Limiter les pertes, lever les inconnues: les défis de la L1 version 2021

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Auteur·e : AFP
Nathalie Boy de la Tour et Didier Quillot, les deux patrons de la LFP
Nathalie Boy de la Tour et Didier Quillot, les deux patrons de la LFP. | AFP - FRANCK FIFE

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Limiter les pertes financières, bâtir une équipe pour jouer ou non l'Europe, réussir le lancement de Mediapro et réformer sa gouvernance: la Ligue 1 doit résoudre plusieurs équations complexes en vue de la saison prochaine.

Fixer une reprise, l'Europe en tête

Sitôt la page 2019-20 tournée, la Ligue de football professionnel (LFP) s'est projetée jeudi sur un démarrage de l'exercice suivant "le 22 et 23 août, au plus tard". "Si le gouvernement nous permet de rejouer, y compris à huis clos, nous examinerons la possibilité de jouer début août les finales de la Coupe de la Ligue et Coupe de France, en lien avec la Fédération et l'UEFA", a ajouté le directeur général Didier Quillot.

Jouer ou non ces finales déterminera en effet l'avenir des clubs français en Ligue Europa. En l'état, les tickets pour la C3 sont entre les mains de Nice (5e) et Reims (6e). Mais ils pourraient leur échapper au profit de Saint-Etienne, si les Verts gagnaient la Coupe de France, ou de Lyon, si l'OL remportait la Coupe de la Ligue. "La difficulté pour Saint-Etienne, Lyon, Reims et Nice c'est que si ça se passe comme c'est prévu, on va se retrouver à devoir attendre le dernier moment pour savoir si on joue ou pas l'Europe. En termes de budget, de mercato... ce n'est pas simple", a commenté le président niçois Jean-Pierre Rivère.

Soigner les finances des clubs

Entre l'arrêt de la L1 mi-mars et la reprise espérée en août, les clubs auront des recettes amputées partiellement (droits TV) ou totalement (billetterie), et des charges salariales ou de fonctionnement toujours très élevées. "Six mois sans recettes, comment on fait? Comme le tourisme ou l'aérien nous sommes un secteur sinistré", déclarait cette semaine à l'AFP un président de L1.

Ce dirigeant espérait un prolongement du chômage partiel pour les clubs et la conclusion d'accords salariaux avec les joueurs, alors que les négociations sur une baisse de rémunération patinent en France. "Si les droits télés de la saison ne devaient pas être intégralement versés (par les diffuseurs Canal et BeIN, NDLR), il faudrait aller plus loin", glisse-t-on d'ailleurs à l'OM.

Le président de Montpellier se montre plus serein. "Avec les fonds propres et un prêt, on arrivera jusqu'au mois d'août. Si à ce moment-là, on n'a pas l'apport de Mediapro, ce sera un peu plus compliqué", expliquait mardi à l'AFP Laurent Nicollin.

Réussir les débuts de Mediapro

C'était l'obsession de nombreux acteurs du foot français ces derniers jours: enterrer la saison 2019-20 au plus vite et se concentrer sur la suivante, point de départ du nouveau cycle des droits TV (2020-2024), dépassant pour la première fois le milliard d'euros annuel. "On sait que Mediapro sera le nouveau diffuseur à partir de la saison prochaine. On ne va pas se faire hara-kiri deux fois. La saison est morte, elle est morte. Sinon, cela serait double peine", a résumé Nicollin.

Nouveau venu en France, le groupe audiovisuel espagnol a répété son souhait de lancer sa chaîne cet été et d'honorer ses premiers versements, malgré les incertitudes sanitaires et de calendrier. "On a eu une réunion entre la Ligue et certains présidents. On s'est mis d'accord sur le futur (...) mais on restera sur les mêmes paramètres en fonction du jour où le championnat commencera", a assuré Jaume Roures, le patron de Mediapro, dans un entretien récent à l'AFP. "Ca ne va rien changer à l'accord que l'on a", a-t-il poursuivi.

Réformer la gouvernance de la Ligue

La réforme de la gouvernance de la LFP, organisatrice des championnats professionnels de première et deuxième divisions, était déjà lancée avant la pandémie. Les dernières semaines, agitées en coulisses, l'ont rendue plus urgente. "Je pense que la gouvernance de la Ligue a vécu avec cette crise", a tonné le président de l'OL Jean-Michel Aulas, jeudi, dans un entretien à l'AFP et au journal régional Le Progrès. "La gouvernance dans cet épisode a été discutable, la quasi-totalité des présidents le pense", a-t-il insisté en évoquant des "décisions mal bordées".

Certaines failles ont d'ailleurs été admises par Nathalie Boy de la Tour. La gouvernance, qu'elle partage avec Didier Quillot, "n'est pas, aujourd'hui, à son top", a reconnu la présidente de la Ligue, qui la souhaite "plus ramassée" à l'avenir. "On a besoin de simplifier nos statuts. C'est un travail qui doit être réalisé", a conclu celle dont l'actuel mandat court jusqu'en novembre 2020.

AFP