Longue conciliation, confiance dans le projet, flou sur les finances : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de Mediapro

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Auteur·e : Apolline Merle
Mediapro
Le directeur général de Mediapro, Jaume Roures, s'exprime lors d'une conférence de presse à Paris le 21 octobre 2020. | FRANCK FIFE / AFP

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Après avoir refusé de payer les droits télévisuels du championnat de France en octobre, Mediapro a tenu une conférence de presse ce mercredi. Nombre d'abonnées, projet maintenu, conciliation avec la LFP, voici ce qu'il faut retenir de cette conférence de presse.

► Mediapro "a toujours confiance dans le projet"

La première chose à retenir, c'est bien le maintien du projet Mediapro. Le directeur général, Jaume Roures, qui a tenu la conférence de presse ce mercredi, a insisté de nombreuses fois sur la confiance donnée au projet Téléfoot. "Nous avons gagné un appel d'offres il y a deux ans. Il n'était pas surpayé, en comparaison avec les autres ligues européennes. Pour 80% de la Ligue 1 et 780 millions, c'était un prix correct. Les associés chinois sont entrés par la suite dans notre capital. Notre projet était pour quatre ans. Nous le maintenons. Nous savions qu'il ne serait pas rentable dès la première année et que nous n'aurions pas des millions d'abonnés dès le premier jour. On se tient à ce projet", a rappelé Jaume Roures. 

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► Une conciliation lancée... et qui peut durer 

Mais le directeur général a tenu à justifier cette situation qui a tendu, depuis plusieurs semaines, les relations entre Mediapro et la Ligue de football professionnelle (LFP). Car pour lui, les difficultés du diffuseur sont la conséquence de la crise sanitaire. "Personne ne pouvait prévoir les effets socio-économiques du Covid. Cela nous a amenés à voir avec la Ligue comment nous adapter à cette situation, sans remettre en cause l'engagement d'avril 2018. Tout le bruit provoqué ne bénéficie ni à la Ligue ni à nous", a souligné Jaume Roures, au sujet du tourbillon médiatique qui a démarré il y a quelques semaines. "Nous avons confiance dans la procédure de conciliation. Celle-ci prendra plusieurs semaines, nous avons le temps de trouver des solutions raisonnables", a-t-il déclaré. 

"Je ne peux pas croire qu'on ne va pas s'en sortir"

Pour Jaume Roures, le processus de conciliation est la bonne solution, dans lequel il a d'ailleurs toute confiance: "Je ne vois pas pourquoi on ne trouverait pas de solution. Le contrat est fait pour durer. Nous avons cette volonté-là. La seule chose que nous demandons, c'est de nous adapter à la situation pour cette saison. Je ne peux pas croire qu'on ne va pas s'en sortir. Nos demandes concernent cette saison, impactée par la Covid." Avant d'ajouter : "J'espère que le lien n'est pas irrémédiablement cassé (avec la LFP)."

► 600 000 abonnements

Alors que le chiffre de 275 000 abonnés avait été évoqué dans la presse, Jaume Roures l'a balayé d'un revers de main. Le groupe sino-espagnol recense, selon son directeur général, 600 000 abonnés aux chaînes Téléfoot. L'été dernier, le groupe avait tablé sur 3,5 millions d'abonnés, soit le point d'équilibre de la chaîne. Un chiffre remis en perspective ce mercredi. "Jamais nous n'avons dit qu'il nous fallait 3 millions ou 3,5 millions d'abonnés dès la première saison. Je suis venu pour dire que Telefoot va continuer", a insisté Jaume Roures. 

► Les finances toujours dans le flou

Mercredi matin, Capital a dévoilé l'état des liquidités du groupe Mediapro. Selon une estimation de l'agence de notation Moody's, le groupe sino-espagnol ne possède que 113 millions d'euros dans ses caisses. Bien loin des 172 millions attendus en novembre par la LFP, tout comme les 150 millions supplémentaires prévus en décembre. Des chiffres que Jaume Roures n'a pas confirmé. "Je ne dis pas qu'on n'a pas la possibilité de payer mais que nous sommes dans un processus d'adaptation à une crise qui touche tout le monde. Si les bars et les restaurants sont fermés, cela a des conséquence pour nous (en raison de la diffusion des matches dans ces établissements). On n'est pas les premiers à ne pas payer (référence à Canal + et beIN Sports la saison dernière)" a-t-il ajouté.

Au sujet de la prochaine échéance, Mediapro botte en touche. "Il n'est pas possible de dire qu'il y a une échéance le 5 décembre puisqu'il y a une procédure de conciliation (au tribunal de commerce de Nanterre). La question des échéances, elle n'a pas beaucoup de sens. Tout est sur la table pour permettre à tout le monde de s'en sortir. La discussion portera sur les conditions dans lesquelles le foot français pourra être correctement diffusé et rétribué." Le directeur général s'est voulu serein : "Notre actionnaire chinois, comme tous les autres actionnaires, soutient l'entreprise."