Ligue des champions : Dortmund, l'hiver meurtrier

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Auteur·e : France tv sport
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Coupe, championnat et Ligue des champions : après un début de saison tonitruant, Dortmund est en train de tout perdre, et doit compter sur un miracle pour éliminer Tottenham mardi en Ligue des champions, après le sévère 3-0 de l'aller à Londres.

Qu'arrive-t-il à la jeune troupe de l'entraîneur suisse du Borussia Dortmund Lucien Favre, porté aux nues pendant des mois pour avoir fait de cet effectif hétérogène une équipe au jeu brillant, capable de battre l'Atletico Madrid 4-0 en phase de poule en octobre, et de prendre neuf points d'avance sur le Bayern Munich en championnat avant Noël ?

Depuis un mois, l'équipe n'a gagné qu'un seul de ses sept matches, toutes compétitions confondues. Elle est éliminée en coupe d'Allemagne et a vu le Bayern revenir à sa hauteur en championnat! La jeunesse de l'effectif, atout maître en début de saison, est devenue son principal handicap. "Trop verts, trop jeunes, en pleine gamberge", tacle lundi Kicker, le magazine allemand du football. Vendredi, le Borussia a perdu 2-1 sur la pelouse de Augsbourg, un club de bas de tableau, en encaissant deux buts à la suite de bourdes monumentales de deux défenseurs, Dan-Axel Zagadou, 19 ans, et Hachraf Hakimi, 20 ans.

Frictions internes

Matthias Sammer, ancien joueur et entraîneur du club, aujourd'hui conseiller indépendant de la direction du Borussia, a fait le buzz vendredi en balançant ses vérités en direct à la télévision. Pour lui, l'attitude très protectrice des dirigeants et du coach envers les jeunes est contre-productive. "Si tu as de grands objectifs mais que tu ne dis pas ouvertement la vérité, ça devient difficile", met-il en garde. Il est temps "que quelqu'un donne un bon coup de poing sur la table et dise: j'en ai ras le bol !".

Mais qui peut élever la voix dans le vestiaire? Roman Bürki, l'expérimenté gardien suisse, qui déclarait après la défaite à Augsbourg: "Je dois vraiment me retenir pour ne pas arracher la tête à certains"? Ou le capitaine Marco Reus, qui fulminait lui aussi: "Nous nous marquons des buts nous-mêmes avec deux fautes individuelles, on n'a pas le droit de perdre des ballons aussi facilement"? Ou alors Axel Witsel, leader technique et tactique, qui se voit plus en grand frère qu'en chef de meute? "Je ne suis pas du genre à crier sur un jeune, je le fais à ma manière, calmement, j'essaie d'expliquer les choses".

Manque d'expérience ?

Le coach Lucien Favre, lui, a rôdé depuis des semaines son discours aux médias. En substance: l'équipe est phase d'apprentissage, un passage à vide en cours de saison est quelque chose de normal, il n'y aucune raison de parler de crise. Ses dirigeants abondent dans son sens. Après la mauvaise saison 2017-2018 et le grand bouleversement de l'effectif cet été, personne n'attendait le Borussia à pareille fête cette année, expliquent-ils. En prenant la tête du championnat très tôt et en brillant en Ligue des champions, l'équipe a créé d'énormes attentes, au-delà de ce qu'elle peut en réalité tenir.

"Pour notre équipe, qui manque encore d'expérience, il est important de ne pas afficher d'objectifs démesurés", expliquait le directeur sportif Michael Zorc la semaine dernière. Au vu des dernières prestations, remonter trois buts à Tottenham semble en effet un objectif démesuré. Mais devant son fabuleux public du Signal Iduna Park et survolté par le parfum de la Ligue des champions, le Borussia n'en serait pas à son premier miracle.

Avec AFP

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