Ligue des Champions : face à Dortmund, Paris a renié ses principes

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Thomas Tuchel
Nouveau casse tête pour Thomas Tuchel avec une multitude d'absences pour la réception de Dijon | AFP

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Au-delà de la défaite concédée à Dortmund mardi soir en huitièmes de finale aller de Ligue des Champions (2-1), le Paris Saint-Germain a déçu dans son projet de jeu. Habitué à transpercer ses adversaires grâce à une verticalité ambitieuse, le club de la capitale a clairement renié ses principes face à des Jaune et Noir également réputés pour leur force de frappe offensive. Un aveu de faiblesse qui n'augure rien de bon, même si le PSG n'est pas du tout dos au mur avant le match retour.

Systématiquement éliminé au stade des huitièmes de finale lors de ses trois dernières participations à la Ligue des champions, le PSG a à chaque fois eu le mérite de se montrer audacieux au match aller. On se souvient du 4-0 contre le FC Barcelone en 2017 ou encore du 2-0 à Manchester l'an dernier. Même quand l'équipe d'Unai Emery avait été battue 3-1 à Bernabeu par le Real Madrid en 2018, le club de la capitale avait secoué les Merengue en première période sans être récompensés. Ce mardi, à Dortmund, ce ne fut pas le cas. Neymar, Mbappé et compagnie n'ont pas brillé. Et pour cause, tout s'est passé comme si le Paris Saint-Germain avait accepté de subir son match, avant même le coup d'envoi. 

Stupeur et passivité

Annoncé dans un dispositif en 3-4-3, le onze parisien s'est finalement organisé d'une manière encore jamais vue cette saison. Si l'on pouvait s'attendre à ce que Marquinhos vienne défendre sur la ligne du milieu pour réorganiser le dispositif en 4-3-3 en phase défensive, le Brésilien n'a jamais quitté son poste à droite de Thiago Silva. Thomas Tuchel a en fait demandé à ses joueurs de défendre en 5-4-1, peut-être parce qu'il se savait fébrile sur le côté gauche. L'idée était sûrement de couvrir Layvin Kurzawa face aux assauts de Jadon Sancho et d'Achraf Hakimi, le soutien de Neymar à gauche n'étant clairement pas suffisant. Mais ce 5-4-1 s'est progressivement délité en 5-3-2, à mesure que l'assiduité défensive de la star brésilienne a diminué.

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Même dans cette disposition, la défense parisienne a régulièrement dû subir des situations d'infériorité face à plusieurs joueurs du Borussia, à l'image de la première alerte allemande (13'). Sur un contre-éclair, Sancho a remonté le terrain balle au pied. S'il a finalement opté pour une frappe non cadrée, l'Anglais aurait pu mieux faire puisqu'il était accompagné de quatre coéquipiers face à trois parisiens. Pas à l'aise avec une physionomie peu habituelle, les Parisiens n'ont jamais paru sereins, en plus d'être étouffés par un pressing tout terrain. "Ça n'a rien à voir avec le schéma tactique", a démenti Presnel Kimpembe au micro de RMC Sport à la fin du match. On l'imaginait mal désavouer son coach en direct.

"Pas de regrets"

Mais au-delà des lacunes défensives, les fleurons offensifs du PSG n'ont pas réussi à se trouver. Isolé par le bloc haut et particulièrement autoritaire dans l'axe du terrain du Borussia, Angel Di Maria a été l'exemple criant de leur impuissance parisienne ce mardi. Condamné à aller jouer des coudes avec le colosse Dan-Axel Zagadou, l'Argentin a été systématiquement balayé d'un revers de main, comme s'il n'était qu'un vulgaire moucheron. Qu'elle semblait loin cette idée d'aligner les 4 Fantastiques (Di Maria, Mbappe, Icardi, Neymar)... Pourtant Tuchel a travaillé sur la question en décembre et en janvier, élaborant une animation en 4-4-2.

Hazard : "Le PSG s'en sort bien"

Interrogé après la rencontre, le technicien allemand a dit qu'il "n'avait pas de regrets". A sa décharge, son équipe n'a perdu que par un but d'écart, tout en marquant à l'extérieur. Un 1-0 au match retour suffirait au PSG pour retrouver les quarts. Mais il n'a pas réussi à reproduire son 2-2 arraché à Bernabeu en décembre face à un Real Madrid bien plus fort. A moins d'un miracle, d'éclairs individuels, difficile de voir le club de la capitale relever la tête face à un Borussia aussi sûr de lui.

Surtout si l'idée de jeu reste la même. D'autant qu'il sera privé de son meilleur joueur du match aller, Marco Verratti, auteur de 8 tacles réussis dans une rencontre où Paris a semblé être à la rupture à maintes reprises.