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Daniel Alves, Xavi et Luis Suarez, trois joueurs du FC Barcelone | AFP

PSG-FC Barcelone : Le Barca, quelques doutes subsistent

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Le FC Barcelone se rend mercredi à Paris pour le quart de finale aller de Ligue des Champions. Leader de Liga, le club catalan est impressionnant depuis le début de l’année 2015. Mais la machine ne semble pas si implacable que cela. Certaines zones d’ombre, ou au moins de doutes, subsistent.

Alves et Xavi, flou autour de certains cadres                                         

La saison n’est pas terminée mais la question du mercato estival apparaît du côté du Camp Nou. Elle prend une place importante dans les journaux catalans puisque le Barca ne pourra pas recruter avant janvier 2016 et s’affaiblirait en voyant ses cadres partir sans pouvoir les remplacer. Parmi les candidats au départ, deux sont clairement identifiés : Daniel Alves et Xavi. Le latéral brésilien arrive en fin de contrat et est bien décidé à tester le marché. Car il a 31 ans et qu’il "a des enfants à charge" a expliqué, très sérieusement, son agent. On ne va pas plaindre Daniel Alves, qui émarge à 7 millions d’euros par an, mais c’est une manière de dire qu’il espère décrocher un dernier gros contrat. Dans cette affaire, le joueur est en position de force puisqu’il a retrouvé un niveau décent après une année difficile et que les clubs intéressés commencent à se manifester. 

Toujours selon son agent, "deux clubs de Ligue des champions" sont venus aux nouvelles. Le Barca, lui, n’a pas de marge de manœuvre car aucun remplaçant dans les tiroirs. Montoya n’a jamais convaincu Luis Enrique et Douglas, le Brésilien déniché par l’ancien directeur sportif Andoni Zubizarretta, acheté 6 millions d’euros, n’est pas au niveau. Le cas de Xavi est différent. A 35 ans, la légende catalane se rapproche de la fin de sa carrière. Il joue peu et s’assoit, sans broncher, sur le banc lors des matches importants. Important dans la vie du groupe, Xavi a deux options : rejoindre le Qatar qui lui offre un pont d’or ou rester un an de plus dans "sa" maison. Le président du Barca Josep Maria Bartomeu serait ravi de conserver le milieu de terrain. "Il sait qu’il peut décider de rester un an de plus ou partir. Il a gagné ce droit et c’est sa décision", avait-il déclaré. Pour les deux joueurs, les tractations devraient durer jusqu’à la fin de la saison.

Neymar et Suarez, les difficultés du coaching

Luis Enrique a de l’humour. Devant les journalistes, le coach du Barca n’hésite pas à manier l’ironie. "Oui, les joueurs décident qui va jouer, qui est convoqué, comment on va presser. Pardon… si on gagne, bien sûr. Si on perd, c’est moi qui ai décidé". Il répondait alors à une question sur le repositionnement de Luis Suarez dans l’axe qui aurait été proposé par Lionel Messi. Depuis le début de l’année 2015, Enrique, après quelques tâtonnements (Suarez à droite à ses débuts), semble avoir trouvé la formule : Luis Suarez a retrouvé son poste de numéro 9 et enfile les buts depuis le début de l’année (9 buts entre la 18e et la 31e journée), enchaînant trois doublés lors des neuf derniers matches.

Neymar, lui, a retrouvé le chemin des filets en Liga contre Séville. Son magnifique coup-franc était son premier but depuis le 15 février. Avec Messi, le trio commence à prendre ses marques. Mais, ils donnent des maux de tête à leur entraîneur. L’Argentin ne sort jamais et la dernière fois qu’il s’est assis sur le banc – contre la Real Sociedad (0-1 début janvier) -, la polémique avait enflé en Catalogne et Enrique était clairement menacé. Donc le turnover et les remplacements tactiques en cours de match concernent surtout Neymar et Suarez qui ont de plus en plus de mal à l’accepter. L’Uruguayen n’avait pas apprécié d’être sorti pour Pedro face à Grenade le 25 février dernier, et avait boudé sur le banc jusqu’à la fin de la rencontre. Dimanche contre Séville, c’est Neymar qui a clairement montré sa désapprobation au moment de rejoindre le banc. Il a applaudi son entraîneur et il a fallu les interventions de Rafinha et Mascherano pour le calmer. Enrique n'était guère ravi de devoir donner son avis sur "l’incident" en conférence presse. "Ces conneries ne m’intéressent pas, je suis là pour parler de foot", a-t-il lancé. Justement, ce trio est intouchable, le pauvre Pedro se contentant des miettes en Coupe du Roi et en championnat dans les rencontres les moins prestigieuses. Disposer de tels joueurs est une chance pour Enrique. Mais, en contrepartie l’arbitrage entre les trois stars s’avère délicat. Et en cas de coaching nécessaire contre Paris, les choix du technicien catalan seraient forcément décortiqués, commentés voire critiqués par ses propres joueurs.

Le nul à Séville, une brèche dans laquelle s’engouffrer

A Séville, le Barca a été freiné par des Andalous (2-2) accrocheurs et imbattables chez eux depuis plus d’un an. Un nul pas forcément immérité pour les coéquipiers de Kevin Gameiro, auteur du but égalisateur, qui ont su revenir après été menés 2-0 suite à des réalisations de Messi et Neymar. Un nul qui trouve ses racines dans une erreur de Gerard Pique dans les dernières minutes de la rencontre. "Seville a égalisé en contre sur une erreur de notre part", a analysé Sergio Busquets. Cette petite erreur pourrait être un grain de sable dans l’impressionnante mécanique mise en place par Luis Enrique depuis le début de l’année. En 2015, le Barca c’est 23 matches disputés, 20 succès, 2 défaites, 1 nul, 68 buts marqués et 17 buts encaissés. Un bilan incroyable qui n’a rien a envié à celui de Pep Guardiola lors de sa première saison triomphale sur le banc catalan.

"Nous ne devons pas dramatiser les choses", a néanmoins prévenu le capitaine barcelonais Andres Iniesta. "Il faut être positifs et avoir confiance dans le fait que les choses se passeront bien (à Paris), cela ne fait aucun doute." Le milieu de terrain espagnol se rappelle aussi qu’après la défaite surprise au Camp Nou contre Malaga (0-1), le Barca était allé réaliser un récital sur la pelouse de Manchester City (2-1).

Benoit Jourdain @BenJourd1