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Zinédine Zidane et le Real Madrid ont connu un sévère revers lors de leur déplacement à Wolfsburg. | ODD ANDERSEN / AFP

Real Madrid : Zidane, dur retour à la réalité

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Il est passé en quelques jours du triomphe à la désillusion. La défaite (2-0) concédée mercredi soir face à Wolfsburg en match aller de la Ligue des champions, a entaché l’image de Zinédine Zidane, le coach du Real Madrid, arrivé en Allemagne tout auréolé de la victoire de son équipe contre Barcelone le week-end précédent. Si le club madrilène ne parvient pas à se qualifier pour les demi-finales, ce serait un terrible revers pour Zidane, qui a tout misé sur la compétition européenne.

Il était l’icône, le Messie encensé par tout un club, samedi soir, après la brillante victoire de son équipe face au FC Barcelone lors du Clasico (2-1). Mercredi soir, après la déroute du Real Madrid face à Wolfsburg lors du match aller des quarts de finale de la Ligue des champions (2-0), Zinédine Zidane, le coach madrilène, a connu un violent retour à la réalité. Car si le Real est éliminé de la compétition européenne, c’est bien le technicien français qui aurait le plus à perdre.

Ce n’est pourtant que la deuxième défaite en seize matchs pour le coach Zidane. Mais celle-ci est un véritable coup dur. Elle pourrait mener à l’élimination du Real, qui espérait atteindre le dernier carré de la compétition pour la sixième fois d’affilée.

En Allemagne, le Real, le club le plus titré de l’histoire de la Ligue des champions avec dix succès, était totalement méconnaissable. Pour preuve : les Espagnols, ultra favoris de la rencontre, ne sont parvenus à cadrer que trois tirs. Fébriles, impuissants, les joueurs de Zidane ont subi le rythme imposé par des "Loups" déterminés. Et ont fini par connaître leur première défaite européenne de la saison. Zinédine Zidane avait pourtant prévenu ses troupes : interdiction de se relâcher après la victoire dans le Clasico. Un message que les joueurs n’ont visiblement pas bien reçu.

"Un non-match"

"Pour moi, c’est une surprise, parce que l’on ne s’attendait pas à souffrir autant en première mi-temps, a avoué Zidane. Ça fait partie du foot, c’est ce que je leur ai dit. On a fait un non match. On n’a pas eu le rendement et l’intensité que l’on voulait mettre dans le match. Il ne faut pas non plus tout remettre en cause. Tout est jouable. En foot, ce n’est jamais acquis, jamais perdu."

Le choix de titulariser le milieu défensif Casemiro, décision saluée par la presse espagnole avant le match, n’a pas produit les effets escomptés. Au contraire. Car c’est à la suite d’une faute du Brésilien sur Schürrle que Wolfsburg obtient un penalty qui lui permet d’ouvrir le score dès la 14e minute de jeu. Ce même Casemiro qui avait vanté les mérites de Zidane avant la rencontre : "Zidane en sait énormément parce qu'il a été un joueur d'exception. Il est en voie de devenir un grand entraîneur, il fait du bon travail."

Le 11e titre s’éloigne pour le Real

Quand il a pris les rênes de la "Maison Blanche" début janvier, Zinédine Zidane a récupéré une équipe en difficulté. Certains se montraient sceptiques à la suite de sa nomination, le jugeant trop peu expérimenté pour entraîner un club de cette envergure. Mais son accueil triomphal par le public et la victoire de son équipe 5-0 dès le premier match de Liga, face au Deportivo La Corogne, avait, pour un temps, fait taire les critiques. La première défaite, face à l’Atlético Madrid (1-0) en février, avait toutefois mis fin à l’état de grâce de l’entraîneur français. Une défaite qui poussait Zidane à affirmer que pour le Real, 3e, le championnat était fini.

Zinédine Zidane a donc tout misé sur la Ligue des champions, espérant assurer sa place en offrant au club son onzième titre en C1. Mais après la défaite cinglante de mercredi face aux "Loups" allemands, les Madrilènes sont condamnés à l’exploit s’ils veulent atteindre les demi-finales. Et si Zidane veut redorer son blason. Car les statistiques sont contre le Real : après une défaite 2-0 à l’extérieur lors d’un match aller, les chances de se qualifier sont de seulement 19%.

Elodie Troadec