Bouna Sarr
Premier but en Coupe d'Europe pour Bouna Sarr face à Leipzig. | AFP

Ligue Europa : Marseille renverse Leipzig au terme d'un match complètement fou

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Ils s'étaient présentés diminués à Leipzig pour le quart de finale aller de cette Ligue Europa. Les Marseillais avaient ensuite quitté l'Allemagne avec une courte défaite 1-0, malgré une prestation convaincante. Et ce jeudi soir, dans un stade Vélodrome plein à craquer, ils l'ont fait ! Les Olympiens ont mis K.O le RB Leipzig sur le score de 5 buts à 2. Si la soirée a pourtant mal commencé, jamais l'orgueil marseillais n'a flanché au cours de la partie. L'OM retrouve la saveur d'une demi-finale de Coupe d'Europe depuis 2004.

A chaque soirée de coupe d'Europe son match complètement fou. Après l'incroyable renversement du FC Barcelone par la Roma et l'exploit avorté de la Juventus Turin face au Real, Marseille a eu droit à une soirée européenne qu'elle n'est pas prête d'oublier. Si les 22 joueurs alignés sur la pelouse ont été les principaux acteurs du spectacle, l'emprunte psychologique des folles soirées européennes de mardi et mercredi a également joué son rôle dans le scénario de la rencontre.

Une rencontre qui a bien mal commencé pour les Marseillais. Restés muets en ex-RDA, les Marseillais devaient tenter de garder leur cage inviolée pour éviter d'avoir à inscrire au moins 3 buts... Première possession de Leipzig, Jean-Kévin Augustin à la baguette. Trouvé sur un centre en retrait, l'ex-parisien se retourne et remet le ballon à Bruma qui arrive lancé. L'international portugais enroule et trompe Yohann Pelé (1') : 1-0. Trois buts à remonter déjà pour l'OM.

L'alignement des astres

Mais dès l'avant-match se dégageait une saveur particulière. On sentait l'OM paré pour renverser l'issue de ce quart de finale. Le club phocéen retrouvait son meilleur joueur, Florian Thauvin. Le Vélodrome fermait son guichet. Dans le même temps, les Allemands se remettaient d'un 4-1 encaissé face au Bayer Leverkusen ce week-end. Et au moment de la feuille de match, pas de Werner, ni de Forsberg. Les deux joueurs impliqués sur l'unique but du match aller mis sur le flanc ? Une aubaine pour l'OM.

Mais au-delà de tout ces éléments, on notera surtout l'orgueil et l'envie des joueurs marseillais. Ils n'ont d'ailleurs mis que 4 minutes pour égaliser sur un corner de Payet transformé en coup de billard (5'). Kamara dévie de la tête au premier poteau, le ballon est touché par Mitroglou, puis par Gulacsi et enfin par Ilsanker, qui la dévie dans ses propres filets.

Trois minutes plus tard, c'est un Bouna Sarr survolté qui donne l'avantage à l'OM sur un contre assassin. Idéalement servi par Payet, Sanson pousse Gulacsi à sortir le grand jeu sur une reprise de volée pleine course (8'). Sanson voit sa deuxième frappe être encore repoussée, mais Bouna Sarr surgit. Marseille fait mal à Leipzig à travers une phase de jeu que la formation allemande affectionne tout particulièrement.

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Les assauts marseillais s'enchaînent. Payet envoie un bijou en lucarne... refusé à cause d'une faute incompréhensible de Mitroglou (17'). Mais l'orgueil marseillais fait fi de toute frustration ce soir. Florian Thauvin doit seulement pousser un coup-franc de Dimitri Payet au fond des filets au beau milieu d'une défense fantomatique (37') : 3-1. L'OM est sur les traces d'une soirée historique.

Tous les hommes de Rudi Garcia sont au diapason. Tellement impliqué et désireux de régaler le public, Bouna Sarr se blesse à l'épaule sur une énième roulette. Techniquement, Thauvin et Payet régalent. Autre image saisissante : le jeune et frêle Maxime Lopez venu bouger le costaud Dayot Upamecano juste avant la mi-temps. Mi-temps où Marseille est virtuellement qualifié.

L'orgueil donne des ailes

On ne s'en contente pas pour autant. Gulacsi effectue encore un double arrêt incroyable face à Mitroglou, pas assez tueur ce soir, et Amavi (47'). Le Grec a été précieux sur les coups de pied arrêtés défensifs et été à l'origine du but de Sarr en première période.

L'absence de Werner s'est fait ressentir côté allemand. Son suppléant, Sabitzer, a été transparent, mais Jean-Kévin Augustin a pris les choses en main. Un éclair de génie de Naby Keita matérialisé par une talonnade géniale. L'ancien parisien arrive lancé et crucifie Yohann Pelé (54'). Augustin est buteur pour son premier match au stade Vélodrome. L'occasion de chambrer le public marseillais avec un doigt sur la bouche en guise de célébration.

Marseille n'est alors plus virtuellement qualifié. Mais encore une fois la réaction ne se fait pas attendre. Payet claque un extérieur du pied monstrueux dans la lucarne de Gulacsi (59') pour redonner deux buts d'avance au club phocéen. Visiblement, la frustration du but refusé de la première période n'a pas chamboulé le Réunionnais, qui a d'ailleurs rendu une copie excellente. Son entente avec Florian Thauvin a été destructrice pour leurs adversaires du soir.

S'en suivent trente minutes de résistance, sans trop de panique, de la part des Phocéens. A la 90ème minute, Yohann Pelé est tout de même décisif sur une frappe de Poulsen contrée par Sakai (90'). Le même Sakai trouve le chemin des filets sur le dernier corner - mal joué - de Leipzig (90+2') et inscrit son premier but pour le club le jour de ses 28 ans. Marseille s'impose finalement 5-2 et file en demi-finale de Coupe d'Europe,  14 ans après son parcours en C2 arrêté en finale face à Valence.