Zlatan Ibrahimovic, PSG
Zlatan Ibrahimovic | FRANCK FIFE / AFP

Zlatan et le Barça, les liaisons dangereuses

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Arrivé à Barcelone en 2009, Zlatan Ibrahimovic n'est resté qu'une saison en Catalogne. Plus gros transfert de l'histoire du club blaugrana, le Suédois a commencé fort avant de se brouiller avec Pep Guardiola. Comme l'an dernier, l'ancien milanais croise le Barça en quart de finale de Ligue des champions ce mardi au Parc des Princes. Retour sur une histoire compliquée entre l'attaquant parisien et le club espagnol.

Zlatan Ibrahimovic mène une histoire compliquée avec le FC Barcelone. A l'été 2009 le Suédois débarque en Catalogne, à l'issue de sa saison la plus prolifique sous le maillot de l'Inter Milan en Serie A (25 buts en 35 matches). Estampillé transfert le plus onéreux de l'histoire du club alors présidé par Joan Laporta, l'ancien de Malmö commence tambour battant. Célébré par 60.000 spectateurs lors de sa présentation au Camp Nou, il enfile cinq buts à l'occasion de ses cinq sorties inaugurales, ouvrant le score quatre fois, exploit qu'aucun joueur n'avait jamais réalisé en blaugrana. Fin septembre 2009, le site El Mundo Deportivo considère que l'attaquant a déjà effacé son prédécesseur Samuel Eto'o des mémoires, faisant oublier les 80 millions d'euros déboursés pour sa venue (50 millions et le Camerounais envoyé à l'Inter).

Des débuts en fanfare

Pour son premier Clasico, Zlatan donne la victoire aux siens à domicile (1-0). L'international suédois en est alors à 7 buts en 12 matches et ne se prive pas pour faire trembler les filets les trois journées suivantes, portant son total  à 10 réalisations en 15 rencontres. "Ibracadabra" est à son apogée. Plus dure sera sa chute. "Ça a très bien commencé mais, après, Messi a commencé à parler. Il voulait jouer dans l'axe, et non sur le côté. Le système a alors changé de 4-3-3 à 4-5-1. J'ai été sacrifié et je n'avais dès lors plus assez de liberté sur le terrain pour pouvoir réussir", explique le Nordique dans son autobiographie Moi, Zlatan Ibrahimovic. "Tu as acheté une Ferrari, mais tu la conduis comme une Fiat", lance-t-il au technicien catalan Pep Guardiola en guise de protestation.

L'ex-pensionnaire de l'Ajax Amsterdam baisse de rythme, pour une ardoise finale moins aboutie que son début de saison ne le laissait espérer (16 buts en 29 matches de Liga). Surtout, il peine à peser en Ligue des champions. En phase de poules, il ne marque qu'une fois à l'occasion de la défaite du Barça face au Rubin Kazan. Il retrouve du mordant en 8e de finale contre Stuttgart (1-1) puis en quart contre Arsenal (2-2), inscrivant les trois buts catalans lors des matches aller. Mais participe également au naufrage de son équipe face à ses anciens coéquipiers de l'Inter guidés par José Mourinho. En froid avec Guardiola, Zlatan laisse éclater sa rage dans le vestiaire à l'issue du match. "Tu n'as pas de couilles", assène-t-il à son entraîneur. Le 2 mai, après un déplacement à Villareal, Ibra remet le couvert : "Tu te chies dessus devant Mourinho. Tu peux aller en enfer!".

Un départ inéluctable

Ibrahimovic n'est pas du genre à se remettre en question. Pep "Le Philosophe" l'ignore. Le départ est inéluctable à l'été 2010. "Je voulais que tu saches que c'est la plus mauvaise affaire que j'ai eu à mener durant ma carrière ", confie le vice-président d'alors Sandro Rosell à son homologue de l'AC Milan Adriano Galliani. Celui qui compte 39 buts en sélection suédoise est la star de l'équipe en Lombardie. Ironie du sort, il recroise la route des Catalans l'an dernier… en quart de finale de Ligue des champions, pour une défaite (0-0, 3-1). "Si tu ne veux pas faire les efforts pour t’adapter au style de jeu du Barça, alors tu ne restes pas, a lâché Daniel Alves à Téléfoot ce dimanche pour expliquer l'échec du Suédois en Espagne. Ibra a besoin que l’équipe joue pour lui. Ça ne marche pas ainsi à Barcelone". A priori suspendu pour le match aller, le Parisien profite d'une remise de peine exceptionnelle de la commission de discipline de l'UEFA pour se frotter à son ancienne équipe. Une nouvelle page de l'histoire chaotique qui lie Ibra au Barça.

Jerome Carrere