Özil, le joyau ne brille plus

Özil, le joyau ne brille plus

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Transparent puis blessé hier contre le Bayern Munich (1-1), l'ancien Madrilène Mesut Özil, un temps considéré comme l'un des tous meilleurs joueurs au monde, n'en finit plus de décevoir.

Quelque part, les dirigeants d'Arsenal doivent s'en mordre les doigts. Obsédé par la volonté de conserver des comptes "sains", au sein même d'une Europe du football qui dépense à perte, l'état-major du club londonien avait consenti à un considérable effort financier l'été dernier. Las de voir les étagères de la salle des trophées rester poussiéreuses, le président des Gunners Sir John "Chips" Keswick avait signé un transfert record en "chapardant" Mesut Özil au Real Madrid, pour 50 millions d'euros. Titulaire dans le club le plus titré du football espagnol, considéré comme l'un des tous meilleurs passeurs d'Europe, l'international allemand débarque à Londres avec le statut de leader technique des Gunners. Les observateurs voient déjà en lui le digne successeur de Cesc Fabregas, parti au FC Barcelone deux saisons auparavant. Les premières prestations du natif de Gelsenkirchen sont encourageantes, mais inexplicablement, Ozil finit par rentrer dans le rang. 

A Arsenal, Özil est-il compris ? 

Déjà critiqué avant son penalty manqué sur la pelouse du Bayern en C1 il y a trois semaines (0-2), le Germano-turque est depuis littéralement lynché dans la presse sportive. Arsène Wenger, le manager du club londonien était déjà venu à sa rescousse à l'issue du match aller des 8e de la ligue des champions :"quand on vous n’êtes pas bon un jour, on vous critique, c’est normal", avait confié le coach alsacien. "Mais il travaille dur. Je ne veux pas lui mettre plus de pression, c’est un joueur de top classe. Il n’a pas disputé son meilleur match mercredi mais ça arrive. Il travaille pour s’adapter au niveau physique de la Premier League. Pour moi, c’est un joueur de football exceptionnel". Même son de cloche chez Philip Lahm, le capitaine de Bayern, qui s'est toujours montré prudent au moment d'affronter l'ancien meneur de jeu du Real: "beaucoup de joueurs du Bayern savent exactement ce dont Mesut est capable. Il a été l'un des meilleurs milieux de terrain centraux dans le monde pendant de nombreuses années. Il voit les passes et l'espace que très peu de joueurs dans le monde sont en mesure de voir". Le souci, c'est qu'actuellement, Özil ne voit pas grand chose. Ce mardi soir, sur la pelouse de l'Allianz Arena, l'ancien du Werder a été placé sur le flanc droit de l'attaque, en vain. Privé de ballons, Özil n'a effectué aucun effort défensif, forçant Sagna à enchaîner des allers et retours incessants. Ses coéquipiers lui reprocheraient d'ailleurs un manque d'implication et une tendance à rechigner à l'effort pénalisante pour le collectif. 

Un joueur fait pour la Premier League ? 

Jouer en Angleterre et ne pas vouloir défendre sont deux souhaits littéralement incompatibles. S'il ne le montre pas toujours sur le terrain, Özil le sait bien. "Je traverse une épreuve difficile", avait expliqué la semaine dernière le joueur de 25 ans. "Il faut d’abord que je m’habitue à l’intensité de la Premier League. Pour un joueur offensif, c’est agréable car on a énormément d’espaces. Mais il ne faut pas oublier les tâches défensives car dans un match il y a toujours des hauts et des bas". 

Il reste encore 3 mois à Mesut Özil pour justifier le coût mirobolant de son transfert, et pourquoi pas, jouer un rôle décisif dans la course au titre. Avant cela, l'international allemand devra soigner une déchirure à la cuisse contractée ce mercredi soir à Munich. Histoire de lui compliquer un peu la tâche. 

Jean Charbon