Nasser Al-Khelaifi PSG
Le président du PSG Nasser Al-Khelaifi | KARIM SAHIB / AFP

PSG - Manchester City : Une partie de "cash-cash"

Publié le , modifié le

Match des "nouveaux riches", "partie des cheikhs", "Golfico", le quart de finale de Ligue des champions entre le PSG et Manchester City a débordé du cadre du sport bien avant son match aller mercredi au Parc des Princes. Depuis le tirage au sort, il est plus question d'argent et de politique que de football.

Sterling ! Un nom qui sonne et résonne si souvent au sujet de Manchester City. Raheem Sterling doit en avoir les oreilles qui sifflent. Malgré son talent et son transfert record à 69 millions d'euros, l'attaquant droit des Citizens est noyé par tous les chiffres qui circulent autour de son club. Comme son homologue du PSG, tout est régulièrement ramené à une histoire d'argent et l'investissement à perte des investisseurs du golfe persique. L'arrivée de grands argentiers dans le football n'a rien de nouveau. Il y a toujours eu des entrepreneurs ou de grandes familles derrière les clubs huppés. Fiat derrière la Juventus, Berlusconi au Milan, les Tapie, Bez, Pinault, Aulas en France, Murdoch en Angleterre, etc. En Espagne, la culture du "socios" a préservé les géants de la Liga d'un transfert dans des mains fortunés à défaut d'en assurer des finances saines.

50 % de propriétaires étrangers en Premier League

La bascule a commencé dans les années 2000 quand des investisseurs étrangers ont débarqué à grand renfort de mallettes et de RIB. A l'image des Glazer père et fils aux commandes de MU ou de Stan Kroenke à Arsenal, les Américains ont massivement investi, accompagnés des grandes fortunes de Russie, d'Inde ou du Golfe. En Premier League, la moitié des propriétaires sont étrangers. Joujou pour les uns ou stratégie de développement pour les autres, le foot a pris une autre dimension. Les bilans comptables ont désormais trouvé leur place dans les gazettes sportives. Le choc entre City et Paris en est le parfait exemple avec une avalanche d'articles proposant la balance des dépenses, l'origine des fonds, la dimension politique du projet et à côté un petit peu de football.

Recherche alliance et bonnes affaires

Il faut reconnaître que les deux clubs n'ont pas pour rien été dans le collimateur du fair play financier de l'UEFA. City, qui appartient au fonds d'investissement ADUG (Abu Dhabi United Group), propriété du cheikh Mansour bin Zayed al-Nahyan, a déjà dépassé le milliard d'euros (1,035) en achat de joueurs. QSI (Qatar Sports Investments), propriété de l'émir Tamim Ben Hamad al Thani, a dépensé moitié moins (558,5 millions d'euros) pour faire du PSG une grosse machine européenne. La folie des grandeurs pour mieux s'attirer la bienveillance des grandes puissances occidentales. C'est de cette manière que de nombreux analystes expliquent ce placement à risque. Richissime grâce à ses ressources en gaz mais état minuscule du Golfe qui pourrait en faire une proie facile, le Qatar joue le jeu du rapprochement et des alliances en investissant à l'étranger. Cette visibilité accrue, c'est ce que David Rigoulet-Roze chercheur à l'IFAS appelle le soft power. Abu Dhabi n'a pas besoin de reconnaissance comme son voisin mais son positionnement en Angleterre a permis au cheikh Mansour de réaliser quelques bonnes affaires. Deux approches différentes mais une même soif de gagner sur tous les terrains.

Xavier Richard @littletwitman