Le Groupama Stadium lors de l'entraînement de l'Olympique lyonnais avant son match contre le Shakthar Donetsk

"Regrettable pour tout le monde" et coûteux, la double peine du huis-clos pour l'OL

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Puni pour le comportement de certains de ses supporters contre le CSKA Moscou la saison passée, l'Olympique lyonnais doit disputer son match contre le Shakthar Donetsk dans un stade vide mardi. Pour l'ambiance, ce huis-clos est forcément pénalisant. Il l'est tout autant pour les finances des Gones.

"Avec ou sans public, il faudra livrer un match aussi bon qu'à Manchester City (pour) faire fructifier notre victoire là-bas", a déclaré lundi l'entraîneur de Lyon Bruno Genesio avant la 2e journée de Ligue des Champions qui verra l'OL affronter le Shakhtar Donetsk à huis clos. L'Olympique lyonnais a été sanctionné d'un match européen à huis clos et un match avec sursis pour des incidents survenus le 15 mars à l'occasion d'une rencontre de Ligue Europa contre le CSKA Moscou.

"On sait que le public est très important dans ce genre de match. Nous avons eu ici des ambiances européennes assez extraordinaires contre Besiktas ou l'AS Rome qui nous ont permis de décupler nos forces. Il faudra faire sans mardi", a déploré Genesio. "C'est regrettable pour tout le monde. Un match de football doit se jouer devant du public et c'est la raison pour laquelle on aime les grands matches. Il faut accepter la sanction et trouver la motivation même si le climat sera un peu particulier", a ajouté le technicien qui a prévu d'évoquer ce contexte dans sa causerie d'avant-match.

"Mais même si l'ambiance est particulière à huis clos, il y a trois points en jeu. Le Shakhtar est une équipe dangereuse avec ou sans public. Il ne faut pas la mésestimer", a-t-il encore prévenu. "Il y a eu beaucoup d'éloges après la victoire à Manchester mais je peux affirmer que le Shakhtar est une équipe de très bon niveau également", a insisté Genesio.

Environ 1000 personnes en tribunes 

En réponse à une question sur le degré de motivation plus ou moins élevé de ses joueurs selon l'exposition médiatique des matches, l'entraîneur de l'OL se veut "plutôt confiant puisque c'est un match de Ligue des champions". "Tout le monde devrait être plus concentré. Il n'y a donc pas lieu d'être inquiet même si ce sera dans un contexte particulier et, surtout, inhabituel", a-t-il dit.

Dans son histoire récente, l'OL a déjà disputé un match à huis clos, en championnat de France, à Metz, le 5 avril 2017 (victoire 3-0). "Ce qui est surprenant, c'est que l'on se croit à l'entraînement mais c'est la compétition qui prime et il faut passer outre", a souligné le technicien lyonnais. Environ un millier de personnes seront toutefois présentes dans l'enceinte du Groupama Stadium : 300 représentants de l'UEFA, 200 invités du Shakhtar Donetsk, 75 personnes (dont encadrement et joueurs) pour l'OL et le club ukrainien. 130 journalistes sont accrédités plus les personnels des TV ainsi que les différentes personnes travaillant pour des prestataires de services.

5 millions d'euros de pertes

L'impact ne sera pas seulement audible au nombre de décibels dans l'enceinte lyonnaise, mais aussi visible dans les caisses. L'Equipe chiffre ainsi ce mardi le manque à gagner de 5 millions d'euros minimum. L'OL a bien proposé une solution de remplacement pour ses fans, qui ont la possibilité d'échanger leur billet du soir contre un hypothétique sésame pour assister à un huitième de finale (ou un seizième de finale de Ligue Europa) ou encore de se faire rembourser. Mais les débordements répétés de certains de ses supporters finit par coûter cher aux Gones, et à bien des égards.

AFP