Ligue des champions : Le PSG s'est relancé, mais n'a pas gommé ses (nombreuses) lacunes

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Thomas Tuchel PSG
Thomas Tuchel n'a pas apprécié les critiques sur le fond de jeu de son équipe après la victoire contre Leipzig. | AFP

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Dominer n'est pas gagner, mais gagner n'est pas dominer non plus, ni maîtriser son sujet. Le Paris Saint-Germain a décroché un précieux succès contre Leipzig mardi soir en Ligue des champions (1-0), préservant ses chances de qualification pour la phase éliminatoire. Mais personne n'est dupe, le contenu proposé par le club de la capitale est inquiétant, bien trop faible de la part du finaliste de Lisbonne.

Comme le mois d'août paraît loin. Et pour le PSG ce n'est pas uniquement parce que les nuits s'allongent et que les feuilles tombent pour tapisser les trottoirs humides. Le visage du club de la capitale n'est plus celui du Final 8 de Lisbonne. Trois mois après la parenthèse portugaise enchantée, l'équipe qui a regardé dans les yeux le Bayern Munich en finale de Ligue des champions est méconnaissable. Toujours dépendant d'éclairs individuels, Paris est désormais fébrile défensivement et manque tout simplement de repères sur le terrain.

Un projet de jeu fragilisé

S'il a sans doute espéré que la victoire acquise contre Leipzig les éclipserait, Thomas Tuchel s'est montré très tendu au micro de RMC Sport, agacé par les critiques sur le fond de jeu de son équipe. "On avait besoin d'une victoire, maintenant on en a une", a-t-il répondu, laconique et un brin provocateur. "Désolé on a essayé [de mieux jouer]. Je sais qu'on en attend toujours plus avec le PSG. Mais si on regarde sérieusement la situation dans laquelle on joue...", a-t-il poursuivi, cette fois en position de victime et frustré.

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Dans le fond, le technicien allemand ne nie pas les difficultés de ses joueurs sur le pré, mais il estime que les blessures qui touchent une grande partie de son effectif, qui ne dépendent pas directement de son fait, sont un handicap important. Son PSG a déjà subi 5 défaites à ce stade de la saison, une première depuis la première saison de l'ère QSI (2011/12), et son identité de jeu n'est pas clairement identifiable. Face à Leipzig ce mardi soir, le club de la capitale n'a affiché que 38% de possession de balle et 75.7% de passes réussies : des chiffres faméliques et symptomatiques d'une soirée passée à subir.

La difficile digestion physique de l'intersaison

"On a tellement de blessés, 7 par match environ, c'est impossible de s'entraîner. Vous pouvez croire que ce sont des excuses mais c'est comme ça. S'il faut défendre comme ça à Manchester on le fera", a même martelé Tuchel en conférence de presse. Difficile d'afficher une cohérence quand aucun des onze alignés cette saison n'a été identique à un autre. Ce mardi soir, le trio Herrera-Danilo-Paredes a connu sa première association au milieu par exemple. Entre les absences pour cause de Covid-19 et les blessures longue durée de certains titulaires comme Juan Bernat ou Marco Verratti, Tuchel a intensifié malgré lui un turnover déjà très présent la saison passée.

Son groupe a globalement mal digéré d'un point de vue physique la transition entre la fin de la saison précédente, le 23 août dernier, et le début de l'exercice 2020/21, à peine 3 semaines plus tard (le 10 septembre). Mais le statut de Thomas Tuchel a également été fragilisé par ses relations tendues avec le directeur sportif Leonardo, notamment lors du mercato estival, avec deux arrivées à la dernière minute de Moise Kean et Danilo Pereira, le 5 octobre dernier. Alors Tuchel a réutilisé la rhétorique de la saison passée, prenant la défense de ses joueurs, brossant Neymar et Kylian Mbappé dans le sens du poil, pour consolider sa place dans le vestiaire.

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Cette stratégie lui avait permis de faire briller le PSG à Lisbonne en août, trouvant un compromis pour se faire écouter de ses joueurs sans renier tous ses principes de jeu. Cette fois, elle doit lui permettre de conserver sa place, quitte à bricoler pour ce qui est du plan de jeu. Mais en assumant le choix de placer son capitaine Marquinhos au milieu de terrain et Danilo Pereira en défense centrale, le technicien allemand a gommé l'une des seules certitudes du onze parisien : l'efficacité de la charnière Kimpembe-Marquinhos.

Une assise défensive inquiétante

Désavoué à demi-mot par les acteurs eux-mêmes, Tuchel a décidé mardi soir de revenir sur sa décision. Un aveu de faiblesse qui n'a pas eu d'incidence positive sur le cours du match, dans la mesure où son équipe a reproduit la même erreur que les semaines précédentes : reculer sans cesse avec une seule ligne mélangeant défenseurs et milieux de terrains. A l'aller contre Leipzig, Christopher Nkunku en avait profiter pour marquer de l'extérieur de la surface. Les Allemands ont à nouveau utilisé cette option, cette fois en vain, mais Paris ne doit pas se satisfaire uniquement d'avoir pris les fameux trois points. L'issue ne sera pas aussi clémente à chaque fois.