Louis Van Gaal Manchester United
L'entraîneur de Manchester United, Louis Van Gaal | AFP - KIERAN McMANUS

Manchester United, l'échec de Louis Van Gaal et des leaders

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Manchester United est éliminé dès la phase de poules de Ligue des champions pour la quatrième fois de son histoire. Dans un groupe largement abordable, les Mancuniens ont été loin d'honorer leurs glorieux prédecesseurs sous le maillot des Red Devils. Si Louis Van Gaal a évidemment une très belle tête de coupable, les joueurs, incapables de montrer le moindre sentiment de révolte, ne sont pas exempts de reproches.

Louis Van Gaal cristallise les critiques

Arrivé tout auréolé de sa superbe Coupe du monde avec les Pays-Bas au Brésil (3e), Louis Van Gaal a vu son crédit s’envoler peu à peu. L’an dernier, il a qualifié les Red Devils in extremis pour le tour préliminaire de la Ligue des champions. Cette année en championnat, le bilan n’est pas catastrophique puisque United est quatrième à trois points du leader Leicester (29 contre 32), mais cette élimination sur la scène européenne – la quatrième de l’histoire du club avant les 8e de finale – vient révéler au grand jour les lacunes du jeu mancunien. A commencer par ce désert offensif. Sur la scène nationale, United présente la plus faible attaque du Top 5 de Premier League (20 buts), même Everton, 9e (28 buts) et Southampton, 12e (21 buts) ont plus fait trembler les filets que l’équipe de Van Gaal. En C1, c’est encore pire. C’est simple mardi soir, en un match, le Real Madrid a mis deux buts de plus que Manchester sur ses six matches de la phase de poules (8 contre 6).

Les "Attack, attack, attack" qui résonne dans les tribunes d’Old Trafford sont compréhensifs et légitimes. Sous Sir Alex Ferguson, le football proposé était endiablé et offensif. Aujourd’hui, le Théâtre des rêves s’est endormi, usé et fatigué par le football proposé par Louis Van Gaal et ses hommes. Le Néerlandais est arrivé avec son projet de jeu, fait de possession et de confiance donnée aux jeunes joueurs. Ca a fonctionné à l’Ajax Amsterdam avec une génération fabuleuse (Seedorf, Davids, Kluivert, De Boer…) qui a remporté la "Coupe aux grandes oreilles" en 1995. Dans le nord de l’Angleterre, la greffe a bien du mal à prendre. Si des anciens comme Peter Schmeichel, emblématique gardien de l’ère Ferguson, demande du temps, les supporters, eux, ont de plus en plus de mal à calmer leur colère. Ce n’est pas l’appel de Carlo Ancelotti qui a déclaré son désir de rejoindre un jour Manchester United qui devrait les inciter à se taire.

Où sont les leaders ?

Avant Manchester United, c’était Roy Keane, Ryan Giggs, Paul Scholes, Rio Ferdinand, David Beckham, Edwin Van Der Sar… des joueurs garants de l’institution. Des leaders qui étaient capables de prendre leur équipe par la main et de la remettre dans le bon sens. Des joueurs brillants et des hommes de devoir. Même Patrice Evra était de ce type-là. Aujourd’hui, Wayne Rooney, absent contre Wolfsburg, semble bien seul et Bastian Schweinsteiger, acheté 18 millions d’euros au Bayern, n’est plus que l’ombre du joueur qu’il a été. Le brassard mardi soir était autour du bras de Chris Smalling, honnête défenseur anglais, mais quand on a connu Keane, Giggs, ou Scholes, la chute est rude.

Le constat est accablant : Manchester United manque de leaders. Tout simplement. Ryan Giggs, sur le banc, doit être bien triste en voyant le manque de caractère de ses joueurs incapables de sonner la révolte. Bien capables, en revanche, d’être repris trois minutes après l’ouverture du score d’Anthony Martial, de revenir au score dans les 10 dernières minutes, mais d’encaisser un nouveau but une minute après l’égalisation. Le fameux "Fergie Time" où Manchester renversait n’importe quelle situation dans les ultimes instants est bien loin. Un simple dézonage peut créer la panique. Vieirinha a passé sa soirée à se déplacer et gêner la défense mancunienne. "Nous avons mis en place un système dans lequel tous les joueurs offensifs n’arrêtaient pas de changer de position, et on a bien vu que ça leur posait des problèmes, notamment sur l’action qui a amené notre deuxième but", a révélé Julian Draxler, le joueur de Wolfsburg.

A une autre époque, lointaine désormais, ce problème aurait été rapidement solutionné par un Roy Keane ou un Darren Fletcher. Là, Marouane Fellaini s’est noyé tout seul. Et les recrues ? Outre le cas Schweinsteiger, Manchester United ne peut demander à Anthony Martial (20 ans) et Memphis Depay (21 ans) de prendre les clés du camion. Les deux jeunes recrues star de l’été ont tenté mais n’ont pas suffi. Les glorieux anciens sont montés au créneau ces derniers jours, mais Van Gaal, fier et avec l’énorme ego qui l’accompagne, est droit dans ses bottes. Mardi soir, il "était très satisfait de la prestation des jeunes joueurs de son équipe". Il aura l’occasion de les tester en Ligue Europa et tenter de sauver ce qu'il reste à sauver.