Benjamin Bourigeaud heureux buteur de Rennes contre Arsenal au match aller
La joie de Benjamin Bourigeaud, premier buteur rennais contre Arsenal. | LOIC VENANCE / AFP

Ligue Europa : Le Stade Rennais fait tomber Arsenal et prend une option pour les quarts

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Quinze jours après Séville, le Stade Rennais n'a pas l'intention de s'arrêter là ! Les Bretons, toujours aussi enjoués, ont remporté avec la manière la première manche des huitièmes de finale de la Ligue Europa face à Arsenal (3-1). Réduits à dix avant la pause, les Gunners ont subi la loi des Rennais portés par Benjamin Bourigeaud, auteur d'un but splendide, et Ismaïla Sarr, très en jambes ce soir et auteur du troisième but si important pour Rennes.

Le match : Renversants Rennais !

L'exploit est en marche ! Deux semaines seulement après avoir créé la sensation en éliminant sur sa pelouse le Betis Seville, voilà le Stade Rennais en bonne position pour enchaîner une deuxième performance toute aussi exceptionnelle. Ce jeudi soir, les Bretons ont remis les mêmes ingrédients - du courage, de l'envie, de l'insouciance et une volonté d'aller de l'avant - pour faire chuter Arsenal (3-1) à l'occasion du huitième de finale aller de la Ligue Europa. Pourtant, les Rennais ont été rapidement refroidis par les Gunners et Alex Iwobi (4e, 0-1) mais c'était sans compter sur leur capacité à réagir et leur faculté à se transcender face à plus forts qu'eux sur le papier...

Bourigeaud a allumé la mèche de l'espoir

Tout avait si mal commencé... Un vrai coup de clim ! Quatre minutes de jeu seulement et Arsenal refroidissait toutes les ardeurs bretonnes, pourtant si chaudes dans ce Roahzon Park toujours aussi bouillant en cette soirée européenne. C'est Alex Iwobi, sur un centre-tir improbable dans une position excentrée sur la gauche aux abords de la surface, qui a fait sauter le verrou rennais d'entrée. Les hommes de Julien Stéphan ont alors étrangement reculé, laissant beaucoup trop d'espaces aux Londoniens, dangereux à plusieurs reprises (11e, 26e et 32e) mais incapables de tromper une deuxième fois Tomáš Koubek. En faisant le dos rond, Rennes a finalement fait le bon choix. De la patience est alors venue la lumière de l'espoir. Une mèche allumée sèchement par le fin et non moins délicat Benjamin Bourigeaud. Après avoir vu le ballon repoussé par le mur sur un coup franc mal négocié successif à l'expulsion logique de Sokratis Papastathopoulos (voir par ailleurs), le natif de Calais ne s'est posé aucune question : des 20m, il a envoyé un véritable missile téléguidé en pleine lucarne opposée ! La Stade Rennais était de retour pour jouer aux Gunners un mauvais tour.

A partie de cette égalisation, la partie a radicalement changé. Du tout au tout. D'une domination outrageuse des hommes d'Unai Emery, ce sont les protégés de Julien Stéphan qui ont décidé d'imposer la loi à la mythique formation anglaise. Jusqu'à la pause et dès la reprise après la sortie des vestiaires, l'intensité mise par les Rennais n'était plus celle d'une équipe intimidée. C'était celle d'une équipe en grande confiance. D'ailleurs, Petr Cech, pour son retour dans l'Ile-et-Vilaine, a dû s'illustrer à plusieurs reprises, stoppant les assauts de Sarr (45e), Bourigeaud (50e) et Ben Arfa (62e), entre autres. La muraille tchèque a longtemps tenu mais a finalement cédé. Une première fois devant son coéquipier Monreal, malheureux après avoir dévié un centre puissant de Mehdi Zeffane (2-1, 65e). Et une dernière fois sur une tête impériale de l'infatigable Ismaïla Sarr (voir par ailleurs), à la réception d'un bijou de la part de Léa-Siliki (3-1, 88e). D'abord vaillants, ces Bretons ont alors été renversants. Si le Stade Rennais est devenu la première équipe de l'Hexagone à s'imposer sur le sol français contre Arsenal, il s'est surtout permis de rêver encore. Encore plus loin, toujours plus haut.

Le fait de match : Arsenal voit rouge

41e minute. Le Stade Rennais est toujours mené 1 à 0 sur sa pelouse par Arsenal. Moment choisi (ou pas) par le défenseur grec, Sokratis Papastathopoulos, visiblement désireux de changer le cours du match. Sept petites minutes seulement après avoir écopé d'un premier carton jaune, l'ancien joueur de Dortmund, a freiné en pleine course Ismaïla Sarr. Arrivé à toute vitesse aux abords de la surface, l'attaquant rennais s'écroule et l'arbitre, M.Kruzliak, n'hésite pas à sortir un second carton jaune en direction de Sokratis. Unai Emery est furieux comme jamais lorsque son défenseur passe à côté de lui. L'ancien coach du PSG a eu raison de s'énerver : c'est sur le coup franc successif à la faute de son joueur que le club breton a égalisé. La partie a donc littéralement viré de bord à ce moment-là.

Le joueur : Sarr leur a tout fait !

Quatre buts cette saison en Ligue Europa, c'est déjà quelque chose. Mais surtout, Ismaïla Sarr est un véritable poison pour tous ses adversaires. Encore plus quand il a décidé de mettre au supplice ses vis-à-vis. Ce soir, au Roazhon Park, le chouchou du public a été étincelant à partir du moment où son équipe a pris le contrôle du match. Déjà très en jambes sur la première demi-heure, jamais avare d'un repli défensif important, il est devenu l'atout offensif principal de Julien Stéphan. Souvent suppléé par son fidèle compagnon Benjamin Bourigeaud, Sarr a donc été à la baguette mais aussi à la finition. D'abord sur l'ouverture du score où il a provoqué le coup franc décisif ayant amené l'expulsion et l'égalisation. Puis ensuite, par ses courses incessantes, il a fatigué petit à petit la défense londonienne rarement capable de le contenir. Et enfin sur ce fameux et si important troisième but où il a surgi de loin, au second poteau, pour mettre un sacré coup de casque. Bref, une partition de toute beauté et qui plus est décisive. Le peuple breton a sans doute apprécié.

La décla : Un président breton comblé

Olivier Létang (président de Rennes) : "Le premier sentiment est la fierté, vous avez vu l'engouement autour du match et de l'équipe. Il y a une passion et beaucoup d'émotions qui ont été transmises. Rennes restera pour toujours comme le premier club français à battre Arsenal sur le sol français et Arsenal est un monument européen, c'est beaucoup de fierté par rapport à ça. Arsenal reste grandissime favori. Nous irons à Londres avec l'objectif de nous qualifier mais aussi avec beaucoup d'humilité et beaucoup de respect pour ce très grand club. Il faudra à Londres avoir le même enthousiasme que ce soir probablement et la même volonté d'aller marquer."