Mathieu Valbuena
Mathieu Valbuena | JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Marseille veut refaire le coup de 2011

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Défait en ouverture de la Ligue des Champions face à Arsenal (1-2), Marseille n'a déjà plus le droit à l'erreur s'il veut espérer une qualification pour les phases finales de la mythique compétition européenne. Ca tombe bien : ce soir, les Phocéens affrontent Dortmund, dont ils avaient triomphé à deux reprises il y a deux ans ( 3-0 et 3-2). Aujourd'hui, les deux formations ont bien évolué mais les Marseillais peuvent-ils rééditer leur exploit ?

L'OM ne fait jamais rien comme les autres. Il y a deux ans, à l'occasion de l'avant dernier match des poules en Ligue des Champions, les joueurs de Didier Deschamps affrontent l'Olympiakos au Stade Vélodrome. Un match nul garantissait leur qualification, mais une nouvelle fois, ils déjouent les pronostics et sombrent à domicile contre les Grecs. Pour voir les phases finales, les Phocéens doivent triompher de Dortmund, dans son sulfureux BVB Stadion. Le pari est osé, et plutôt mal engagé : après seulement 30 minutes de jeu, l'OM perd déjà 2-0. Puis, Loic Rémy surgit. A la réception d'un centre enroulé d'Azpilicueta, l'attaquant tricolore passe une tête imparable qui surprend Weidenfeiller juste avant la mi-temps. Les cinq dernières minutes de jeu resteront dans les annales marseillaises. A la 85e, André Ayew expédie une tête surpuissante dans les buts de Weidenfeller, avant que Valbuena, entré en toute fin de match, enroule un délice de frappe qui trouve la lucarne du pauvre gardien allemand... à deux minutes du terme. Contre Dortmund, Marseille récolte 6 points en deux matches. Deux ans après, peut-on de nouveau croire au miracle ? 

Dortmund plus fort qu'il y a deux ans 

Éliminé dès les phases de poules, Dortmund finit finalement champion d'Allemagne à l'issue de la saison 2011/2012. La saison d'après, emmenés par Reus, Gotze et Lewandoski, les Allemands éliminent facilement le grand Real Madrid en demi et retrouvent le Bayern Munich en finale de la Coupe aux grandes oreilles. Les joueurs de Klopp sont battus (1-2), mais son équipe gagne le respect des plus grands. Aujourd'hui, Dortmund fait vraiment peur. 

L'OM ne retrouvera que trois éléments qui avaient joué le match de décembre 2011 (Hummels, Blaszczykowski, Lewandovski). Si certains joueurs clés comme Piszczek ou Gündogan sont actuellement blessés et Gotze parti au Bayern, le club de la Ruhr cartonne désormais avec Mikhtaryan, Aubameyang, Marco Reus et Lewandowski, auteur d'un doublé ce week-end contre Fribourg (5-0) : "déjà que c'était compliqué, ça va être encore plus dur", confie Steve Mandanda en conférence de presse, d'un rire inquiet, avant de parler de l'exploit réalisé il y a deux saisons comme d'un point de repère précieux : "c'est plus facile, on n'a pas mal de matchs derrière nous. On sait ce qui nous attend, on sait qu'on est capable de faire des exploits. On se qualifie en Ligue des Champions pour jouer des matchs comme ça. On va jouer le coup à fond".

Aussi, les joueurs de Klopp auront à coeur de se racheter après la défaite contre Naples en ouverture de la LDC (1-2). Et puis, ils se souviennent bien des deux revers face à l'OM. Robert Lewandowsk a même expliqué au quotidien allemand Bild que Dortmund avait "un compte à régler avec l'Olympique de Marseille". En théorie donc, la partie ne s'annonce pas facile pour les Marseillais. Les Allemands, probablement galvanisés par leurs récente finale de Ligue des Champions et touchés dans leur orgueil, sont plus expérimentés et méfiants qu'il y a deux ans. Ça tombe bien : l'OM aussi, est plus fort qu'il y a deux ans.

Du jeu, du talent : l'embellie marseillaise

Pourtant, sur le papier, l'OM version 2011/2012 n'avait pas grand chose à envier à celui d'aujourd'hui. M'Bia, Lucho Gonzalez, Azpilicueta, Loic Remy : autant de noms qui ont fait les beaux jours du Marseille de Didier Deschamps. Mais sous la coupe du champion du monde 98, la qualité du jeu produit a souvent été pointée du doigt. A l'inverse, aujourd'hui, elle est plutôt ce qui fait sa force : les matches récents contre Monaco, Arsenal ou Saint-Etienne ont montré que l'équipe désormais entraînée par Elie Baup sait produire du jeu, et du beau. En témoigne le but de Gianelli Imbula contre les Stéphanois mardi dernier, qui avait conclu une magnifique action d'école. Aussi, l'OM d'aujourd'hui dispose sans doute de plus de solutions offensives. Cet été, le président marseillais Vincent Labrune, soutenue par la propriétaire du club Margarita Louis-Deyfus, a mis les petits plats dans les grands : 40M€ dépensés et Dimitri Payet, Florian Thauvin et Saber Khalifa qui viennent garnir les rangs marseillais. Ces derniers semaines, et même si les deux derniers cités ont peu joué, les recrues marseillaises ont laissé entrevoir de belles promesses. 

Au BVB Stadion de Dortmund, l'OM ne fermera pas le jeu. S'ils veulent prolonger leur épopée européenne, les partenaires de Valbuena doivent marquer et gagner. Un objectif compliqué, mais réalisable. A moins que les Marseillais pêchent de nouveau dans l'efficacitén comme contre Arsenal il y a deux semaines. Si tel était le cas, ils diraient probablement adieu aux 8e de finales de la mythique compétition européenne. 

 

Vidéo : Baup et Mandanda en conférence de presse 

Jean Charbon