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Le Brésilien Neymar au Parc des Princes. | Mehdi Taamallah / NurPhoto

PSG - Real Madrid : Elimination ou qualification, les conséquences majeures d'un match

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Le 8e de finale retour de Ligue des Champions entre le PSG et le Real Madrid, ce soir au Parc des Princes, aura des répercussions très importantes pour le club parisien. Au-delà de la performance sportive, Paris joue son futur sur les 90 (ou 120) prochaines minutes. Car une élimination, pour la 2e année de suite, scellerait sans nul doute le sort de Unai Emery, mais pas seulement. Elle pourrait aussi fragiliser la situation financière du club parisien, au regard du fair-play financier et des achats de l'été dernier.

Des finances à soigner

Depuis l'ouverture d'une enquête de l'UEFA sur le respect des règles du fair-play , après un été "fiévreux" pour des achats pharaoniques (plus de 400 millions d'euros), le PSG ne joue pas seulement des matches sur le terrain. En coulisses, il doit également convaincre l'organisme européen chargé de l'application du fair-play qu'il n'est pas sorti de la route. Pour cela, il compte sur des rentrées supplémentaires liées au merchandising et au sponsoring, forcément dopées par les arrivées notamment de Neymar et Mbappé. Selon certains sources, d'ici la fin de la saison, il aurait besoin d'ajouter environ 80 millions d'euros dans la colonne "recettes" de son budget pour éviter les foudres de l'UEFA, dont les sanctions peuvent aller jusqu'à l'exclusion des épreuves européennes. 

Au mercato d'hiver, le transfert de Lucas pour Tottenham a permis d'engranger plus de 30 millions d'euros. Afin d'éviter d'être contraint de vendre avant le 30 juin, Paris peut encore toucher le jackpot. Un bon parcours dans toutes les compétitions amène du beurre dans les épinards. La lucrative Ligue des Champions est, pour cela aussi, un objectif majeur. Au-delà de l'engouement et du prestige. Comme tous les participants à la phase de groupes, Paris a touché une prime de l'UEFA de 12.7 millions d'euros. A raison de 1.5 millions par victoire dans cette phase, les 5 succès ont fait rentrer 7.5 millions de plus dans les caisses. La qualification pour les 8e de finale 6 millions. Soit au total 26.2 millions d'euros, sans compter les droits TV (don le calcul tient compte du contrat du pays concerné, de la position en championnat la saison d'avant mais aussi du nombre de clubs concernés...).

Une victoire synonyme de qualification pour les quarts de finale ce soir ajouterait 6.5 millions. La suite peut faire tourner la tête: 7.5 millions pour une demi-finale, 11 millions pour une finale, 15.5 pour la victoire. Il y a donc encore 40.5 millions d'euros sur la table. Un pactole susceptible de changer le visage d'un club.

Un destin sportif à faire

A l'arrivée de l'actionnaire qatari en 2011, l'objectif était affirmé: gagner la Ligue des Champions. En janvier 2013, dans Le Parisien, Nasser Al-Khelaifi le scandait encore: "En arrivant à Paris en juin 2011, nous nous sommes donnés cinq ans pour faire partie du top niveau européen et pour gagner la Ligue des Champions. Il nous reste donc trois ans pour y parvenir." L'ambition a pris du retard. Surtout elle a régressé. Arrêtés quatre ans de suite en quarts de finale de la C1 (de 2012 à 2016), les Parisiens ont été éliminés en 8e de finale la saison passée. Une autre élimination à ce stade serait un nouveau camouflet, même contre le double champion d'Europe en titre.

Il scellerait aussi le destin d'Unai Emery, dont le contrat qui s'achève en fin de saison comporterait une clause de prolongation automatique en cas de présence en demi-finale. Après avoir laissé le titre de champion de France s'échapper en 2017 pour la première fois depuis 2013, le technicien espagnol aurait alors le pire bilan d'un entraîneur à Paris dans l'ère QSI. Une qualification pour les quarts de finale ne serait pas non plus une garantie de poursuite, tant ses relations avec de nombreux cadres de l'équipe (Thiago Silva, Neymar, Di Maria...) se sont tendues.

Et le PSG veut tourner une page. Après les départs de Blaise Matuidi (arrivé en 2011 au début du projet) et de Lucas (recruté avec faste en août 2012), Thiago Motta (arrivé en 2012) va mettre un terme à sa carrière pour intégrer la direction sportive du club. Autres symboles de ce PSG: Thiago Silva (recruté en 2012) a 33 ans, et se trouve mis en difficulté par son entraîneur et la montée en puissance de Presnel KimpembeAngel Di Maria a 30 ans et n'a pas caché son intérêt de rejoindre Barcelone l'été dernier, Daniel Alves ne sera pas éternel avec ses 35 printemps en mai prochain. Et le poste de gardien de but n'a pas vraiment été pleinement rassurant par Trapp ou Areola. Et quid de Marco Verratti, qui a régulièrement clamé qu'il voulait gagner la Ligue des Champions et qui attise les convoitises? Comme Neymar, dont la blessure pourrait le priver de la fin de saison avec son club, et qui n'a pas vraiment aimé le traitement médiatique, parfois de son propre public (les sifflets lors de son quadruplé contre Dijon) et du corps arbitral. 

Une qualification ce soir pourrait offrir un horizon plus clair à tous, n plus du prestige d'avoir renversé le double tenant du titre. Une élimination pourrait bien être synonyme d'énorme coup de balai à Paris.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze