Cristiano Ronaldo (Real Madrid) et Diego Costa (Atletico Madrid)
Cristiano Ronaldo (Real Madrid) et Diego Costa (Atletico Madrid) | GERARD JULIEN / AFP

Madrid : la Decima ou l’Atletico ?

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Le Real Madrid affronte son voisin l’Atletico en finale de la Ligue des champions à Lisbonne, ce soir (20h45). Cette première entre deux équipes de la même ville offre l’occasion aux Merengues de soulever un trophée se refuse à eux depuis 12 ans, alors que l’Atletico n’espère qu’une chose : poursuivre le miracle.

Cette fameuse Decima. L’Arlésienne du Real. En 2002, le club madrilène améliore encore un peu plus son record de victoires, en battant le Bayer Leverkusen (2-1) en finale à Glasgow, sur une frappe magique de Zinedine Zidane suite au centre exquis de Roberto Carlos. Et puis plus rien… Quelques demi-finales (2011, 2012, 2013), mais le Real chute toujours au moment de franchir la dernière marche.  A tel point que cette quête insatiable tourne à l’obsession. "C’est un moment que tous nos supporters attendent, avoue Cristiano Ronaldo, de retour dans sa patrie pour l’occasion. Depuis mon arrivée au club en 2009, je ressens la pression dans la ville pour remporter la Coupe d’Europe. Nous ne sommes qu’à un pas d’y parvenir." "Nous avons l'immense opportunité d'entrer dans l'histoire du club, complète Carlo Ancelotti, l'entraîneur du club merengue. Nous allons employer toute notre énergie pour y parvenir. La première chose à faire, c'est être serein." Et si 2014 était donc la bonne année pour atteindre ce Graal ?

À défaut de moyens financiers...

Historiquement, le dernier obstacle apparaît comme facile. L’Atletico n’a atteint ce stade de la compétition qu’en 1974, défait par le Bayern Munich (1-1 a.p., 0-4 en finale rejouée). Mais cette saison apparaît comme un miracle pour les Colchoneros. Déjà, les Rojiblancos avaient remporté deux Ligues Europa (2010, 2012), deux Supercoupes de l’UEFA (2010, 2012) et une Coupe du Roi contre le Real l’an dernier. 2014 sera peut-être la meilleure année de l’histoire du club. Pour la première fois depuis 1996, l’Atletico a triomphé en Liga, devant le Barça, chez qui il a été sacré le week-end dernier après un match nul (1-1), et le Real. Un exploit unique, pour un club aux finances instables. Car derrière le vernis des résultats sportifs, la réalité économique n’est pas si reluisante. Alors que son riche voisin émerge à plus de 500 millions d’euros de revenus par saison, le "modeste" club madrilène dépasse difficilement les 100. Le club a plus de 500 millions d'euros de dettes et sa masse salariale représente plus de 90 % de ses revenus annuels. Alors il faut vendre quand l’opportunité se présente (Fernando Torres, David De Gea, Sergio Agüero, Radamel Falcao).

L’Atletico mise sur son physique et son mental

Si l’Atletico n’a pas les moyens de s’offrir un Gareth Bale, elle va puiser dans ses ressources intérieures. Comme Mourinho, Simeone, l’entraîneur des Colchoneros arrivé en 2011, sait tirer le maximum des capacités de ses joueurs. Face au Real cette saison, il s’est imposé à Santiago Bernabeu (1-0) en renforçant son milieu de terrain pour limiter l’impact de Di Maria et Isco sur les côtés. Lors du match retour à Vicente Calderon (2-2), le Real a certes eu 64% de possession du ballon, mais son milieu de terrain très technique (Xabi Alonso, Modric et Di Maria) a subi un pressing incessant de la part des Matelassiers. "Ils peuvent jouer avec trois milieux et trois attaquants, mais aujourd’hui, ils jouent avec un 4-4-2 qui marche bien, analyse El Cholo. Peu importe le système utilisé, les joueurs du Real Madrid sont tellement forts individuellement qu’ils peuvent être dangereux dans n’importe quelle disposition. Il est très difficile de jouer contre eux."

Xabi Alonso suspendu ce soir, c’est Illarramendi ou Khedira qui occupera le poste du Basque à la récupération. Cristiano Ronaldo (adducteurs), qui a débuté sa carrière sans le stade José Alvalade, à quelques centaines de mètres du stade de la Luz, et Karim Benzema (aine) devraient eux tenir leur place en attaque pour le Real. Le défenseur Pepe (mollet) reste quant à lui incertain. L’infirmerie du voisin est elle aussi bien remplie. Arda Turan (crête illiaque) et Diego Costa (cuisse) espèrent toujours prendre part à ce derby madrilène. L’Espagnol s’est même rendu mardi à Belgrade afin de rencontrer Marijana Kovacevic, une spécialiste des blessures musculaires qui a pour habitude de guérir ses patients avec un gel à base de placenta de jument. On la surnomme "Docteur Miracle". Un sobriquet qui irait bien à Simeone s’il réalise un doublé historique avec l’Atletico.

Adrien Debargue