Aulas Jean-Michel portrait 2010
Jean-Michel Aulas | AFP-CLATOT

Une élimination qui coûte cher à Lyon

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Comme en 1999 face aux Slovènes de Maribor, l’Olympique Lyonnais a payé le prix fort contre la Real Sociedad. Les Gones ne disputeront pas la Ligue des champions cette saison et cela va avoir des répercussions financières dommageables pour le septuple champion de France.

Environ 20 millions d’euros. Voilà au minimum ce que l’OL a perdu ce mercredi sitôt son élimination consommé en C1. Pour un club riche et bien portant, cela aurait été une grosse contre performance. Pour Lyon, il s’agit d’une vraie désillusion : un accident industriel, une catastrophe autant financière que sportive.

20 millions en moins

Battu par Reims (1-0) en championnat le week-end dernier, reversé dans une Ligue Europa qui ne rapporte quasiment rien à moins d’atteindre les quarts de finale, le club de Jean-Michel Aulas traverse une bien mauvaise passe que le début de saison en trompe l’oeil (deux succès initiaux en L1 et une qualification pour le barrage de la Champion’s League face au Grasshopper de Zurich) avait un temps masqué.

Incapables de se dépêtrer de l’affaire Gomis (le club souhaite se séparer de l’attaquant international afin de réaliser un bon transfert tandis que l’ancien Stéphanois ne veut pas quitter les bords du Rhône à n’importe quelle condition), la référence hexagonale des années 2000 paye quelques graves erreurs de gestion.

Des problèmes avec Gourcuff et Gomis

Acheté 24 millions d’euros à Bordeaux en 2010, Yoann Gourcuff n’a jamais vraiment rendu les espoirs placés en lui-même si son talent –intermittent- est indéniable. Son bel été a d’ailleurs fait dire au président lyonnais que le Breton resterait dans l’effectif de Rémi Garde.

Grâce à ses jeunes pousses (Lacazette, Grenier, Benzia, Fofana, Ferri), Lyon peut s’enorgueillir de rester dans le top 5 du football français. Mais s’il veut rivaliser avec l’OM et surtout Monaco et le PSG, le club de la capitale des Gaules devra leur adjoindre quelques tauliers de grande valeur. Et l’argent évaporé après l’échec au Pays Basque manquera forcément dans les caisses de l’ancien plus gros budget du championnat.

Le stade va coûter cher

Anthony Réveillère n’a pas été conservé, Milan Bisevac déçoit comme Dejan Lovren avant lui, et Steed Malbranque évolue à des années lumières de son excellent début de saison 2012-13. Sans la manne financière de la Ligue des champions, JMA va devoir trouver d’autres solutions pour éponger les pertes (9,8 millions d’euros sur un an).

Un arrangement avec Bafé Gomis semble donc indispensable afin de récupérer une petite partie des 15 millions donnés à Saint-Etienne en 2009. Lyon en espère (au moins) 10 millions alors que la panthère sera en fin de contrat en juin prochain. Mais dégraisser et vendre Gomis (après Lisandro) n’augmenterait pas les chances de l’OL de terminer sur le podium de la Ligue 1 au printemps 2014.

Or le club ne peut vraisemblablement pas rater la plus grande compétition européenne une troisième saison consécutive sous peine de rentrer dans le rang au moment où la construction de son nouveau stade se concrétise (58 000 places à l’horizon 2015-16). Bref, c’est la quadrature du siècle pour un club qui aimerait jouer dans la cour des grands mais qui n’en a plus les moyens actuellement.