Ligue des champions : les raisons de croire à une qualification contre la Juventus pour l'Olympique Lyonnais

Publié le , modifié le

Auteur·e : Denis Menetrier
Les joueurs lyonnais quelques heures avant la finale de la Coupe de la Ligue
Les joueurs lyonnais quelques heures avant la finale de la Coupe de la Ligue | FRANCK FIFE / AFP

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Ce vendredi soir, l’Olympique Lyonnais se déplace sur la pelouse de la Juventus Turin pour le match retour des huitièmes de finale de la Ligue des champions. Pour Lyon, tout l’enjeu de ce match est de préserver le résultat du match aller (1-0), une courte victoire acquise au Groupama Stadium avant l’arrêt des compétitions en raison de l’épidémie de Covid-19. Un peu moins de six mois plus tard, la formation rhodanienne n’a disputé que quatre matches officiels, tandis que la Juventus en a joué quinze. Malgré ces disparités, l’OL possède tout de même des raisons de croire à une qualification.

Réaliser le même exploit qu’il y a dix ans, voici la mission des Lyonnais ce vendredi soir contre la Juventus. Le 10 mars 2010, l’OL obtenait un match nul sur la pelouse du Real Madrid (1-1) de Cristiano Ronaldo grâce à un but de Miralem Pjanić, permettant au club de se hisser en quarts de finale après sa victoire 1-0 à l’aller. Une décennie plus tard, Lyon se retrouve condamné au même exploit, avant d'en viser un bien plus important cette fois : remporter la Ligue des champions pour espérer participer à une Coupe d’Europe la saison prochaine.

Pour cela, l’OL se doit de vaincre la Juventus - également emmenée par Cristiano Ronaldo - lors de ce huitième de finale retour. Un club récent vainqueur de son neuvième titre consécutif en Serie A et une star qui n’en finit plus de marquer depuis la reprise du football italien fin juin. Malgré sa défaite en finale de la Coupe de la Ligue contre le Paris Saint-Germain la semaine dernière (0-0, 6-5 t.a.b.) et une seule rencontre en compétition officielle depuis mars, les discours de Rudi Garcia et de ses joueurs sont marqués par une forme d’optimisme. Car Lyon a plusieurs raisons de croire à la qualification, à quelques heures de cette rencontre si décisive pour l’avenir du club.

• L'OL a les faveurs des statistiques

Le premier motif d’espoir de l’Olympique Lyonnais n’est que pure probabilité. Avec sa victoire par un but d’écart (1-0) au match aller au Groupama Stadium le 26 février dernier, l’OL s’est offert les faveurs des données statistiques, outil ô combien important dans le monde du football moderne. Dans l’histoire de la Ligue des champions, 70% des équipes qui se sont imposées 1-0 à domicile lors du match aller se sont qualifiées pour le tour suivant. Pour l’OL, qui a donc réalisé cette performance en 2009-2010 contre le Real, l’objectif est donc de ne pas faire partie des 30% restants. Ce qui avait été le cas lors de la saison 2011-2012, également en huitièmes de finale de la Ligue des champions : Lyon s’était imposé 1-0 à domicile contre l’APOEL Nicosie, avant d’être éliminé lors du match retour aux tirs au but (0-1, 5-3 t.a.b.).

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• Rudi Garcia, bête noire de Maurizio Sarri

Maurizio Sarri souhaitera se qualifier pour le premier quart de finale de Ligue des champions de sa carrière d'entraîneur ce vendredi, mais également briser la série noire qui le lie à Rudi Garcia. Outre le match de février dernier, les deux hommes se sont affrontés à quatre reprises, lorsque Garcia entraînait l’AS Roma (2013-2016). Lors des trois matches entre la Roma de Garcia et l’Empoli de Sarri en 2014-2015, le bilan a été favorable au Français avec deux victoires et un nul. La saison d’après, que Garcia ne terminera pas en Italie, a vu le Napoli et la Roma s’accrocher (0-0). Sur les 26 entraîneurs que Sarri a rencontrés au moins cinq fois dans sa carrière, Rudi Garcia est d’ailleurs celui contre qui son ratio de points par match est le moins élevé (0,4 point/match). Garcia, bête noire de Sarri.

• L'OL est capable de hisser son niveau de jeu

"Le match contre Lyon sera compliqué. J’ai été surpris de les voir très en forme. Même en prolongations, contre Paris, ils ont été brillants". Les propos de Sarri peuvent résonner dans les têtes des joueurs de l’OL et leur donner un peu de confiance avant d’aborder ce huitième de finale retour. Contre le PSG, en finale de la Coupe de la Ligue, les Lyonnais ont montré qu’ils étaient capables d’élever leur niveau de jeu et de venir mettre en danger une grande équipe européenne. "Cela nous donne de la confiance en vue du match contre la Juventus car nous avons montré beaucoup de choses positives et il faudra s’en servir vendredi", a déclaré Maxwell Cornet lors d’un entretien accordé à l’AFP mercredi, avant de poursuivre : "Nous avons fait les efforts les uns pour les autres et si nous sommes comme cela contre la Juventus, nous aurons toutes nos chances."

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En conférence de presse après la défaite contre le PSG vendredi dernier, Rudi Garcia s’est également montré optimiste : "Cette finale est une bonne base de travail pour le match de la Juventus". Un enthousiasme confirmé par le discours d’après-match de l’entraîneur dans les vestiaires de l’OL à l’issue de la finale : "Ce soir, on a montré qu’on pouvait battre la Juventus. (…) Ou on croit en nous et on pense qu’on peut gagner le Graal, ou alors ce n’est pas la peine d’aller jouer la Juventus. Je pense qu’on peut avoir une belle surprise. Vendredi soir prochain, à cette heure-là, on est en quart de finale de la Ligue des champions !" Ce supplément d’âme et cet espoir seront nécessaires aux Lyonnais ce vendredi pour éliminer la Juventus.

• La Juventus enchaîne les contre-performances

Les derniers résultats de la Juventus, qui a joué son dernier match le 1er août contre l’AS Roma (défaite 3-1 à domicile) peuvent également donner un brin de confiance aux Gones. Sur ses huit dernières rencontres, la Vieille Dame ne s’est imposée que deux fois, a perdu quatre fois (contre la Roma, Cagliari, l’Udinese et l’AC Milan) et a fait deux matches nuls. Des performances en demi-teinte qui n’ont pas empêché le club italien de remporter la Serie A.

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Mais des incertitudes demeurent du côté de la Juventus et de Maurizio Sarri, qui a été mis sous pression par sa direction. Sur toutes les lignes, la Juventus tâtonne. La défense des Transalpins habituellement très solide s’est montrée particulièrement fébrile ces derniers temps (17 buts encaissés en 12 matches depuis la reprise contre 26 en autant de rencontres auparavant). Pas réellement convaincante dans l’animation offensive, la Juve s’est surtout reposée sur un Cristiano Ronaldo extraordinaire ces derniers temps pour assurer l’essentiel en remportant le Scudetto. Mais cela sera-t-il suffisant pour renverser l’avantage acquis lors du match aller par l’Olympique Lyonnais ?

• Deux blessés au pire moment pour la Juventus

L’autre satisfaction de ces dernières semaines côté Juventus s’appelait Paulo Dybala. L’attaquant argentin a multiplié les gestes de grande classe depuis la reprise fin juin, mais pourrait ne pas débuter la rencontre contre l’OL. Touché à la cuisse le 26 juillet dernier contre la Sampdoria (2-0), Dybala a repris l’entraînement, mais seulement à l'écart du groupe. L’attaquant n’a toujours pas participé à une séance collective et il devrait débuter sur le banc vendredi, remplacé en pointe par Gonzalo Higuaín.

Le troisième joueur à évoluer en attaque devrait être Juan Cuadrado, qui occupe généralement le poste de latéral droit de la Juventus. Cette titularisation forcée en attaque répond à l’absence de Douglas Costa, blessé aux adducteurs. Ailier explosif capable de changer le cours d’une rencontre, son absence est un coup dur pour la Juventus. D’autant plus que Federico Bernardeschi, autre titulaire potentiel à ce poste d’ailier droit, n'a pas été réellement convaincant ces dernières semaines. L’absence de ces deux joueurs offensifs peut donc donner espoir aux Lyonnais, alors que la Juventus se devra d’attaquer d’entrée pour espérer renverser la tendance.