ont peut-être payé la blessure de Gouffran lors de l'échauffement. Sans son meilleur joueur, auteur de 8 buts toutes compétitions depuis le début de la saison, Bordeaux a en effet paru sans idées. Mais après avoir trouvé la faille face à des Portugais également peu inspirés, les Bordelais se sont appliqués à faire le dos rond et à garder ce petit avantage précoce, sur lequel ils sont de même parvenus à capitaliser. L'essentiel en effet pour les troupes de Francis Gillot, qui recherchaient les trois points est de les avoir obtenus pour revenir dans le sillage du leader Newcastle, tenu en échec à Bruges (2-2).

Malgré tout, la production girondine fut bien poussive à l'image d'un secteur offensif privé d'Obraniak et donc de Gouffran, qui a du mal à se trouver. Heureusement, l'arrière garde centrale, avec un Sané très inspiré au duel, a bien tenu la baraque en repoussant tous les assauts de Portugais volontaires mais manquant de maîtrise et de lucidité aux abords du but de Carrasso.En étant appliqués et sérieux, les Girondins avaient pourtant toutes les chances de remporter ce match face à une équipe lusitanienne encore perturbée par la  claque reçue à Porto le week-end dernier (0-5). Et si l'absence de Gouffran a pu contrarié leurs plans, ils ont trouvé en David Bellion un remplaçant idéal niveau efficacité.  Une occasion, un but pour l'ancien mancunien (16), qui n'avait plus marqué en pro depuis 25 mois. A l'origine, la première attaque placée des Girondins, avec un débordement suivi d'une centre de Maurice-Belay que Bellion coupait de la tête au premier poteau. De quoi prendre confiance et libérer les espaces et se créer des situation intéressantes sans parvenir à concrétiser.

Après la pause, alors que les Portugais sortaient un peu plus la tête de l'eau, Bordeaux, en souffrance dans le jeu et la construction avec les roulements effectués, se contentait de défendre et reculer, pour contenir le forcing des joueurs du Martitimo qui s'accentuait au fil des minutes. le Français de Funchal, Roberge,  déjà buteur à l'aller, pensait bien refaire le coup au retour mais son but à la suite d'un coup de pied arrêté était refusé pour un hors-jeu très limite (85). Bordeaux pouvais souffler. Avec désormais sept points en poche et un adversaire en moins dans la course, les hommes de Francis Gillot auront l'occasion de valider leur billet dès la prochaine journée avec au moins un nul à Bruges.

Déclarations

Elie Baup (entraîneur de Marseille):"Arriver dans les dernières minutes et prendre un but, c'est toujours ressenti douloureusement. On l'avait fait à notre avantage contre Fenerbahçe, on le vit à nos dépens aujourd'hui. Il y avait eu deux alertes avant, il fallait rester concentré, dans la discipline défensive. On a toujours essayé d'aller dans le camp adverse, de construire, ce sont des adversaires qui jouent beaucoup en contre, on n'est jamais à l'abri de ces contres, on le savait. Tout est encore possible dans ce groupe si on gagne les deux matches, à condition qu'eux ne gagnent pas deux fois. Il faut revenir sur le positif, certains joueurs comme Souleymane Diawara ont eu du temps de jeu. On a aussi eu de beaux enchaînements même si on n'a pas toujours bien conclu. (Sur l'erreur de relance de Cheyrou) C'est difficile, il ne faut pas s'arrêter là-dessus, c'est un sportif de haut niveau, il sait ce qui s'est passé. Sur les deux matches (contre le Borussia), il y a beaucoup de situations évitables, mais il ne faut pas se focaliser là-dessus. Il y a de la qualité dans ce match, il y a quelques temps qu'on n'avait pas produit un match de cette qualité. Conserver cette possibilité de se qualifier, c'est la première réaction que l'on a. 

Lucien Favre (entraîneur de Mönchengladbach): "Cela a été un match fort en émotion. Nous menions 1 à 0 à la pause et cela semblait mérité car Marseille a laissé des boulevards parfois derrière. Si on avait mieux mené nos contres, on aurait aussi pu mener 2 à 0. Au début de la seconde période, on n'a pas assez joué, on a eu un peu peur de jouer, on a perdu trop de balles inutiles et Marseille en a profité en percutant par les frères Ayew. Sur leur premier but, Marx n'était pas au 2e poteau, car il était sorti sur blessure, d'où le corner direct. Après les deux buts, dans la tête cela a été dur, nous avons commis quelques erreurs mais l'équipe a finalement réagi et nous avons eu quelques opportunités. Nous aurions pu mieux les exploiter, dans la prise de balle et dans la dernière passe. C'est très très positif, de revenir à 2 à 2 après avoir été mené. Nous avons mérité cette égalisation à une minute de la fin. On a tout donné, les joueurs y ont cru. Tout est ouvert dans ce groupe. On peut dire qu'on a notre destin entre nos mains mais vraisemblablement il faudra gagner deux matches pour se qualifier, un à domicile contre Limassol et un autre à Fenerbahçe, donc, ce n'est pas acquis. On prendra match après match, mais c'est très positif.