Per Mertesacker, Robert Lewandowski, Dortmund, Arsenal
Le Gunner Per Mertesacker à la lutte avec Robert Lewandowski | PATRIK STOLLARZ / AFP

L'OM s'attaque à un copieux menu

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Marseille ne pouvait imaginer tirage au sort plus compliqué. Placé dans "le groupe de la mort", les vice-champions de France se mesureront à leurs équivalents allemands et italiens. Comme si le Borussia Dotmund et Naples ne suffisaient pas, les Olympiens ont également hérité d'Arsenal. Dans ces conditions, difficile d'espérer mieux qu'un rôle « de poil à gratter » dans cette poule F, objectif avoué du directeur sportif José Anigo.

NAPLES (Italie)

Le capitaine Marek Hamsik félicité par ses coéquipiers
Le capitaine Marek Hamsik félicité par ses coéquipiers

- L’entraîneur : Beñitez l’Européen
Vainqueur de la Coupe UEFA (2004), de la Ligue des champions (2005) et de l’Europa League la saison dernière, Rafael Beñitez aime l’Europe. L’entraîneur espagnol a mené Valence, Liverpool puis Chelsea au succès sur la scène continentale. Sans oublier une finale de C1 malheureuse avec les Reds en 2007 et deux championnats d’Espagne (2002, 2004). Ses passages mitigés à l’Inter Milan et chez les Blues ont néanmoins terni sa réputation.

- Le joueur clé : Marek Hamsik
Lavezzi et Cavani parti plus au Nord, le milieu de terrain slovaque est le seul rescapé du trio magique ayant redonné ses lettres de noblesses au Napoli. La saison passée, le joueur de 26 ans a signé 11 buts et 18 passes décisives. Pour franchir un cap, les Partenopei auront besoin d’un Marek Hamsik à son meilleur niveau pour faire briller Callejon et Higuain. 

- Le point fort : La folie
Dans leur stade San Paolo, poussés par 60.000 personnes en folie, les Italiens peuvent renverser n’importe qui. En 8e de finale aller de Ligue des champions il y a deux ans, ils avaient surclassé Chelsea, futur vainqueur, dans leur antre. Avec Zuniga et Maggio, ses latéraux très offensifs, le Napoli est une ode au football débridé. Ses 9 buts inscrits en trois matches de Serie A cette saison ne disent pas le contraire.

- Le point faible : L’inexpérience européenne
Malgré des joueurs de talent, Naples manque cruellement d’expérience. Higuain, Callejon ou Albiol, débarqués du Real Madrid, n’étaient pas titulaires indiscutables chez les Merengue. Ils ont souvent humé l’air des grands matches de C1 mais souvent depuis le banc. Seul Goran Pandev a déjà remporté la coupe aux grandes oreilles dans l’effectif transalpin. Un déficit d’expérience souvent fatal en Ligue des champions, surtout dans le groupe de la mort.

- Le passé européen : Depuis Maradona, plus rien
En 1989, Maradona menait le club du Sud de l’Italie à la victoire en Coupe de l’UEFA. Avant un long trou noir. De 1991 à 2011, le Napoli n’a pas connu les joies de la scène européenne. Il y a deux ans, les doubles champions d’Italie atteignaient les 8e de finale de Ligue des champions. L’an passé, ils avaient dû se contenter de l’Europa League.

BORUSSIA DORTMUND (Allemagne)

Aubameyang, Lewandowski et Reus, la triple menace
Aubameyang, Lewandowski et Reus, la triple menace

- L’entraîneur : Klopp le magicien
En cinq ans, Jürgen Klopp a ressuscité les Schwarz-Gelben. Arrivé au chevet du Borussia Dortmund en 2008, l’ancien coach du FSV Mayence a replacé l’octuple champion d’Allemagne dans les cimes de la Bundesliga et en a fait un club régulièrement présent en Coupes d’Europe. En 2011 et 2012, les hommes de la Rhur accrochent deux titres de champions et retrouvent la C1. Faiseur de miracle, Klopp les a menés en finale de la compétition la saison dernière.

- Le joueur clé : Robert Lewandowski
49 matches, 36 buts. Telles sont les statistiques rutilantes de l’attaquant polonais de 25 ans la saison dernière. L’an passé, Lewandowski a été l’élément-clé du superbe parcours des Jaune et Noir en Ligue des champions. Buteur en 8e et en quart de finale, l’ancien joueur du Lech Poznan est entré dans une autre dimension en signant un retentissant quadruplé face au Real Madrid en demi-finale aller. Ses envies de départ envolées, « The Body » est prêt à scorer.

- Le point fort : Une attaque de feu
Pour compenser le départ de son joyau Mario Götze au Bayern Munich, Dortmund s’est offert le frisson arménien Henrik Mkhitaryan (29 buts en 42 matches l'an dernier) et le dragster gabonais Pierre-Emerick Aubameyang (21 buts en 45 matches), tous deux 24 ans au compteur. Avec le retour de Nuri Sahin à l'hiver dernier et la patte huilée de Gundogan, les munitions ne devraient pas manquer à Reus et ses partenaires offensifs. Une impression confirmée depuis le début de saison, avec 22 buts en 7 sorties pour les Jaune et Noir.

- Le point faible : Une incapacité à fermer le jeu
Armé pour détruire n'importe quelle défense, le club allemand peine à fermer le jeu une fois l'avantage acquis. Une incapacité à réduire la voilure quasi-fatale la saison passée en Ligue des champions. Face à Malaga, en quart de finale, les hommes de la Rhur n'ont dû leur salut qu'à deux buts dans les arrêts de jeu. En demi-finale, après leur démonstration du match aller (4-1) contre le Real Madrid, ils ont frisé la correctionnelle au retour (2-0). Une faiblesse encore constatée ce week-end en Bundesliga, où le Borussia a mené 2-0, s'est fait rejoindre, puis a gagné.

- Le passé européen : Un lourd héritage
En 1997, Dortmund soulevait la Ligue des champions. Demi-finaliste l'année suivante, le club cher à Michael Zorc, ancien joueur et actuel directeur sportif, a ensuite disparu des radars européens en 2003. Au bord de la faillite en 2005, le BVB s'est remis sur les bons rails, retrouvant la C1 en 2012. Dernière d'une poule comprenant... Marseille et Arsenal, la troupe à Klopp a fourbi ses armes. Un prélude à sa formidable épopée l'année dernière. Les Allemands ont un statut de finaliste sortant à honorer.

ARSENAL (Angleterre)

Giroud-Özil, duo de choc
Giroud-Özil, duo de choc

- L’entraîneur : Wenger, Monsieur Arsenal
Au club depuis 1996, Arsène Wenger fait partie des meubles à Arsenal. En 16 saisons, l'ancien entraîneur de Monaco a placé 12 fois son club sur le podium de Premier League avec trois titres de Champion à la clé. Si quatre Coupes d'Angleterre et autant de Community Shield sont venus garnir son armoire à trophée, Wenger n'a plus rien fait gagner aux Gunners depuis 2005. Suffisant pour qu'une partie du public londonnien ne le remette en question. D'autant plus légitime que Wenger n'a jamais apporté de titre européen à son club.  

- Le joueur clé : Mesut Özil
L'ancien Madrilène, ses yeux globuleux, son génie et son inconstance ont débarqué à l'Emirates Stadium en fin de mercato. Peu dispendieux d'habitude, Wenger a fait une folie à 50 millions d'euros avec le milieu de terrain allemand. Le seul renfort de poids du côté d'Arsenal cet été avec Flamini. D'un caviar à Olivier Giroud (4 buts en 4 matches de Premier League) après 11 minutes de jeu sous ses nouvelles couleurs, Ozil a déjà étalé sa classe. On parle tout de même d'un homme ayant marqué entre 7 et 10 buts par saison  lors de ces trois ans au Real Madrid. Sans parler de ses 23 passes décisives annuelles de moyenne sous le maillot merengue.

- Le point fort : Une énorme expérience européenne
Cette saison, Arsenal vise une 11e qualification consécutive pour les 8e de finale de la Ligue des champions. Une régularité impressionnante à ce niveau pour une équipe souvent raillée pour son mental friable. La saison passée, ils avaient même frôlé l'exploit en 8e de finale face aux futurs vainqueurs munichois (1-3 à l'Emirates mais 0-2 à l'Allianz Arena). Idem l'année précédente au même stade de la compétition contre le Milan AC. Battus 4-0 à l'aller, les Cannoniers avaient infligés un 3-0 aux Rossoneri au retour. Qu'on se le dise, même dans le dur, Arsenal se sublime en Ligue des champions.

- Le point faible : Des joueurs fragiles
A croire que la bande à Wenger est touchée par une malédiction. Depuis plusieurs années, les Gunners multiplient les joueurs en verre, à l’image de Diaby et Wilshere, deux hommes abonnés à l'infirmerie. Avec les blessures longue durée de Cazorla, Arteta, Podolski et Oxlade-Chamberlain, ce nouvel opus ne déroge pas à la règle. Un sérieux handicap lorsque le calendrier va s'emballer.

- Le passé européen : Arsenal est maudit
Loin d'avoir le palmarès européen le plus éloquent des quatre membres de ce groupe F, Arsenal en est l'élève le plus assidu en Ligue des champions. Outre ses dix 8e de finale consécutifs, le club anglais n'a plus manqué la Coupe aux grandes oreilles depuis la saison 1997/98. En 2006, les Londonniens sont allés jusqu'en finale mais le Barça était trop fort.
Comme Galatasaray lors de la finale de la Coupe UEFA 2000. Depuis 1994 et leur triomphe en Coupe des Coupes, les anciens pensionnaires d'Higbury chassent une nouvelle couronne européenne. En vain...

Vidéo: l'Om veut se surpasser

Jerome Carrere