Auteur d'une passe décisive et d'un but, Arjen Robben est l'homme du match
| ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

L'OM au pied du mur

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Moins d'une semaine après sa défaite 2-0 au stade Vélodrome, l'Olympique de Marseille est condamné à l'exploit mardi sur le terrain du Bayern Munich s'il veut disputer les demi-finales de la Ligue des champions. La qualification paraît improbable pour un OM en pleine crise sportive, qui reste sur neuf matches sans victoire dont huit défaites toutes compétitions confondues, la pire série de l'histoire du club.

La Ligue des champions était jusqu'à présent le bol d'air des Marseillais, piteusement éliminés en Coupe de France et seulement neuvièmes de Ligue 1 à 16 points de Lille, qui occupe la 3e place (la dernière qualificative pour la Ligue des Champions la saison prochaine). Bien loin donc de pouvoir s'offrir une nouvelle aventure dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Mercredi dernier, face au Bayern, le Vélodrome n'a pas connu l'ambiance des grands soirs, des groupes de supporteurs ayant manifesté leur mécontentement en déployant des banderoles hostiles à Didier Deschamps et à ses joueurs. Loin de ce climat pesant, les Marseillais vont donc tâcher d'entretenir un très mince espoir de qualification face à des Bavarois déjà impressionnants de maîtrise et d'expérience à l'aller et d'autant plus redoutables sur leur terrain, où ils ont remporté leur cinq matches européens cette saison, dont le dernier 7-0 face au FC Bâle.      

Même si sa prestation au Vélodrome n'a pas été indigne, que peut réellement  espérer l'OM de ce match retour en Bavière, si ce n'est un véritable miracle ? Car avec les deux buts de Gomez et Robben mercredi dernier, le Bayern Munich a  fait un pas immense vers les demi-finales  "On a une chance mais elle est infime. Perdre 2-0 le match aller à la maison ne nous met pas dans la meilleure des situations", reconnaissait Didier Deschamps juste après la défaite. "On va jouer dans un superbe stade face à la même équipe On fera de notre mieux pour obtenir le meilleur résultat possible, en sachant que le Bayern est très bon à domicile", ajoutait l'entraîneur marseillais. L'OM, qui n'avait plus atteint ce niveau de la compétition depuis sa victoire en finale en 1993, a déjà renversé des situations compromises cette saison en Ligue des Champions face au Borussia Dortmund ou à l'Inter Milan. Du côté du vieux Port où l'on est prompt à critiquer le moindre mauvais résultat d'un club souvent enfiévré, on nage entre deux eaux, crachant son venin sur cette équipe qui ne porte pas avec respect les couleurs olympiennes, mais en même temps confiant, en estimant que vaincre à Munich ne relève pas de la mission impossible. Ce à quoi les plus pessimistes répondent qu'il ne suffira pas de gagner mais de marquer au moins deux buts de plus que l'adversaire. Ce qui évidemment complique un peu plus la tâche.

Croire au miracle

Mardi à l'Allianz Arena, où ils comptent bien revenir le 19 mai pour la  finale, Ribéry et ses coéquipiers n'ont pourtant  plus qu'à gérer en faisant preuve d'un minimum de sérieux pour mettre fin au parcours d'un OM mal en point, qui cherche encore des solutions pour se relancer alors que s'accumulent les résultats médiocres. Comme au match aller, il faudra faire sans Diawara, blessé, ni Diarra, qui a pris un avertissement à l'aller, et qui est sous le coup d'une suspension. Mais les  Marseillais, qui retrouvent leur capitaine et gardien Steve Mandanda, suspendu au match aller, n'auront de toute façon rien à perdre dans cette rencontre. Donnée battue et éliminée, l'équipe marseillaise va tout tenter pour faire mentir les observateurs du football européen, et veut y croire quand même. D'autant qu'au-delà du résultat du club phocéen, c'est tout un pays qui est concerné. Dernier club français en lice sur la scène européenne, l'OM porte une partie de l'avenir continental du football français.En cas d'élimination des Marseillais, le Portugal prendra la cinquième place au classement UEFA, ce qui obligera notamment le troisième de Ligue 1 à passer un tour préliminaire de plus en Ligue des champions.    

Voilà donc les Marseillais au pied du mur. Si le miracle reste possible, ils ne sont pas pour autant donnés favoris. Raison de plus pour aller de l'avant sans calculer, afin, s'ils doivent malgré tout sortir de la compétition, de le faire la tête haute en ayant rendue une copie la plus satisfaisante possible. Ne fût-ce que pour se rassurer pour la fin de la saison.  

Christian Grégoire