La joie de Kalou et Digne pour Lille
La joie de Kalou et Digne pour Lille | PHILIPPE HUGUEN / AFP

Lille a tout d'un grand

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Lille a réussi son pari. Face à la résistance des Lions de Copenhague, les Nordistes ont fini par s'imposer 2-0 après prolongations et obtiennent leur billet pour la phase de poules de la Ligue des champions. Digne avait remis les deux équipes à égalité avant la pause (43e) mais c'est De Melo qui a libéré le Losc à la 105 minute. Avec Montpellier et Paris, directement qualifiés, il y a aura trois clubs français en C1.

Le Losc dans le chapeau 3
Lille et le Paris SG figureront dans le chapeau 3 lors du tirage au sort de la phase de poules de la Ligue des champions jeudi. Les deux clubs espèrent bien éviter Manchester City, champion d'Angleterre et épouvantail du chapeau 2. Montpellier, 31e équipe sur 32 au classement UEFA, attendra lui son sort en tremblant dans le chapeau 4.

C'est "Le match de l'année" assurait-on à Lille depuis une semaine. Le premier, c'est sûr ! Et peut-être pas le dernier car le Losc fera bien partie des étoiles après avoir mangé du Lion. Sur sa faim après le match aller (1-0), le club nordiste n'avait pas le droit de se louper au retour. Un jeu à haut risque face à des Danois dangereux et ambitieux. L'échappée de Santin était là pour prouver les velléités de Copenhague. Heureusement, il enlevait trop sa frappe face à Landreau (5e). Pas échaudé par ce coup de crinière, Lille montait en régime et s'installait devant le but de Wiland. Grâce à une pluie de coups francs, les Dogues s'offraient quelques occasions d'ouvrir le score mais les têtes de Basa (18e), de Chedjou (26e) ou la reprise de Martin (12e) rataient leur cible. Dans le jeu, Lille n'était pas mal non plus, surtout que Copenhague ne fermait pas trop les portes. En théorie, ça devait plaire aux hommes de Garcia. Sur un superbe mouvement collectif, le ballon filait jusqu'à Mavuba dans la surface mais l'International privilégiait la force à la finesse et ratait le cadre (23e). Malgré ces échecs répétés, le Losc insistait par ce diable de Kalou, le plus actif et le plus percutant ce soir. Seul sur l'aile droite, l'Ivoirien débordait et osait une frappe impossible plus proche du centre que du tir. Wiland déviait légèrement pour …Lucas Digne. En position haute dans son couloir, le défenseur nordiste se précipitait et fusillait le portier danois (1-0, 43e). Les deux équipes se retrouvaient à égalité mais il manquait encore un but pour faire la différence.

De Melo libère le Losc

Après la pause, Lille évitait de se jeter dans la gueule du Lion. Du coup, Copenhague pointait le bout de son nez et donnait des sueurs froides au grand stade lillois (55e). Les Dogues mettaient une vingtaine de minutes à reprendre le fil. Sur un coup franc, De Melo était à deux doigts de doubler la mise mais sa tête croisée frôlait le poteau (66e). De quoi se prendre la tête à deux mains… Dominateur dans les airs, le Brésilien était la cible préférée des offensives nordistes. On le trouvait encore mais pour une tête trop molle (78e, 90e) ou pour cette tentative repoussée par la barre (84e). L'air devenait irrespirable dans ces dernières minutes du temps réglementaire. Il faudrait encore du souffle car les deux équipes allaient se disputer un billet pour la C1 aux prolongations ou plus si affinité. Peu sollicité jusque-là, Mickaël Landreau sauvait le Losc avec sortie au pied dès le début de nouvel acte (92e). Lille tremblait mais avait encore des ressources. Garcia avait eu la bonne idée de remplacer Payet, toujours en proie à des problèmes de finition, par Nolan Roux. Lancé vers le but, l'ancien brestois s'emmenait bien le ballon de la tête et centrait pour De Melo. Cette fois, c'était la bonne pour le Brésilien d'une tête hors de portée de Wiland (2-0, 105e). Le Losc avait fait le plus dur. Il restait quinze minutes à tenir malgré la fatigue et les crampes. Mais ce Lille là ne lâchait rien, si heureux d'avoir terrassé le Lion. La nuit sera chaude dans la capitale du Nord. Elle sera longue jusqu'au tirage au sort prévu jeudi à partir de 18h00. D'ici là les grands noms vont circuler. Celui de Paris, attendu dimanche dans le Grand Stade, le sera lui aussi.

Mönchengladbach frôle l'exploit

Les Allemands de Mönchengladbach ont été  les victimes les plus en vue des barrages pour la phase de poules de la Ligue des champions, éliminés mercredi malgré leur victoire par 2 à 1 au match retour  chez le Dynamo Kiev, qui s'était imposé chez eux à l'aller, 3 à 1. Les autres qualifiés du jour sont le Spartak Moscou, les Roumains de Cluj et le Celtic Glasgow.

Réactions

Rudi Garcia (entraîneur de Lille): "C'est le match que j'attendais. On n'a pas été submergé par l'enjeu ou par la pression. Je disais aux garçons en entame de causerie qu'on faisait ce métier pour vivre ces moments-là et je trouve qu'on a été très bons dans l'approche du match et dans plein de domaines. On avait décidé d'emballer le match, on l'a bien fait. Par contre on était parfois un peu sur le fil du rasoir à cause des contres danois. En se rééquilibrant défensivement en deuxième période, on a peut-être été un peu moins dangereux. Mais on a été beaucoup plus solides. Et on est redevenu dangereux en prolongation. On a beaucoup tenté. Mettre deux buts sans en encaisser, cela suffit à notre grand bonheur. Je suis content pour (le président Michel Seydoux), pas sur le plan financier mais sur le plan de l'émotion collective. On a eu un public magnifique, qui nous a poussés. On va être au tirage (jeudi à 18h00). Il faut savourer et féliciter les joueurs parce qu'ils ont été grands. Je suis vraiment content pour eux. Tout le groupe a été important et bien évidemment les trois changements aussi. Cela a redonné du souffle à l'équipe. Je nous ai trouvés très mature dans la gestion de ce match. C'est une soirée très positive. Cela prouve qu'on a appris de notre campagne de Ligue des champions la saison dernière. On a joué une équipe de Copenhague qui est une très bonne équipe. Je savais qu'en étant à notre meilleur niveau, on pouvait être supérieur à cette équipe. On a eu une équipe très performante sur le plan défensif. On sait qu'avec +Micka+ (Landreau) on a un dernier rempart de haut niveau. Mais franchement c'est l'affaire de tous ce soir."

Michel Seydoux (président de Lille): "C'est un formidable moment, notre première victoire dans ce merveilleux Grand Stade. C'est une de mes belles émotions de président de club. Car évidemment, ce but vaut cher. Un échec aurait été difficile à avaler étant donné notre performance. On a vu un très beau match de football. Les Danois ont été également très bons. C'est une belle soirée. Je n'avais pas de billets pour aller à Nice au tirage au sort (à Monaco). Je vais me débrouiller pour y être quand même. Ça promet de belles affiches".

Rio Mavuba (milieu et capitaine de Lille): "On avait dit que sur les deux rencontres, la meilleure équipe allait passer. On a confirmé ce soir que le match aller était un accident même si c'était une vraie bonne équipe en face. On a bien géré la semaine qui a suivi et le match qu'on fait à Nice où l'on ne perd pas pèse beaucoup dans la balance je pense. Maintenant il y a le tirage, j'espère qu'on va éviter Barcelone. On a déjà assez couru après le ballon ce soir. Par contre, j'aimerais bien retrouver Chelsea pour recroiser Eden (Hazard). Ce serait sympa".

Nolan Roux (attaquant de Lille): "C'est encore mieux de la décrocher sur la fin. On l'attendait depuis un moment. Le match a été stressant. Maintenant, l'ambition, ça va être de gagner tous les matches. Il faudra mettre les mêmes ingrédients que ce soir. Le match aller était compliqué, on a bien géré la semaine et on a montré beaucoup de détermination".

Mickaël Landreau (gardien de Lille, rappelé en équipe de France mercredi): "C'est une grande journée. Je suis super content de vivre cette journée-là et d'avoir aussi cette récompense en équipe de France. Pour moi cela représente énormément de choses. J'ai fait toutes les sélections (des jeunes aux A) et j'ai aussi vécu des moments qui n'étaient pas simples. C'est une super journée".

Ariel Jacobs (entraîneur du FC Copenhague): "Dans le football professionnel, il n'y a qu'une chose qui compte, c'est le résultat, la réalité des chiffres. Le déroulement du match était plus ou moins prévisible. Nous savions que nous allions avoir des espaces que nous allions devoir exploiter. Un but peut changer toute une physionomie de match. Ces occasions pour nous et bien sûr le but de Lille juste avant la mi-temps sont des moments-clés dans un match comme celui-ci. La grosse majorité du danger est venue des phases arrêtées. Ca, on le savait. Quand nous avons commencé la campagne européenne, l'objectif c'était surtout de sauvegarder un automne et un hiver européens. On savait que ça n'allait pas être facile face à Bruges (au tour précédent en C1) mais nous avons réussi cela. On savait que le match (contre Lille) n'allait pas être des plus tendres, alors des regrets, mais..."