Ligue des champions : Klopp, le triomphe d'un cœur rouge

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
Jürgen Klopp va disputer sa deuxième finale de C1 de suite.
Jürgen Klopp va disputer sa deuxième finale de C1 de suite. | Paul ELLIS / AFP

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Après trois finales continentales perdues (2013 et 2018 en C1, 2016 en C3), Jürgen Klopp s'est offert le droit d'en disputer une quatrième, la troisième de Ligue des champions. S'il n'a pas encore triomphé au plus haut niveau européen, le technicien allemand fait l’unanimité partout où il passe, adepte d'une attaque explosive et d'un pressing discipliné.

Parmi toutes les images symboliques de cette qualification homérique face à Barcelone (0-3, 4-0), c'est peut-être la plus banale et pourtant la plus sincère, qu'on retiendra. Jürgen Klopp dévale le gazon d'Anfield, salue les arbitres le sourire aux lèvres, félicite ses adversaires et célèbre un à un tous ses joueurs, des superstars aux joueurs du banc. 

Ce rituel, il le fait à chaque match, victoire ou défaite. La complicité avec ses joueurs crève les yeux, la sincérité de ses accolades parait si naturelle. En arrivant à Liverpool en octobre 2015, l'entraîneur allemand quitte Dortmund, meurtri par une finale de C1 perdue face au Bayern Munich mais adulé par un club qui a su reconnaître son talent de manager et ses compétences de tacticien, déjà observées à Mayence.

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Jeu explosif, pressing discipliné

A Liverpool, Klopp s'est immédiatement acclimaté. L'exigeant et passionné public d'Anfield l'a vite adopté. En trois ans, Klopp est devenu un "Scouser". Son style de jeu a tout de suite plu sur les rives de la Mersey. Avec deux règles inamovibles : un jeu offensif explosif, rythmé et très direct. Et sur les phases défensives, un pressing constant, haut sur le terrain et surtout placé sur les ailes, obligeant souvent les centraux à relancer dans l'axe et donc s'exposer à une perte de balle. Serrer la vis pour planter un nouveau clou.

Anfield l'a compris. Son sourire, ses accès de colère, ses célébrations hystériques sur la ligne de touche ont fini de convaincre les Reds qu'il était l'un des leurs. "Si je devais définir ce club, c'est un gros coeur. Le coeur du club a battu comme un fou. On a dû le ressentir dans le monde entier. Je suis heureux que les gens aient pu vivre cette expérience.", a-t-il lâché dans l'euphorie d'une qualification historique.

James Milner et Jürgen Klopp après la victoire face à Barcelone.
James Milner et Jürgen Klopp après la victoire face à Barcelone. © CRAIG GALLOWAY / Pro Sports Images Ltd / DPPI

Dortmund-Liverpool, filiation naturelle

Courtisé par les plus grands à son départ de la Ruhr, Klopp a refusé certains mastodontes qu'il considérait en désaccord avec sa philosophie. Au-delà du frissonant "You'll Never Walk Alone", la filiation Dortmund-Liverpool lui est apparue comme évidente.

"Quand on travaille pour Dortmund, on n'imagine pas que l'on puisse avoir ça ailleurs. Si j'avais su que c'était comme ça ici, j'aurais sans doute accepté un plus petit contrat ! Je ne m'attendais pas à ça, c'est incroyable. A la fin de l'année dernière, on s'est dit qu'il fallait qu'on y retourne (en finale). On ne pouvait pas rester là-dessus. J'ai vu des larmes dans les yeux des gars. Ce que l'on ressent est incroyable."

Vaincre le spectre de la finale de C1

Il est désormais face au plus grand défi de sa carrière. Il a fait de Liverpool le meilleur club d'Angleterre (d'Europe ?) des deux dernières saisons. Mais le résultat est cinglant : aucun titre. Une quatrième place de Premier League et une finale perdue face au Real Madrid en 2018. Une possible (probable ?) deuxième place (avec déjà 94 points) en championnat cette année, et donc une nouvelle finale de C1.

Après trois finale perdues, Klopp verra sans doute le 1er juin prochain à Madrid le spectre d'une nouvelle défaite qui entacherait forcément son palmarès. Une nouvelle année sans titre serait cruelle et sans doute douloureuse après une année aussi prolifique. Mais le technicien allemand a quoiqu'il arrive redonné aux Reds une vitalité perdue. 

"Je suis tellement fier d'être le manager de cette équipe. Je vais m'en rappeler toute ma vie, 100% certain. Je ne sais pas si ça s'est déjà fait avant ou si ça se refera. Je n'ai même pas vu le quatrième but. J'ai juste vu le ballon dans le filet, c'était trop rapide. Du génie." , s'empressait-il de dire à la fin du match. Ces Reds-là ont du génie, c'est certain. Mais ils ont aussi une discipline et une joie de jouer qui leur ont été inculquées. Et ça, Klopp y est pour beaucoup.