Sergi Roberto
La révélation Sergi Roberto, remarquable lors du Clasico, samedi dernier, contre le Real Madrid. | Manuel Blondeau - AFP

Un Barça en pleine euphorie

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Ce mardi (20h45), le FC Barcelone reçoit l'AS Roma pour le compte de la 5e journée de la Champions League. Trois jours après son incroyable démonstration de force à Madrid, contre un Real totalement dépassé (4-0), le club catalan a les moyens absolus pour surfer sur son insolente domination. Devant, outre la réussite absolue du duo Neymar-Suarez, vient se greffer désormais le retour d'un Messi sur la pente ascendante. Un casse-tête pour tout adversaire. Une bénédiction pour les fans des Blaugrana.

L'AS Roma débarque au Camp Nou presque soulagée. Presque... Les Giallorossi sont délestés de toute angoisse. Celle de faire plus mal que le Real Madrid, dernier adversaire en date d'un Barça insatiable qui n'a fait qu'une bouchée de son "ennemi" préféré (4-0). Même en cas de défaite, les joueurs de Rudi Garcia sortiront grandis, surtout s'ils limitent la casse au tableau d'affichage. Dans cette période de grâce, Luis Enrique, pourtant prudent d'habitude, admet la supériorité de son groupe. L'entraîneur catalan a ainsi résumé la performance de des protégés : "A Madrid, c'était un match mémorable. Gagner sur la pelouse de notre éternel rival, en nous montrant supérieurs à ce point, en réussissant le match que nous voulions produire, c'est une bénédiction. Nous avons été à un niveau supérieur au leur, mais c'est plus le mérite du Barça, que la faute du Real !"

L'absence de Messi passe presque inaperçue !

Comment contrecarrer les plans de domination totale de ce Barça affamé ? Pas simple. Si vous laissez la balle à cette formation unique dans la maîtrise du ballon et du rendement collectif, vous vous exposez au pire. Si vous tentez de l'agresser, avec un bloc placé haut, vous risquez des contres supersoniques, les plus fulgurants de la planète football. Ce n'est plus un dilemme, c'est une véritable galère. Bien évidemment, l'impressionnante réussite du duo Neymar-Luis Suarez qui, avant le Clasico, avait inscrit 20 des 21 derniers buts du Barça en Liga, s'est confirmée contre un Real totalement déboussolé. Ce qui est effrayant, au-delà du formidable talent du Brésilien et de l'Uruguayen devant, de leur aisance sur chaque enchaînement malgré la vitesse d'exécution, c'est de constater que ce FC Barcelone a conservé tout son pouvoir offensif, même en l'absence depuis fin septembre d'un joueur comme Lionel Messi. La mise sur la touche de l'un des trois meilleurs joueurs du monde est passée quasiment inaperçue !

Sergi Roberto, la trouvaille de Luis Enrique

Au-delà de ses habituelles stars, ce qui a toujours fait la force de ce Barça est de permettre à ses jeunes pousses, issus de la Masia, son centre de formation (aujourd'hui rapatriés dans son centre d'entraînement Joan-Gamper), d'éclore au plus haut niveau dans les plus brefs délais. Dernier exemple en date : Sergi Roberto. C'est le "coup" estampillé Blaugrana de Luis Enrique cette saison. Pourtant, au départ, les médias locaux étaient très sceptiques sur les qualités de ce milieu relayeur. Le jeune Catalan (23 ans) n'avait pas, selon eux, le jeu pour s'imposer dans cette équipe.

Avec beaucoup de conviction, son entraîneur l'a amené à plus de polyvalence, au point de prendre le relais de Dani Alvès au poste de latéral droit, durant l'indisponibilité de ce dernier, blessé. Ce fut une réussite absolue ! Selon le quotidien sportif Marca, Sergi Roberto est un "joueur hybride" entre Alvès, Busquets et Rakitic. Le garçon n'est pas bon. Non, il est juste phénoménal. A son époque, van Gaal a découvert Xavi, Valdès, Iniesta et Puyol. Rijkaard a révélé Messi. Guardiola fut essentiel pour Pedro. Au tour de Luis Enrique, avec Sergi Roberto, d'amener sa patte à l'identité Barça.

Nicolas Gettliffe