Ligue des champions féminine : la VAR arrive pour la finale, mais n'est-ce pas trop tard ?

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Auteur·e : AFP
Lyon contre le PSG en demi-finales de la Ligue des champions.

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La VAR, réservée aux garçons ? Les filles n'auront le droit à l'assistance vidéo que pour la finale de la Ligue des champions, dimanche (20 heures), un biais perçu comme une "discrimination" par certaines après des décisions arbitrales contestables durant le "Final 8" en Espagne.

Lancée dès la saison dernière en 8es de finale de l'édition masculine de la Ligue des champions, la VAR n'était pas disponible pour les quarts et demi-finales à élimination directe disputées fin août par les équipes féminines au Pays basque espagnol. Elle le sera, à défaut, pour la finale de la compétition entre l'Olympique Lyonnais et Wolfsburg dimanche soir (20 heures).

Son absence jusque-là serait peut-être passée inaperçue sans les polémiques soulevées après les matches du FC Barcelone contre l'Atlético Madrid puis Wolfsburg, et la demie sulfureuse gagnée mercredi par l'OL contre le Paris SG (1-0).

"Je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas de VAR dans une compétition comme celle-ci, dans une phase finale de Ligue des champions féminine. Cela fait partie de la discrimination, je ne vais pas me cacher", a ainsi relevé la capitaine parisienne Irene Paredes, les larmes aux yeux au micro de GolTV, le diffuseur en Espagne. Pour la joueuse basque, le constat était aussi amer que simple: "Si on souhaite l'égalité, ça aussi, ça doit être pareil pour tout le monde. Si on est les meilleures d'Europe, on doit avoir les meilleures arbitres d'Europe. On a besoin de la VAR et, pour l'instant, on ne l'a pas".

C'est aussi au nom de l'égalité que l'entraîneur du Barça Lluis Cortes s'est emporté après la demi-finale perdue mardi contre les Allemandes de Wolfsburg, toutes heureuses d'échapper à un penalty après une main non sifflée dans leur surface. "Je ne parle pas des arbitres d'habitude, mais si on veut que le foot féminin grandisse, il va falloir grandir à tous les niveaux", s'est emporté l'entraîneur catalan, avant de pointer du doigt l'absence d'assistance vidéo. "Je ne sais pas pourquoi il n'y a pas de VAR aujourd'hui, si c'est pour une question financière ou non", a soufflé Cortes. "Si on a des stades où l'utilisation du VAR est possible, c'est incompréhensible que l'organisation décide de ne pas l'utiliser pour économiser quelques 5.000, 10.000 ou 15.000 euros, ou quelle que soit la somme".

L'UEFA jongle sur un fil avec la VAR

Après s'être vu féliciter d'avoir maintenu le "Final 8" féminin, malgré les contraintes sanitaires ultra pesantes liées au Covid-19, l'UEFA est accusée de mégoter sur les moyens d'organisation d'une compétition qu'elle soutient pourtant largement malgré les déficits. Ainsi, la précédente édition féminine de la Ligue des champions s'est soldée par une perte nette de quasiment 9 millions d'euros (10M EUR de dépenses et 1,1M de revenus) pour la confédération européenne, selon les chiffres publiés dans le rapport financier 2018/2019.

Plutôt que d'évoquer un quelconque aspect financier, l'instance de gouvernance du football européen préfère mettre en valeur les efforts déployés pour maintenir "comme prévu" l'assistance vidéo dimanche en finale. "Ce n'était pas possible pour les tours précédents cette saison. L'instauration de la VAR dans une compétition nécessite d'être bien préparée à l'avance. Cependant, nous l'aurons pour la première fois en finale comme prévu", expose Nadine Kessler, la cheffe du foot féminin à l'UEFA, dans une réponse écrite à l'AFP.

"Il faudrait avoir une VAR pour les féminines, c'est la moindre des choses, et je pense que l'UEFA saura mettre le foot féminin au même niveau que le foot masculin"

L'ancienne internationale allemande de Potsdam et Wolfsburg rappelle par ailleurs que l'assistance vidéo sera utilisée lors du prochain Euro féminin en 2022 en Angleterre. "Mais nous avons d'excellentes arbitres et j'espère que la VAR n'aura pas à intervenir trop souvent", dit-elle. Pour la Ligue des champions féminine, en revanche, il faudra encore attendre malgré l'optimisme affiché par le président de l'OL Jean-Michel Aulas, membre par ailleurs de l'Association européenne des clubs (ECA). "Effectivement, il faudrait avoir une VAR pour les féminines, c'est la moindre des choses, et je pense que l'UEFA saura mettre le foot féminin au même niveau que le foot masculin", s'est-il avancé sur Canal + après la qualification de son équipe en finale. La balle est désormais dans le camp de l'UEFA.

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