Fanni-OM
Fanni, buteur marseillais | AFP-Boris Horvat

Marseille fait exploser Limassol

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L'Olympique de Marseille s'est facilement imposé (5-1) devant Limassol, jeudi soir lors de la 2e journée d'Europa League (groupe C), au terme d'une rencontre ou il a montré deux visages. Après une première mi-temps insipide, où ils ont été bousculés et dominés, les Marseillais ont changé de braquet, retrouvant du rythme et du mouvement, pour finalement faire exploser des Chypriotes, qui ont craqué physiquement.

Ce match venait dans une période un peu compliquée pour l'Olympique de Marseille, entre le traumatisme de la lourde défaite à Valenciennes, et le rendez-vous épique face au PSG dimanche. Il n'empêche que les Marseillais avaient le devoir de ne pas brader ce rendez-vous européen, et de montrer un visage conquérant.

Une leçon de récupération

Ce ne fut pas vraiment le cas pour une équipe marseillaise remaniée où certains titulaires, privés de temps de jeu depuis le début de la saison, n'ont pas su profiter de l'occasion qui leur était donnée de se mettre en évidence. En face au contraire, les Chypriotes faisaient preuve de beaucoup d'envie et de détermination. Malgré un festival de fautes techniques, le match promettait beaucoup surtout grâce aux joueurs de Limassol qui donnaient aux Marseillais une leçon de récupération. Ils étaient sur tous les duels et prenaient le temps de remonter leurs ballons alors que les Marseillais, qui alignaient un milieu très défensif, avaient du mal à mettre le pressing sur leurs adversaires. 

La première période fut à l'avantage de Limassol, une équipe, athlétique et déterminée, qui avait véritablement envie de prouver et qui compensait ses difficultés techniques par beaucoup de solidarité. Les Marseillais eux n'étaient pas dans le match. Battus dans l'impact et dans l'engagement, ils ne pesaient pas beaucoup sur la défense chypriote. Hormis un slalom de Jordan Ayew, un tir dévissé de Rémy et une tête pas cadrée de Fanni sur un coup franc enroulé de Barton. Pour le reste, ce furent les hommes de Christoloulou qui firent l'essentiel du jeu. Ils récupéraient l'essentiel du ballon et mettaient la pression sur les Marseillais. A force de pousser, ils allaient forcer la chance. Sur leur premier corner, mal négocié par la défense de l'OM, les Chypriotes se montraient encore les plus prompts et la reprise de Ouon trompait Mandanda (1-0, 22e). En pleine confiance, ils continuaient de pousser et Dede était tout près de doubler la mise. Les Marseillais ne parvenaient pas à endiguer l'agressivité des Chypriotes et avaient même tendance à s'énerver un peu. Ils avaient bien du mal à sortir le ballon rapidement et semblaient un peu trop passifs dans la rencontre.

Ils allaient pourtant revenir au score en fin de première période peu avant la fin de la première période. Après un tir contré de Barton, plutôt en vue sur la rencontre, l'Anglais adressait un corner parfait sur la tête de Mendes qui prolongeait vers Fanni, lequel ajustait à son tour une tête hors de portée de Degra, le portier de l'AEL. (1-1, 42e). Dans la foulée, Limassol repartait de l'avant et il fallait une superbe parade de Mandanda sur une frappe de Montero (45+2) pour permettre aux deux équipes de rentrer aux vestiaires sur un score de parité.     

Le réveil marseillais

En deuxième période, les Chypriotes revenaient avec les mêmes intentions. Mais ils commençaient à s'émousser physiquement. Dans le même temps, la rentrée de Valbuena redynamisait un OM un peu trop attentiste. Le petit attaquant se mettait rapidement en évidence. Sur son premier déboulé il obtenait un corner qu'il tirait lui-même; il trouvait Mendes qui, profitant d'une erreur de marquage, reprenait de la tête et donnait l'avantage aux Marseillais (2-1, 51e).  

Dès lors, la rencontre baissait de rythme et les Chypriotes, si maîtres de leur sujet avant la pause, ne parvenaient plus à se projeter rapidement vers l'avant, ni à se mettre en position. D'autant que quelques joueurs, touchés dans des accrochages, laissaient quelques plumes dans les duels. Profitant de la baisse de régime de leurs adversaires, les Marseillais allaient un peu mieux, mais manquaient encore de consistance. Il fallait finalement attendre un des rares temps fort de l'OM, alors que les Chypriotes étaient réduits à dix puisqu'un de leurs joueurs se faisait soigner, pour que le match bascule sur un débordement de Jordan Ayew, dont le centre trouvait la tête de Rémy, jusque là très discret, lequel  s'y prenait à deux fois face à Degra pour permettre à son équipe de faire le break (3-1, 76e).    

Le match changeait de physionomie, avec des Marseillais qui s'étaient décidés à mettre enfin du mouvement, ce qui avait eu pour effet immédiat de déstabiliser des Chypriotes qui commençaient à tirer la langue. Après leur 3e but, les joueurs d'Elie Baup s'appliquaient à gérer sans prendre trop de risques inconsidérés, en évitant les blessures, dans la perspective des prochaines échéances. Le collectif de Limassol devenait de plus en plus distendu, les joueurs ne se trouvaient plus, manquant de ressources pour construire comme ils avaient su le faire en première période, et leurs combinaisons manquaient de liant. Les Marseillais s'offraient alors quelques occasions dont cette frappe enroulée de Gignac (85e) qui s'écrasait sur le poteau gauche de Degra. Et le plus beau but de la soirée, sur un une-deux d'école entre Rémy et Gignac permet à ce dernier de faire gonfler le score. (4-1, 90e). Dans le temps additionnel, face à une défense Chypriote qui abandonnait désormais le terrain, Rémy enfonçait le clou (5-1, 90+3). 

Christian Grégoire