Le choc entre le PSG et le Bayern Munich
Marco Verratti en difficulté devant le Munichois Arturo Vidal sous le regard de Thiago Motta | REUTERS - BENOIT TESSIER

PSG: Le milieu ne fait plus la loi

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La large victoire du PSG contre le Bayern Munich (3-0) lors de la 2e journée de la Ligue des Champions fait les gros titres. Mais l'énorme performance du trio de la MCN, la solidité du duo Marquinhos-Thiago Silva ainsi que les bonnes interventions d'Areola masquent en grande partie la sale soirée passée par le milieu de terrain parisien. Et les Munichois ne sont pas les premiers à en profiter.

"On a fait preuve d'adaptation. Aujourd'hui, l'adversaire a défendu plus haut contre nous. C'est une équipe qui attaque avec beaucoup de joueurs, qui pousse beaucoup les latéraux offensivement, c'est pour ça que nous avions prévu de la solidité défensive." Unai Emery était clairement satisfait de la performance collective de son équipe contre le Bayern Munich. Il est vrai que passer trois buts à ce grand d'Europe, ne pas en encaisser un, malgré 62% de possession bavaroise, cela a de quoi conforter n'importe quel technicien. Surtout qu'il avait déjà employé la même tactique la saison passée au Camp Nou, pour le 8e de finale retour de triste mémoire contre le FC Barcelone (6-1). Pourtant, un secteur de jeu pose question depuis le début de la saison: le milieu de terrain.

Dominé oui, maîtrisé non

Depuis Carlo Ancelotti, et encore plus sous l'ère Blanc, le PSG a bâti son jeu sur la possession du ballon. A l'instar du FC Barcelone. Mais contre le Bayern Munich coaché par l'Italien, Paris a été totalement dominé dans ce secteur:seulement 37% de possession. Selon les Parisiens, c'était voulu. Mais était-ce voulu de laisser les Bavarois tirer à 16 reprises, centrer 36 fois, et accumuler 18 corners ? Sans doute pas. Au coeur du jeu, le trio Verratti-Rabiot-Thiago Motta n'a pas réussi à prendre le dessus. Il a même peiné à conserver le ballon et à la sortir proprement, face au pressing adverse.

Pourtant, en face, ils n'étaient que 3 (Tolisso, Vidal, Thiago Alcantara). Mais ces trois là ont occupé les espaces, bien mieux, et Thomas Muller et James Rodriguez se sont intercalés. Le tout a contraint le milieu parisien à jouer juste devant sa défense, et à souvent courir après le ballon. Sans oublier les nombreuses montées de Kurzawa, qui condamnent l'un d'eux à couvrir le couloir gauche. Combien de fois Cavani ou même Neymar sont revenus défendre pour prêter main forte à l'entrejeu ? Le PSG a gagné, mais il n'a pas maîtrisé son sujet. Les attaquants ont fait preuve de réalisme, les défenseurs de solidité. Le milieu a subi, et a connu un gros déchet technique qui plus est, notamment en 1re période.

Le trio du milieu en question

A Montpellier, le week-end précédent, les trois hommes du milieu de terrain n'avaient pas réussi à emballer le match. Sur un terrain désastreux, leur technique n'avait pas suffi pour briller. La semaine d'avant, le milieu lyonnais avait également fait des misères à son homologue. Et la liste n'est pas exhaustive. En transférant Blaise Matuidi à la Juventus, le PSG a perdu le seul membre du milieu de terrain à l'impact physique important. Thiago Motta, Marco Verratti et Adrien Rabiot forment une ligne extrêmement technique, très intelligente, au sens tactique avéré. Mais il leur manque cette capacité à imposer un défi physique, que tout grand d'Europe est capable d'assumer. Giovani Lo Celso, talentueux remplaçant, se trouve un peu sur le même registre. 

Samedi, en Ligue 1, ce milieu (s'il est aligné) passera un nouveau test contre celui de Bordeaux, où l'ancien Parisien Younousse Sankharé (5 buts depuis le début de la saison) représente  l'une des révélations du bon début de saison bordelais. Avec Otavio et Lerager, le trio a un impact physique important, même si la technicité est bien inférieure au PSG.