"Lui a eu l'honnêteté de me dire qu'il me virerait" : Didier Quillot, première victime de Vincent Labrune

Publié le , modifié le

Auteur·e : Vincent Daheron
Didier Quillot, directeur général de la LFP
Didier Quillot, directeur général de la LFP | FRANCK FIFE / AFP

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Désormais ex-directeur général exécutif de la Ligue de football professionnel (LFP), Didier Quillot a été la première victime de la nomination de Vincent Labrune au poste de président de la Ligue. Selon nos informations, son éviction ainsi que l'élection de Vincent Labrune ont eu lieu lors d'une assemblée générale houleuse. Récit de l'assemblée réunie ce jeudi au siège de la LFP.

La première décision du tout nouveau président de la LFP, Vincent Labrune, ne s'est pas faite attendre longtemps. "Didier Quillot ne restera pas, je l'ai rencontré il y a trois jours et lui avais déjà dit qu'il ne resterait pas si j'étais élu", exprime, selon nos informations, le tout nouveau patron de la LFP pour son discours d'intronisation. Âgé de 61 ans, Quillot était arrivé en 2016 au poste de directeur général exécutif de l'instance pour former un duo avec la présidente de ces quatre dernières années, Nathalie Boy de la Tour. Ancien dirigeant de France Télécom, Lagardère puis Coyote, Didier Quillot avait pris de plus en plus d'importance au sein de la LFP, sans que l'on sache parfois qui de Nathalie Boy de la Tour ou lui dirigeait véritablement l'institution. Il avait été notamment en grande partie l'artisan du contrat record de plus d'un milliard d'euros de droits TV ficelé avec Mediapro

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"Je ne savais pas que j'étais clivant au point d'avoir l'ensemble du foot professionnel contre moi"

Mais Didier Quillot savait ce que l'élection signifiait pour lui. Toujours selon nos informations, lors de l'assemblée générale de ce jeudi, il raconte aux membres réunis que Vincent Labrune l'avait prévenu : "J'ai été effectivement prévenu par Monsieur Labrune que je ne serais plus DG s'il était élu. C'est la vie. Je ne savais pas que j'étais clivant au point d'avoir l'ensemble de la population du football professionnel contre moi. Je ne l'avais pas compris, j'en suis déçu et j'en suis désolé. Mais au moins, lui avait eu l'honnêteté de me dire qu'il me virerait s'il était élu." Une façon plus ou moins subtile de préciser que Michel Denisot, grand favori avant le vote, ne l'avait lui pas informer d'une décision qu'il aurait certainement prise aussi. Cette décision n'est d'ailleurs pas sans conséquences financières pour la LFP qui devra payer les deux ans et demi de contrat restant à Didier Quillot, qui souhaite partir "dans le respect de (son) contrat de travail".

Passe d'armes entre Didier Quillot et Jean-Michel Aulas

Mais avant de quitter la LFP, Didier Quillot a vécu une dernière assemblée générale assez houleuse et agitée notamment face au président de l'Olympique Lyonnais, son adversaire déclaré suite à l'arrêt dès le mois de mars de la dernière saison de Ligue 1. Lors de cette AG ce jeudi, Jean-Michel Aulas se lève à un moment donné et l'interpelle violemment  : "Monsieur Quillot, il y a des fuites, il y a déjà des informations de notre AG dans L'Equipe." Ce à quoi le désormais ex-directeur général exécutif lui répond : "Ce n'est pas possible, aucun communiqué n'est encore sorti !" Mais Jean-Michel Aulas ne décolère pas et renchérit en brandissant son portable : "C'est marqué, je l'ai sur mon téléphone." Didier Quillot lit alors attentivement tout en restant calme et poli contre l'agacement du président de l'OL. "Regardez, "selon nos informations" donc ce n'est pas un communiqué de la LFP, ça peut très bien être un des Présidents qui a téléphoné ou qui a envoyé un SMS..." Mais Jean-Michel Aulas, passablement énervé, ne veut rien savoir.

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Autre symbole du malaise qui règne désormais au sein des instances du football français, le président de la Fédération (FFF) Noël Le Graët a quitté l'AG désabusé. Michel Denisot, qui aurait été son favori pour le poste n'a pas été choisi. Parmi les explications avancées, sa présentation aurait été peu convaincante. Quant à Vincent Labrune, élu président de la Ligue malgré un vote de 53.7% de l'AG contre lui, il a en vain tenté de jouer les rassembleurs face au patron de la FFF : "Monsieur Le Graët, vous êtes la première personne que je rencontrerai." Ce dernier ne le regarde même pas, et détourne même les yeux. Cette AG qui devait permettre aux dirigeants du football français de retrouver un semblant de cohésion après des mois de passe d'armes, semble avoir au contraire accentué davantage encore les divisions.

Michel Goldstein et Vincent Daheron