Tirages C1
Le tirage au sort de demi-finales de la C1. | FATIH EREL / ANADOLU AGENCY

Pourquoi l'Atlético s'en sort bien

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Avec Chelsea, l'Atlético Madrid a hérité d'un sacré client en demi-finales de la Ligue des Champions. S'ils font la fine bouche, les Colchoneros auraient pu être bien plus mal lotis. Les hommes de Diego Simeone, leaders de Liga, sont plus que jamais en course pour harponner un doublé historique.

Il serait profondément injuste d'attribuer à la "fortune" la saison exceptionnelle de l'Atlético Madrid. Premiers du championnat espagnol, les "Matelassiers" ont balayé d'un revers de main le grand FC Barcelone (1-0) mercredi, décrochant leur première qualification dans le dernier carré de la C1 depuis 1974. Défiant les lois pré-établies d'une Liga que nombre d'observateurs voyaient bicéphale, les hommes de Diego Simeone sont toujours dans la course pour décrocher leur premier titre de championnat depuis 1996. Indéniablement, l'Atlético ne doit à personne sa réussite actuelle, sinon au talent de son coach et de ses hargneux petits soldats. Mais ce vendredi, à l'occasion des tirages au sort des demi-finales de la C1, le sort a mis son grain de sel et donné un petit coup de pouce aux Rojiblancas.

Les ultra-favoris contournés 

Les plus terre-à-terres rétorqueront qu'à ce stade-ci de la compétition, il n'y a plus de favori. C'est partiellement vrai. Trois petits matches suffisent à décrocher la coupe aux grandes oreilles, et dès lors, les victoires s'offrent plus volontiers aux formations portées par un mental inoxydable. Le Bayern Munich, qui a seulement concédé trois défaites toutes compétitions confondues (1 en coupe, 1 en C1 et 1 en championnat), est de celles-ci. Guidés par Pep Guardiola, les Munichois s'évertuent à asphyxier leurs adversaires de la 1e à la 90e minute, et sont réputés pour ne jamais lâcher, quoiqu'il arrive. Imaginez alors le soulagement des Colchoneros, lorsque la "fortune" a décidé d'opposer le champion allemand et le Real Madrid. C'est vrai, les Merengues paraissent - en théorie - un peu plus abordables que les partenaires de Franck Ribéry, en raison à un nombre de défaites (un chouia) plus élevé. Toujours est-il que le nombre de leurs insuccès se comptent sur les doigts d'une main (5 au total). Mieux (ou pire pour leurs adversaires), les Galactiques pointent en tête du classement des équipes les plus prolifiques d'Europe : avec 90 buts inscrits depuis le début de la saison, le Real Madrid est la formation la plus redoutable en attaque parmi celles des 6 plus gros champions européens (Allemagne, Italie, France, Angleterre, Espagne, Portugal).

Mourinho VS Simeone : l'alléchant duel  

Sur le papier donc, Chelsea fait figure d'équipe la plus abordable pour l'Atlético Madrid. Les Blues, qui ont décroché une qualification au détriment du PSG malgré un ballottage très défavorable (1-3 à l'aller puis 2-0 au retour), ont été guidés vers les demies par l'inévitable José Mourinho, jamais éliminé en quart de finale de la mythique compétition européenne. Mais aussi confiant et provocateur qu'il peut l'être, "The Special One" ne devrait pas faire le fanfaron au moment d'aborder le match contre les Rojiblancas. Car l'ancien entraîneur du Real Madrid sait bien à quel point l'Atlético est une formation difficile à manoeuvrer, difficile à soumettre. Un détail qui n'empêche pas Paulo Ferreira, représentant de Chelsea à Nyon, d'afficher une confiance relative: "ce sera un match difficile, je dirais que ce sera 50/50. L’Atlético a joué un match formidable contre Barcelone et mérite sa place, mais j’espère que Chelsea pourra rejouer une finale. On a une équipe et un manager formidables, donc on fera notre maximum pour la jouer". De son côté, Diego Simeone avait aussi des raisons de redouter la confrontation face à Chelsea, et Mourinho est inévitablement le premier ressort de son inquiétude. Dans la presse, l'Argentin a déclaré à maintes et maintes reprises admirer le coach des Blues. Tant que la fascination ne se répercute pas sur le carré vert... 

Jean Charbon