Henri Saivet
Henri Saivet et les Girondins doivent frapper fort ce soir à Chalban-Delmas | DAMIEN MEYER / AFP

Bordeaux devra se transcender

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Grâce aux trois points rassurants engrangés dimanche face à Bastia, les Bordelais accueillent le Benfica, ce soir à 21h00 en huitième de finale retour de Ligue Europa, avec un moral légèrement regonflé. Défait à Lisbonne à l'aller (1-0), le club girondin ne se cache pas : pour inverser la tendance, il faudra sortir le match de l'année.

Pas grand-chose n'a séparé Bordeaux, neuvième de Ligue 1, de Benfica, leader invaincu du championnat portugais, la semaine dernière. Une transversale et un rebond malheureux sur les mains de Carasso, tout juste suffisant pour donner un avantage important aux "Aigles". Important, mais pas déterminant. Aussi irréguliers et affaiblis par les blessures soient-ils, les hommes de Francis Gillot croient en leur chance. A l'image du match aller, ils ne manquent pas d'engagement, mais de réalisme.

"Depuis cinq matches – six si l'on compte la victoire 1-0 face à Bastia – on a un gros problème d'efficacité. Par rapport au nombre d'occasions que nous nous créons, le nombre de buts que nous marquons est insuffisant", se plaignait Francis Gillot à l'issue du match aller. Pas assez de finisseurs dans la formation girondine ? "Les milieux de terrain peuvent marquer un peu plus. Sur des frappes lointaines, sur des corners. Ce n'est pas seulement une histoire de joueurs, c'est l'histoire de l'équipe […] Il y a du travail un peu partout."

13 matchs européens sans défaite à domicile

Et pour remédier à ce manque de rendement, Gillot compte notamment sur son jeune attaquant Henri Saivet (22 ans), qui aura la lourde responsabilité d'animer le jeu offensif de Girondins obligés de marquer ce soir à Chaban-Delmas. "A nous de réécrire l'histoire", affirme fièrement le buteur franco-sénégalais dans les colonnes de l'Équipe. "C'est l'occasion de se faire remarquer. Il va falloir se surpasser, avoir de la fierté". Et compenser l'absence de l'Uruguayen Diego Rolan, titulaire à l'aller, qui s'est de nouveau blessé à la cheville ce week-end et ne devrait pas revenir avant début avril.

"Ce sera le match de l’année", ajoute le défenseur brésilien Henrique. "J’ai entendu qu’un coéquipier avait dit que les huitièmes de finale atteints, jouer Benfica c’était du bonus. Je ne pense pas du tout comme ça, j’ai encore faim ! Je veux qu’on se souvienne de nous. Bordeaux est critiqué pour son jeu mais on montre qu’on est toujours là. Lyon et Marseille sont éliminés, il ne reste que nous. C’est une grande fierté d’être le dernier club français".

Bordeaux-Benfica, comme Tsonga-Djokovic

Le Benfica, qui n'a plus perdu de match depuis le 23 octobre 2012 (défaite face au Spartak Moscou en Ligue des Champions) et qui a remporté ses sept derniers matches, s'envole à Bordeaux avec l'étiquette de grandissime favori, mais sans son capitaine. Le Brésilien Luisao, patron de la défense portugaise impeccable au match aller, est blessé aux adducteurs et ne fera pas le déplacement. Son absence n'a toutefois pas beaucoup affecté son équipe, qui a écrasé Gil Vicente à domicile (5-0).

Pour se rassurer, les Girondins peuvent toujours se dire qu'ils n'ont plus perdu de rencontre européenne à domicile depuis l'AS Roma en 2008, soit 13 matches sans défaite. Ils espèrent aussi contredire les statistiques, qui ne leur donnent que 41% de chances d'atteindre les quarts. "Si on prend Tsonga en tennis, il n'aura pas la même motivation quand il joue le 200e mondial que quand il affronte Djokovic", compare Saivet. "C'est pareil, quel que soit le sport, et ça ne changera pas".