PSG Pastore
Javier Pastore, le joueur du PSG | AFP - MARTIN BUREAU

PSG, entre espoirs et méfiance

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Sa victoire en quart de finale aller contre Chelsea place le PSG en position favorable avant le retour la semaine prochaine à Londres. A Stamford Bridge, le PSG pourra s’appuyer sur quelques certitudes mais devra aussi gommer ce qui n’a pas été, notamment durant les 45 premières minutes où Chelsea a eu le contrôle du jeu.

Les points forts

Des "mal-aimés" qui répondent présents

Javier Pastore enlacé par Lavezzi et Verratti sous les yeux de Laurent Blanc
Javier Pastore enlacé par Lavezzi et Verratti sous les yeux de Laurent Blanc

Ce succès par deux buts d’écart (3-1) qui lui donne un matelas si confortable avant le déplacement à Londres, le PSG le doit notamment à ses deux Argentins, Ezequiel Lavezzi et Javier Pastore. Le premier a confirmé qu’il aimait décidément bien les Blues. Après son doublé en 8e de finale alors qu’il évoluait à Naples face à ces mêmes Blues il y a deux saisons, il a à nouveau été un poison permanent pour la défense anglaise. Sa superbe ouverture du score (contrôle poitrine-demi volée) – sa 10e réalisation de la saison – a mis le PSG sur les bons rails. C’est lui encore qui tire le coup-franc qui amène au deuxième but parisien. Et il a "contribué" au troisième but en laissant sa place à 85e minute à son compatriote Javier Pastore.

"El Flaco" va devenir l’homme des grands rendez-vous. Buteur contre Valence en 8e de finale et le Barca en quart de finale de C1 la saison dernière, il a inscrit mercredi soir son troisième but de la saison après celui face à Monaco et en Coupe de la Ligue. Moins utilisé par Blanc et souvent remplaçant, il a pourtant fait basculer le résultat de "bon" à "très bon" grâce à un exploit individuel où il élimine trois adversaires. "Il a du talent et sur cette action, ce n’est que du talent", a admiré son entraîneur. Du talent – et sans lui faire offense – Christophe Jallet en était peut-être le moins doté des 11 titulaires mercredi soir. Et face au phénomène Hazard, on lui promettait l’enfer. Pourtant l’ancien Lorientais a été à la hauteur du rendez-vous, peut-être même le plus solide de l’arrière garde parisienne. Son retour plein d’autorité au cœur de la première période devant Hazard (31e) est la preuve qu’il a le niveau pour ce genre de rencontres. Lavezzi, Pastore, Jallet, trois joueurs moqués, parfois décriés, mais trois joueurs qui ont offert des garanties à Blanc.

La victoire de Blanc

Laurent Blanc a gagné son duel face à José Mourinho
Laurent Blanc a gagné son duel face à José Mourinho

Sa nomination avait soulevé des doutes. Laurent Blanc est-il capable de réussir là où Ancelotti s’était arrêté ? Se qualifier pour les demi-finales et éliminer un "grand" d’Europe. Ce jeudi matin, le "Président" est plus proche que l’Italien de réussir son pari. Et il a montré face à un entraîneur double vainqueur de la C1 qu’il pouvait soutenir la comparaison. Son duel face à José Mourinho était attendu. Et le Français n’a pas déçu. Pas de "coup" comme face à l’Espagne lors de l’Euro 2012, mais une ligne directrice simple et à laquelle il s’est tenu. Paris doit faire le jeu, qu’importe les événements, qu’importe les capacités redoutables de contres de Chelsea.

La première période compliquée ne l’a pas fait dévier, le PSG a continué à proposer du jeu et montant d’un cran, ses hommes ont totalement étouffé les Blues qui ont fini par craquer. "On a cru jusqu'au bout à notre jeu et en deuxième période on a fait ce qu'on est capable de faire et ce qu'on aime faire", a-t-il déclaré en conférence de presse. Ses changements également ont été pertinents : Lucas pour Ibrahimovic, Pastore pour Lavezzi. En choisissant l’offensive, il a été récompensé. Et enfin, la rencontre a confirmé que ses équipes (Bordeaux notamment) avaient toujours un faible pour les coups de pieds arrêtés (9e but de la C1 cette saison sur cette phase de jeu).

Ce qu’il faudra gommer

Un milieu de terrain qui a pris l’eau

Porté au pinacle lors de la première phase, le trio Motta-Matuidi-Verratti a souffert mercredi soir. Durant 45 minutes. Une période où on a vu des sorties de balles compliquées, des pertes et des erreurs techniques inhabituelles de la part de ses joueurs habitués à dicter leur loi le week-end en championnat et en semaine sur la scène européenne. Mais contre Chelsea et son trident inversé (Oscar en 10, Ramires et David Luiz en récupérateurs), ils ont trouvé à qui parler. Matuidi, qui a souffert de l’impact physique du Brésilien chevelu, et Marco Verratti et son jeu à risques ont coûté quelques situations chaudes au PSG.

L’Italien, comme le Français, se sont repris en deuxième mi-temps, tout comme Thiago Motta. Le patron du milieu était effacé durant la première période avant de reprendre le contrôle du jeu après la pause. Un retour aux affaires qui a coïncidé avec le renouveau du PSG. Mais les trois hommes sont prévenus, Chelsea a du répondant au milieu et le danger ne vient pas que de Hazard. Et à Stamford Bridge, dans l’obligation de remonter deux buts, les hommes de José Mourinho devraient être encore plus pressants.

Les stars en dedans

Thiago Silva a coûté un but à son équipe en provoquant le penalty. Il a été mieux en deuxième mi-temps.
Thiago Silva a coûté un but à son équipe en provoquant le penalty. Il a été mieux en deuxième mi-temps.

Achetés à prix d’or, le trio Thiago Silva, Zlatan Ibrahimovic et Edinson Cavani devait être celui qui permettrait au PSG de passer un cap en Ligue des Champions. Mercredi soir au Parc des Princes, on n’a pas reconnu les stars qui illuminent les pelouses d’Europe et de France depuis le début de la saison. Pour le Suédois, la soirée a viré au cauchemar. Transparent sur la pelouse durant une heure, il a été contraint de sortir sur blessure et devrait être absent "plusieurs semaines" selon Nasser Al-Khelaïfi. Une douleur musculaire qui le privera du retour à Londres. Les deux autres ont bien terminé la rencontre mais ne l’ont pas vraiment éclairé. Le défenseur brésilien a même été coupable d’une faute inhabituelle pour son standing. Au plus mauvais endroit en plus, dans la surface. Un penalty qui pourrait coûter cher au retour.

A l’autre bout du terrain, Cavani a fait preuve de sa grinta coutumière. Défenseur sur l’aile droite pour soutenir Jallet, il a en revanche rarement été trouvé en position idéale sur le front de l’attaque. Passé dans l’axe à la sortie d’Ibra, il a eu une occasion au bout du pied. Mais sa frappe du droit (84e minute) a filé à droite des buts de Petr Cech. Mardi prochain à Stamford Bridge, il devra être plus efficace. Sûrement placé en pointe en raison de l’absence d’Ibra, il devra montrer par les actes qu’il mérite mieux qu’une place sur l’aile.

Benoit Jourdain @BenJourd1