Fernando Llorente
L'attaquant espagnol de la Juve, Fernando Llorente | AFP

Les revanches de Llorente

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Fernando Llorente (Juventus) peut prendre une triple revanche contre Benfica jeudi à Turin, en demi-finale retour de l'Europa League: prouver à l'Espagne qu'il a eu raison de s'exiler, gagner enfin cette compétition, et peut-être une place pour le Mondial.

La Juve, le bon choix

Llorente  forme avec Carlos Tevez l'attaque la plus performante d'Italie (34  buts, comme Immobile et Cerci du Torino, l'autre club de la ville). Son profil  de girafe et son jeu de tête se complètent parfaitement avec le style de puma  du guerrier argentin. Le Navarrais a déjà marqué 15 buts en Serie A, le dernier lundi sur une  sublime talonnade à la Madjer contre Sassuolo (3-1), et la Juve se félicite de  son recrutement. Mais tout avait très mal commencé. Après six mois de mise au ban à l'Athletic Bilbao, qui n'acceptait pas de voir partir libre son enfant chéri, la mise en route à Turin a été horriblement difficile. Dépassé physiquement, perdu dans les schémas tactiques au té et compas d'Antonio Conte, le grand blond a d'abord été vu comme le flop du mercato. "J'ai beaucoup douté, j'ai même cru abandonner", confiera-t-il plus tard. Mais il a "baissé la tête, continué à lutter", jusqu'à l'explosion à l'automne, avec quatre buts en cinq matches.

Une seconde chance en Europa League

Une finale de C3, Llorente  en a déjà joué une, et l'a lourdement perdue,  avec Bilbao contre l'Atletico Madrid de Falcao (3-0, doublé du Colombien), à  Bucarest, en 2012. Pointe du système de Marcelo Bielsa, alors entraîneur des  Basques, il n'avait guère vu le ballon. Il avait pourtant été un des héros du parcours des Basques, marquant six  buts, dont deux lors de la fameuse victoire contre Manchester United en 8e de  finale (3-2/2-1), et celui de la qualification pour la finale à deux minutes de  la fin du match retour contre le Sporting Portugal (1-2/3-1). Exactement comme la Juve, le buteur espagnol voit dans la C3 l'occasion de  racheter brillamment un parcours manqué en Ligue des champions. "Nous avons gagné une bataille, a-t-il dit après Sassuolo, reste à venir la guerre" pour  remonter le but de retard contre Benfica (2-1).

Le Brésil, rêve lointain

Llorente a tout fait pour se faire remarquer du sélectionneur Vicente Del  Bosque, et veut saisir l'exposition internationale de ce Juve-Benfica pour  insister encore: il espère toujours entrer dans le groupe de la "Roja". Mais à 29 ans (24 sélections, 7 buts), le géant de Pampelune n'est pas un  premier choix. Il est devancé par Jesus Navas et l'Hispano-Brésilien Diego Costa pour le poste de pointe unique du système espagnol. Le Barcelonais Cesc  Fabregas pouvant tenir aussi le rôle de N.9, Llorente part de loin. "Je crois qu'il me sera difficile d'être convoqué, mais je donnerai tout  jusqu'à la fin de la saison. Je n'ai pas perdu espoir", assure-t-il. L'occasion est trop belle de se montrer à tout le pays et à Del Bosque lors  d'une finale contre un club espagnol, le FC Séville ou le Valence CF. Mais il  faut d'abord battre Benfica. 

AFP