Mathieu Valbuena
Le joueur de l'OM Mathieu Valbuena | AFP - BERTRAND LANGLOIS

Marseille, les raisons d'y croire

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En s’inclinant à domicile dès son premier match contre Arsenal (1-2), Marseille s’est largement compliquée la tâche. Si la qualification ne s’est pas envolée mercredi soir, elle sera encore plus difficile à aller chercher. Pourtant les motifs d’espoir existent pour les Marseillais, qui ont montré sur leur pelouse qu’ils n’étaient pas là pour faire de la figuration.

Une réelle domination

Au Vélodrome, on promettait bien des difficultés aux Marseillais face à Arsenal. L’actuel meilleur buteur de Premier League (Giroud avec 4 buts), l’un des meilleurs créateurs du vieux continent (Mezut Ozil et ses 72 passes décisives en 3 saisons au Real Madrid), la vitesse de Theo Walcott contre Jérémy Morel, habitué à souffrir en Ligue 1, l’armada offensive londonienne allait donner des sueurs froides à l’arrière garde phocéenne. Mais au vue des 90 minutes, l’OM a fait bien plus que jeu égal. Les hommes d’Elie Baup ont plus tiré au but que leur adversaire – 17 fois (dont neuf cadrés) contre 9 pour Arsenal – et ont dominé au nombre de corners (7 à 4). Mais comme souvent dans ces cas-là, l’équipe qui ne convertit pas ses temps forts s’expose et c’est ce qui est arrivé.

Mais pendant une heure, les Marseillais ont prouvé qu’ils avaient le niveau pour être là. Morel, si souvent raillé, a tenu le choc face à Walcott. Sa bévue a coûté le match, mais Elie Baup ne voulait pas "l’accabler" après la rencontre. "On ne peut pas accabler un joueur qui a fait un très grand match devant Walcott. Mais, face à des joueurs d'une telle expérience, la moindre erreur se paie cash", a assuré l’entraîneur olympien. Le seul manque des Marseillais aura été de ne pas concrétiser leur période de domination et d’avoir encaisser le premier but. "Au bout d'une heure de jeu, je me suis dis que le premier qui marquait allait gagner. En Ligue des champions, les statistiques montrent que celui qui ouvre le score a 78% de chances de l'emporter", a souligné l'entraineur d'Arsenal, Arsène Wenger.

Les encouragements des adversaires

La tristesse se lisait sur le visage des Marseillais après la rencontre. "Le résultat est là, on a un sentiment de déception et de frustration", avouait Elie Baup. En guise de consolation, les Marseillais pourront se rappeler avoir bougé le deuxième de Premier League. "On a vu qu’on pouvait mettre en difficulté des clubs comme Arsenal (…) C’est ça qu’il faut retenir", a assuré Dimitri Payet. Arsenal a donc eu chaud et a tenu à féliciter son adversaire. "Ce soir on a vu un très bon OM" déclaré l’ancien olympien Mathieu Flamini. Tous ont salué la première mi-temps des Phocéens, celle où ils auraient pu faire la différence.

"Je m'attendais à une telle résistance de l'OM , il n'y a que les Marseillais qui sont convaincus qu'ils n'ont pas une bonne équipe. Moi j'étais convaincu avant le match", a analysé Arsène Wenger. "Je ne considère pas que Marseille soit condamné dans ce groupe", selon lui. "Le plus important est de prendre le positif et ne pas se décourager. Ils ont de grands motifs d'encouragement dans le match qu'ils ont livré", a poursuivi l’Alsacien. Ces encouragements - plus faciles à dire quand on est dans le camp des vainqueurs certes - ne leurs feront pas forcément gagner les prochaines rencontres, mais ils doivent donner confiance aux hommes d’Elie Baup.

L’expérience accumulée

Mercredi soir, l’OM a payé pour apprendre. Il y a deux ans l’OM avait atteint les quarts de finale, tombant contre le Bayern après éliminé l’Inter Milan en 8e de finale. Sur le banc, Didier Deschamps, un entraîneur rôdé à la C1, en tant que joueur (2 titres) et coach (finale avec Monaco en 2004). Cette année, l’OM a fait son retour avec des hommes nouveaux : Baup à sa tête et des jeunes qui découvrent cette compétition (Imbula, Thauvin), où ils ont encore tout à prouver. Ainsi, selon Opta, Elie Baup n’a remporté que 3 matches sur les 12 qu’il a dirigé avec Bordeaux.

Un manque d’expérience sur le terrain donc mais aussi sur le banc. Cette défaite amer doit servir. "Tant qu'il reste des matches, il faut y croire et essayer d'être le plus efficace possible en évitant les erreurs. C'est ça le haut niveau, c'est ça la Ligue des champions", a renchéri Elie Baup. "Ils ont fait le dos rond quand il le fallait, ils se sont montrés réalistes quand il le fallait. On doit savoir s'en inspirer."

Marseille a déjà battu Dortmund

En s’inclinant sur sa pelouse, l’OM s’est tiré une balle dans le pied. Une statistique pour illustrer l’ampleur de la tâche qui attend les Marseillais : ils ont 16,7% de chance de se qualifier pour les 8e de finale après avoir perdu le premier match à domicile. Un chiffre qui interpelle et qui oblige à réagir dès le prochain match le mardi 1er octobre sur la pelouse du vice-champion d’Europe, le Borussia Dortmund. Un adversaire que l’OM a déjà battu en phase de poules il y a deux ans, 3-2 au Westfalenstadion. Une raison d’espérer. Mais une de s’inquiéter également puisque Dortmund est tombé lui aussi sur la pelouse de Naples mercredi (2-1). 

Vidéo : les réactions de Baup et Gignac après le match