OL-Bayern : Hansi Flick, l'homme providentiel au cœur de la réussite bavaroise

Publié le , modifié le

Auteur·e : Hugo Monier
Hansi Flick Bayern
Hans-Dieter "Hansi" Flick porté en triomphe par ses joueurs après la victoire en Coupe d'Allemagne | AFP

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Hans-Dieter "Hansi" Flick est le plus âgé des trois entraîneurs allemands à disputer les demi-finales de Ligue des champions. Il est aussi, d'une certaine façon, le moins expérimenté. Grâce à un savoir-faire relationnel et une maîtrise tactique développés au fil des années, l'ancien adjoint de Joachim Löw a réussi à réanimer un Bayern Munich moribond.

Son nom a longtemps été caché parmi d'autres, dans l'ombre. Hansi Flick est finalement entré dans la lumière en novembre 2019. Depuis qu'il a remplacé Niko Kovac à la tête du Bayern, alors 4e de Bundesliga après une défaite 5-1 contre Francfort, l'ancien adjoint de Joachim Löw au sein de la sélection allemande a remis le club à sa place. Au sommet de la Bundesliga, et peut-être bientôt au sommet de l'Europe. D'un intérimaire, Hansi Flick est devenu l'homme providentiel du Bayern.

Une première carrière de coach ratée

La nomination d'Hansi Flick n'est pas arrivée comme l'aboutissement logique d'une carrière bien établie. De la même génération que Jürgen Klopp, sa trajectoire a été complètement différente. Le natif d'Heidelberg avait pourtant un temps d'avance. Retraité prématurément en 1993, après une carrière de milieu de terrain au Bayern et à Cologne, il devient entraîneur-joueur du Victoria Bammental (4e division) dès 1996. Il enchaîne en 2000 avec Hoffenheim, alors en quatrième division, mais quitte le club en 2005

Il entame alors déjà une deuxième carrière, celle d'adjoint. D'abord au Red Bull Salzbourg, mais surtout avec l'équipe d'Allemagne où il épaule Joachim Löw depuis 2006. Il le remplace même sur le banc lors du quart de finale de l'Euro 2008 face au Portugal, après l'expulsion de Löw au tour précédent. Il en profite également pour voyager, rend visite à Klopp, Lors du Mondial 2014, sa dernière compétition avec l'Allemagne, il supervise l'entraînement et est notamment en charge des coups de pied arrêtés. Cinq buts, dont celui de l'élimination des Bleus, seront marqués sur ces phases. Sur 32 corners, quatre seront transformés en buts (1 sur 8 !). Il prend ensuite un poste à la fédération allemande, puis dans l'organigramme d'Hoffenheim, avant de rejoindre le Bayern l'été dernier pour compléter le staff de Niko Kovac. 

Une relation privilégiée avec les joueurs

Car l'homme de 54 ans n'était pas là par hasard. Placé par la direction du club bavarois, il devait jouer les intermédiaires avec un vestiaire éloigné de Kovac après une première saison difficile, malgré le titre en Bundesliga. Car les cadres du vestiaire bavarois sont aussi ceux de la Mannschaft. Thomas Müller, Jerome Boateng et Manuel Neuer, notamment. Flick offrait aussi une solution en cas de départ prématuré de Kovac, ce qui est finalement arrivé.

Hansi Flick avec le trophée de champion d'Allemagne
Hansi Flick avec le trophée de champion d'Allemagne © AFP

Cette relation particulière avec un groupe parfois difficile à maîtriser, et qui avait déjà eu la peau de Carlo Ancelotti avant Kovac, est la base de la réussite de Flick. "Son empathie est sa plus grande force, un peu comme Jupp Heynckes, a expliqué un proche du vestiaire à The Athletic. Les joueurs aiment sa façon de leur parler. Il est honnête avec eux, tient sa parole. Ils l'apprécient et jouent pour lui." Dès sa prise de commandes, il voit avec les cadres ce qu'ils veulent changer dans le style de jeu. Une ligne défensive plus haute, un pressing retrouvé, un jeu sur les ailes plus poussé. 

Dans les traces d'Heynckes

Car Flick écoute son groupe, mais a aussi ses idées sur le jeu. "Presser à la perte de balle est très important pour lui, racontait Coutinho à TZ. Il insiste beaucoup sur un pressing compact, coordonné et parfois haut pour empêcher l'adversaire de produire son jeu." "La dernière fois que ça tournait aussi bien, c'était sous Pep Guardiola, a expliqué Müller au Suddeutsche Zeitung. Chaque joueur pouvait apporter sa touche à son rôle, selon sa préférence, ses forces, ses faiblesses, mais les rôles étaient clairs. Il n'y avait pas de si, de mais, de peut-être. Hansi nous donne des consignes claires. Il s'assure qu'on travaille tous défensivement, y compris les attaquants, et a rendu la colonne vertébrale de l'équipe très forte."

Une réussite collective, mais aussi individuelle. Barré sous Kovac, Thomas Müller a ressuscité et réalisé 17 passes décisives en 23 matches de Bundesliga. Leon Goretzka, outre les kilos de muscle pris pendant le confinement, semble enfin être devenu le milieu de terrain que l'Allemagne attendait. A ses côtés, Thiago Alcantara est redevenu la plaque tournante du jeu bavarois. Alphonso Davies s’est imposé comme la révélation de la saison dans le couloir gauche. Prolongé jusqu’à la fin de saison en décembre, il a finalement signé trois ans de plus en avril. Loin des surdoués Thomas Tuchel et Julian Nagelsmann sur le papier, mais en redonnant confiance et direction à une équipe au potentiel hors-norme, Hansi Flick pourrait finalement bien être l’entraîneur allemand de l’année.