Ligue des champions : Thomas Müller, la résurrection de l'indispensable

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Thomas Müller célèbre son doublé contre le Barça

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Homme clé dans le succès triomphal du Bayern Munich contre le FC Barcelone (8-2), vendredi en quart de finale de Ligue des champions, Thomas Müller a rappelé à quel point il était un joueur indispensable en Bavière.

C’est ce qu’on appelle remettre l’église au milieu du village. Dit sur le déclin, éjecté de la Mannschaft par Joachim Löw, et cantonné au banc de touche au Bayern jusqu’en octobre dernier, Thomas Müller est redevenu le joueur indispensable qu’il était. Si le message n’était pas encore parvenu à tout le monde, il s’est chargé de bien insister ce vendredi soir en participant allègrement à l’humiliation infligée au FC Barcelone en quart de finale de la Ligue des champions (8-2).

Müller a planté la graine

Sa première période pourrait faire office de CV au champion du monde 2014. Double buteur en l’espace de trente minutes, il a rappelé qu’il était un redoutable finisseur (5e, 32e). Celui qu’on a l’habitude de qualifier de joueur “non esthétique” a encore prouvé qu’il était un des meilleurs quand il s’agit de jouer en une touche de balle, notamment sur l’ouverture du score. Sur un centre venu de la gauche d’Ivan Perisic, il a remisé habilement sur Robert Lewandowski, lequel lui a rendu la pareille et c’est sur une frappe du gauche sans contrôle que Thomas Müller a annoncé à Marc-André Ter Stegen qu’il allait passer une sale soirée.

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Sa prestation dans le premier acte a été d’autant plus impressionnante qu’il n’a touché que 18 malheureux ballons avant la pause, soit moins que tous les autres joueurs présents sur la pelouse, gardiens compris. De ces 18 ballons, 15 passes ont été effectuées, 2 tirs tentés et transformés. Ajoutez à cela 26 courses à haute intensité pour libérer les espaces en situation offensive, et les combler en phase de repli. 

Alors que l’issue du match ne faisait plus aucun doute en seconde période, Thomas Müller est descendu d’un cran sur le pré, participant un peu plus au jeu, sans toutefois renoncer à déstabiliser l’arrière garde catalane. L'Allemand a saupoudré le tout d'une passe décisive, la 26e de la saison, toutes compétitions confondues, pour rendre une copie parfaite. Il se serait toute fois contenté de l'issue de cette soirée mémorable, au cours de laquelle il est notamment venu chiper à Philipp Lahm le record de matches joués avec le Bayern en C1 (113). 

L'éternel raumdeuter

Thomas Müller est unique, impossible à copier”, insistait son coach Hans-Dieter Flick cette semaine, celui qui l’a réinstallé dans le cœur du jeu bavarois à son arrivée en novembre. Ce dernier a compris à quel point Müller était essentiel à la cohésion tactique de son équipe. Génie du placement et presque géomètre, il sait lire le jeu, l’analyser et agir en conséquence pour préserver la structure de son équipe, que ce soit en phase offensive ou défensive.

Interrogé sur son rôle sur le terrain en 2011, le milieu offensif allemand s’était qualifié de “raumdeuter” (un interprète d’espaces, ndlr). Ni particulièrement rapide, physique ou technique, Müller n’a pas non plus de poste fixe sur le terrain. Son efficacité repose avant tout sur des facultés mentales : d’anticipation et d’analyse tactique. Sa compréhension du jeu est manifeste dans ses interviews.

Alors que ce n’était pas à lui de se charger de défendre sur Lionel Messi, en conférence de presse d’avant match, Thomas Müller n’a pas hésité à livrer son analyse de la situation : “Même si Messi est en excellente forme actuellement, il ne faut pas faire un marquage individuel sur lui. Mon expérience a montré que cela ne fonctionne que si vous défendez en équipe. Si le premier joueur ne gagne pas le ballon, le suivant doit venir en renfort en attendant que le premier joueur revienne”. C’est le plan que le Bayern a d’ailleurs adopté, avec une grande réussite.

Un avenir d'entraîneur ?

S’il est capable d’analyser par lui-même, Müller est aussi apprécié pour sa capacité à assimiler et à appliquer les consignes de son entraîneur. "Nous voulions les dominer dès la première minute, et nous avons fait une super première période. Ce soir nous avons été brutalement dominateurs. Nous n'avons laissé aucun espace à leurs milieux de terrain. Nous avions déjà avant ce match une grande confiance en nous, mais nous savons aussi que nous ne pouvons éliminer aucun adversaire si nous n'allons pas à nos limites", a-t-il réagi après la qualification du Bayern pour le dernier carré de la C1.

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Face à Lyon ou à Manchester City, l’Allemand aura une nouvelle occasion de montrer qu’il est un des maillons forts de la meilleure équipe actuellement en Europe. A seulement 30 ans, il lui reste encore quelques belles saisons pour marquer un peu plus l’histoire du Bayern. Dans le pire des cas, sa compréhension du jeu pourrait être appréciable en cas de reconversion au poste d’entraîneur. Si le coaching allemand a la cote cette saison avec trois entraîneurs allemands dans le dernier carré de la C1 (Tuchel, Nagelsmann et Flick), Müller est déjà une option crédible pour s’inscrire dans la tradition.

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