Bordeaux doit réagir avec les moyens du bord
Ludovic Obraniak avait marqué un précieux but à Kiev | AFP - SERGEI SUPINSKY

Bordeaux doit réagir avec les moyens du bord

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Timorés la semaine dernière en Ukraine (1-1), ridiculisés à domicile par l'Olympique Lyonnais dimanche en championnat (0-4), les Girondins accueillent le Dynamo Kiev ce soir à 21h, en match retour des 16e de finale de l'Europa Ligue. Ils ont l'obligation de montrer un tout visage, plus volontaire et moins friable, malgré les absences.

Si Francis Gillot a plusieurs excuses à avancer pour justifier la mauvaise passe bordelaise, la plus pertinente d'entre elles est sans aucun doute la vague de blessures subie de plein fouet par son effectif. "Je fais le marquage sur le doc et les kinés", ironise le coach des Bordelais. "J'aimerais me détacher d'eux mais je ne peux pas. Je demande des nouvelles tous les jours et j'espère qu'on va pouvoir récupérer quelques joueurs, qu'il y ait un peu plus de possibilités pour moi". En attendant, il bricole avec ce qui lui reste à disposition.

Gillot désespéré

Bordeaux a perdu Yoan Gouffran et Jussiê lors du mercato hivernal, n'ayant plus que David Bellion pour composer à la pointe de l'attaque. Diego Rolan, qui aurait pu le remplacer, a été victime d'une entorse de la cheville dimanche pour sa première titularisation à Bordeaux et ne sera pas non plus de la partie. Même hécatombe en défense puisque Henrique, Mariano et Landry Nguemo, trois titulaires potentiels, sont tous blessés. Sans compter Sané et Planus, eux aussi incertains.

Seulement voilà, la saison est loin d’être terminée et cet effectif particulièrement serré est encore en course dans trois compétitions : la Ligue 1 et l'espoir de rester européen, la Coupe de France et l'Europa Ligue. De quoi s'arracher les cheveux pour composer match après match un onze équilibré, d'autant que les Girondins n'ont pas ciblé de tableau particulier sur lequel ils espèrent briller plus que sur les autres. "Je ne voulais pas sacrifier cette Coupe d'Europe", a expliqué Gillot. "On est sorti des poules plutôt brillamment, je ne vais pas faire une croix dessus. Mais avec qui la jouer? Je ne sais pas". Fataliste, mais lucide.

74% de chances de se qualifier après un 1-1

De son côté, Oleg Blokhine, l’entraîneur du Dynamo Kiev, dispose de tout son effectif pour se déplacer à Bordeaux, et contredire les statistiques : 74% des équipes qui arrachent un match nul (1-1) à l’extérieur en Coupe d’Europe remportent l’affrontement à l’issue du match retour. Dominateur la semaine dernière, le club ukrainien devra marquer car un score nul et vierge qualifierait les Girondins. L’ancien Sochalien Brown Ideye (17 buts en 29 matchs avec le Dynamo), de retour de la CAN qu’il a remportée avec le Nigeria, sera de la partie pour tenter de remplir cette condition. Francis Gillot, qui l’a coaché en France-Compté, l’a qualifié de "principal danger".

"On ne doit pas rester sur le résultat de Kiev", se rassure le coach girondin. "Certes ils ont montré des forces mais nous aussi, nous avons très bien défendu et nous avons des arguments chez nous. De toute façon, même virtuellement qualifié, on ne gère pas un match au coup d’envoi. On joue toujours pour gagner". Et d’abord pour ne pas perdre, ce qui n’est plus arrivé à Chaban-Delmas en Coupe D’Europe depuis octobre 2008. C’était en Ligue des Champions, face à la Roma. "L’important, c’est de réagir", estime Ludovic Obraniak. "Nous devons montrer notre caractère. Que l’ego joue son rôle et nous remette dans le droit chemin", scande-t-il comme pour sonner la révolte.