Ligue des champions : Porto, forteresse imprenable pour les clubs français

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
FC Porto Pepe 2020
Pepe et ses coéquipiers n'ont rien laissé passer contre l'Olympiakos (2-0). | AFP

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Adversaire de l'Olympique de Marseille ce mardi, en phase de groupes de la Ligue des champions, le FC Porto est un terrain hostile à l'épanouissement des clubs français dans la prestigieuse compétition. En sept rencontres disputées dans leur antre, jamais les Dragons ne sont inclinés contre un club de Ligue 1. Paris, Lyon, Lille et surtout Marseille s'y sont déjà cassé les dents.

♦ 4 novembre 2003 : Drogba frustré, l'OM condamné

Troisième sans briller en Ligue 1 et pas très bien embarqué en Ligue des champions, l'Olympique de Marseille est dos au mur le 4 novembre 2003. Avec seulement trois points marqués après leurs trois premiers matches de phase de groupes en C1, les Phocéens n'ont plus le droit à l'erreur pour maintenir en vie leur rêve de phase finale. Les deux défaites concédées contre le Real Madrid (2-4) et le FC Porto (2-3) obligent les hommes d'Alain Perrin à réagir au bientôt démoli Estadio das Antas, chez les Portugais.

Mais les Marseillais s'inclinent par la plus petite des marges avec pour seul but encaissé celui du Sud-africain Benni McCarthy à la 22e minute - qui a égoïstement poussé sur la ligne de but le lob pourtant réussi de son coéquipier Dmitri Alenichev. L'amertume domine au coup de sifflet final, quelques secondes après que Didier Drogba a fracassé la barre transversale de Vitor Baia en frappant le dernier coup franc du match (90+3'). L'OM se sait condamné à jouer la Coupe UEFA, qui se révélera finalement comme un très beau lot de consolation avec un parcours riche en émotions, jusqu'en finale contre Valence (0-2).

Didier Drogba l'avait sans doute vue dedans.
Didier Drogba l'avait sans doute vue dedans. © DR

♦ 23 mars 2004 : premier quart et sale quart d’heure pour l’OL

Jamais Lyon n'avait encore fait pareil parcours en C1. Premier de sa poule devant le Bayern Munich, doublement vainqueur sans encaisser de buts en huitièmes de finale contre la Real Sociedad (1-0, 1-0), l'OL se déplace à Porto le 23 mars 2004 dans le flambant neuf Stade du Dragon pour disputer son tout premier quart de finale de Ligue des champions. Mais après Marseille et avant Monaco, les Lyonnais vont connaître la défaite face aux hommes de José Mourinho, futurs vainqueurs de la compétition.

L'international portugais Deco a fait 80% du travail lors de ce match aller en étant directement impliqué sur les deux buts de la victoire 2-0 des siens. C'est lui qui marque le premier en reprenant victorieusement de la hanche un centre-tir très puissant de McCarthy juste avant la fin de la première période (44e). Il délivre ensuite une passe décisive sur coup franc en déposant le ballon sur la tête de Ricardo Carvalho (71e). Muets à l'extérieur, les Lyonnais ne démériteront pas au retour à Gerland (2-2), mais leur parcours s'arrête finalement deux semaines après la défaite à Porto.

♦ 6 novembre 2007 : Lisandro Lopez ruine la série marseillaise

Avec 7 points marqués lors des trois premiers matches de la phase de poules, l'OM semble avoir tiré les leçons de ses dernières expériences en C1. Le club marseillais est boosté par son exploit à Liverpool (1-0). Au Vélodrome, pas de défaite cette fois contre le FC Porto, et le retour prévu le 6 novembre 2007 au Stade du Dragon est une occasion en or de faire un grand pas vers la phase finale. Mais le château de cartes s'écroulera finalement, et c'est une nouvelle défaite contre Porto qui plongera les Phocéens dans un profond désarroi.

La faute à un certain Lisandro Lopez, que l'OM retrouvera bientôt sur les pelouses de Ligue 1. Le buteur argentin va d'abord ouvrir la voie au premier but des siens, en créant l'espace pour Tarik Sektioui grâce à un appel intelligent (27e). Puis c'est lui qui répond à l'égalisation de Mamadou Niang (47') en marquant après un centre de Quaresma, repris de la tête au premier poteau (78'). Battu 2-1 à Porto, l'OM amorce alors une série de trois défaites consécutives, rédhibitoire pour tout espoir de qualification en phase finale. Et cette fois le reversement en C3 n'aura pas la même issue.

La déception de Gaël Givet au coup de sifflet final.
La déception de Gaël Givet au coup de sifflet final. © AFP

♦ 3 octobre 2012 : la première fausse note du PSG ère QSI en C1

Devancé par Montpellier après sa première saison sous pavillon qatarien, le PSG fait tout de même son retour en Ligue des champions lors de la saison 2012/13. Coaché par Carlo Ancelotti, renforcé par les arrivées de Zlatan Ibrahimovic et de Thiago Silva, le club de la capitale a débuté sa campagne européenne avec un succès probant contre le Dynamo Kiev (4-1) et est attendu à la première place d'un groupe abordable, où le FC Porto fait figure d'adversaire le plus sérieux, sans être particulièrement effrayant.

Mais le déplacement au Portugal, son 2e match en Ligue des champions depuis le renflouement des caisses, se terminera par une défaite logique. Dominés toute la rencontre, les Parisiens ont longtemps retardé l'échéance grâce à Salvatore Sirigu, mais la pépite colombienne James Rodriguez finit par trouver la faille à 6 minutes de la fin du temps réglementaire (84e). Opportuniste après un centre prolongé par Jackson Martinez, il ouvre son pied gauche pour mettre le ballon hors de portée du portier parisien.

L'explosion de joie de James Rodriguez après son but tardif.
L'explosion de joie de James Rodriguez après son but tardif. © AFP

♦ 26 août 2014 : Lille refoulé à l’entrée

Troisième de Ligue 1 à l'issue de l'exercice 2013/14, le LOSC doit passer par deux barrages aller-retour pour valider sa qualification à la Ligue des champions. Le premier face au Grasshopper Zurich est un succès (2-0, 1-1). Après un match à la maison perdu quatre jours plus tôt (0-1), les Dogues se déplacent chez le FC Porto, là où aucun club français n'a gagné le moindre match en C1 en espérant un sursaut. Mais il n'arrivera pas. 

Sans Salomon Kalou, Marvin Martin et Marko Basa, les hommes de René Girard plient face à la bande à Yacine Brahimi. L'ex-Rennais a tout fait et surtout en deuxième période, en marquant tout d'abord sur coup franc direct (49'), puis en lançant idéalement Jackson Martinez sur le but du 2-0 (69'). Pas de Ligue des champions pour Lille, mais un reversement en Ligue Europa, que le club nordiste essaie encore d'oublier (dernier de son groupe avec aucune victoire).